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LIVRES - Heureux qui comme … Gérard de Nerval dans son voyage à Constantinople

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 22 décembre 2011

Au cours de son voyage en Orient, l'écrivain français a fait une escale de trois mois dans la capitale de l'Empire Ottoman. De sa plume précise et poétique, Gérard de Nerval nous transporte dans les quartiers de "Stamboul, Péra, Béchik-Tasch"et dans une société en mouvement après les réformes du Tanzimat du sultan Abdülmecit. Regard d'un poète éclairé sur l'Istanbul de 1843

"Ville étrange que Constantinople ! Splendeur et misères, larmes et joies;l'arbitraire plus qu'ailleurs, et aussi plus de liberté"sont les premiers mots de Gérard de Nerval pour décrire une ville paradoxale où les opposés apparemment incompatibles se côtoient.

Dans l'intimité d'une correspondance, le discours d'un flâneur romantique évoque sans détour les m?urs des sociétés turques, grecques, arméniennes et juives qui cohabitent dans Constantinople. Par des portraits habiles et des anecdotes croustillantes, le lecteur perçoit les m?urs de ses années 1840 et la vie quotidienne de Constantinople : ses vendeurs d'eau, ses confiseurs, ses pieux derviches, son "indécente figure"de la marionnette Karaköz?

Malgré quelques clichés orientalistes d'un Européen du XIXème siècle, le récit de voyage de Nerval décrit, chemin faisant, les us et coutumes, notamment lors du mois de Ramadan. Sans vouloir englober une description globale de Constantinople, l'auteur nous montre la façon d'y vivre dans cette période talonnant de près les réformes modernisatrices du Tanzimat.
Entre tradition et modernité, le regard du voyageur sur le monde musulman, évolue au contact de la population et au fur et à mesure qu'il perçoit le mode de vie et la tolérance des habitants.

"A Constantinople, j'ai compris la grandeur de cette tolérance universelle qu'exercent aujourd'hui les Turcs."

A travers les promenades dans Tophane, Péra, Stamboul ou sur le pont de Galata, le lecteur redécouvre la ville à une époque précédant la Révolution industrielle et l'urbanisme galopant du XXème siècle. En même temps, certains monuments conservent leur éternité, comme le palais Topkapi et sa majestueuse architecture qui est décrite par le poète comme aujourd'hui on peut le visiter, mais il l'agrémente son texte avec les histoires sur la vie du sultan.

"Constantinople" est l'une des parties du livre "Voyage en Orient"publié en 1851. Aujourd'hui rééditée aux Editions Magellan et Cie, cette partie est une magnifique lecture de voyage pour flâner, imaginer et s'étonner dans une Istanbul d'un autre siècle et y découvrir ses m?urs sociales. Les intentions de Gérard de Nerval sont explicites : "Je n'ai pas entrepris de peindre Constantinople;ses palais, ses mosquées, ses bains et ses rivages ont été tant de fois décrits : j'ai voulu seulement donner l'idée d'une promenade à travers ses rues et ses places à l'époque des principales fêtes."

Référence : Constantinople, Gérard de Nerval, Magellan et Cie, Collection Heureux qui comme ? en partenariat avec Géo - 6.00 ? - ISBN 978-2-35074-150-0

Florence Tapiau (lepetitjournal.com Istanbul) Lundi 8 Février 2010

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 8 février 2010, mis à jour le 22 décembre 2011
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