Édition internationale

MADE IN TURQUIE - Ces stylistes turcs qui se sont fait un nom en France et à l’international

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 octobre 2013

Alors que la semaine de la mode à Istanbul (IFW) touche bientôt à sa fin, partons à la rencontre des stylistes turcs qui ont su imposer leur griffe en France et à l'international.

L'industrie textile turque, réputée pour être la quatrième productrice mondiale de vêtements, mise depuis quelques années sur le développement de la qualité de ses produits. Mais le monde insatiable de la mode en veut plus. Son objectif pour 2023, date du centenaire de la République turque : ?faire d'Istanbul l'une des cinq villes mondiales de la mode? déclarait en 2010 à l'AFP Hikmet Tanr?verdi, président de l'Union des exportateurs de prêt-à-porter et de confection d'Istanbul. Trois ans plus tard, la Turquie parvient-elle à imposer ses créateurs sur la scène internationale ? Qui sont ces ?grands? de la mode turque parvenus à se faire un nom au-delà du Bosphore ?

Les s?urs Ege, à mi-chemin entre Le Marais et Istanbul :

Ece et Ay?e Ege sont sans doute les stylistes turques les plus prisées en France. En 1992, alors qu'Ece Ege sort diplômée de l'école parisienne ESMOD, elle ouvre avec sa s?ur un atelier au plein c?ur du Marais à Paris. La même année, elles lancent leur marque de prêt-à-porter haute couture, Dice Kayek, aujourd'hui en vogue pour son mélange à la fois occidental et oriental.

C'est en puisant dans l'histoire de la ville d'Istanbul que les s?urs Ege ont conquis Paris. Leur collection ?Istanbul Contrast? a d'abord été exposée au musée des Arts Décoratifs de Paris en 2010 avant de s'installer, peu de temps après, au musée d'Art Moderne d'Istanbul. ?Istanbul Contrast? se veut le parfait reflet de la ville aux deux rives, une sorte de City Guide en tissu qui aborde l'architecture d'Istanbul via des pièces haute couture. Enfiler une robe Loukoum, se parer d'un manteau Topkap? et autres pièces Aya Sofya ou encore Dolmabahçe est presque devenu possible. Enfin? à défaut de réellement pouvoir les porter, il est toujours possible de contempler les modèles en photos.

Leur griffe : un style frais et féminin, léger et chic mais faussement sage, aux détails raffinés composés de broderies faites main, de perles et de sequins. Une préférence visible pour le noir, le blanc et quelques tenues colorées, sans oublier une large gamme de matériaux parmi lesquels soie, mousseline, satin, taffetas, cuir et mohair?

Le plus de Dice Kayek : des tenues pouvant être rallongées sans déprécier la qualité du modèle, un concept hautement apprécié du marché arabe de la mode.

Si Ece Ege affirme puiser son inspiration dans la ville d'Istanbul, la styliste est pourtant bien implantée à l'étranger, où sa marque est commercialisée dans plus de 64 pays. Paris reste toutefois sa terre d'adoption. Elle y a ouvert une boutique en 2006 et en 2007, elle a créé une mini collection pour l'enseigne française Monoprix.

Hakaan Y?ld?r?m s'installe à Paris :

Hakaan Y?ld?r?m, récompensé en 2010 par le prix de l'Andam (Association pour le développement des arts de la mode), destiné à soutenir les jeunes créateurs travaillant en France ou souhaitant s'y installer, a officiellement été adopté par Paris. Diplômé de l'école des Beaux-Arts d'Istanbul, il a fait ses premiers pas dans le monde de la mode auprès des stylistes turcs avant de prendre son envol pour Londres où il a créé sa propre marque. C'est pendant la semaine de la mode de 2010 dans la capitale britannique que le styliste turc s'est fait remarquer, réussissant à attirer à son défilé d'influentes rédactrices de mode.

La petite histoire d'Hakaan Y?ld?r?m : en 2012, à Paris, le styliste s'est vu privé de Fashion week. En cause, ?la perte de sa collection par le transporteur?.

 

Bora Aksu, star de la Fashion Week londonienne :

?Londres lance sa semaine de la mode avec un voyage en Turquie? titrait l'AFP le 13 septembre dernier. Le styliste turc basé à Londres a récemment fait parler de lui dans les pages mode des journaux. Ouvrant le bal des défilés de la Fashion Week de Londres, en septembre dernier, le créateur a illuminé le podium avec sa collection printemps-été 2014, transportant son public loin de la grisaille londonienne, dans un voyage au plus près de la Turquie. Sa collection sortie tout droit de ses souvenirs d'enfance, rappelle par ses couleurs bleu pâle, indigo et blanc le célèbre grigri turc du nom de ?nazar boncu?u?, un talisman en perle de verre qui protège du mauvais ?il.

 

Hussein Chalayan (Hüseyin Ça?layan) impose à l'international sa vision à la fois conceptuelle et expérimentale de la mode :

Deux fois récompensé par le prix du British designer of the year en 1999 et en 2000, Hussein Chalayan présente sa collection pour la première fois à Paris en 2001. Styliste turc à part entière, Hussein Chalayan n'est pas un simple styliste. Considéré également comme un architecte et un designer, c'est avec un intérêt tout particulier pour le fonctionnement du corps qu'il crée ses collections. Créateur expérimental et conceptuel, il conçoit la mode comme un art.

Styliste engagé, en 1998, c'est avec des mannequins nues, voilées, qu'il débute son défilé. De plus en plus vêtues au cours du défilé, les mannequins clôturent le show dans un tchador intégral. Ses pièces sont mises en scène comme des happening culturels, tel que cela fut le cas lors de son exposition au Musée des Arts décoratifs de Paris en 2011, rapporte le site spécialisé dans la mode Puretrend.

Sa griffe : il puise son inspiration dans les petites choses de la vie quotidienne. Ses tenues sont élégantes et discrètement ornementées. Il utilise des matières recherchées telle que la plume d'Autriche, de la fibre de verre ou plus simplement la mousseline.

S'éloignant de plus en plus, ces dernières années, de son côté artiste expérimental, le styliste turc est, depuis 2008, directeur de création de PUMA, ce qui a contribué à lui apporter une renommée internationale.

Laura Lavenne (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 11 octobre 2013

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 10 octobre 2013, mis à jour le 10 octobre 2013
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos