

Nouveau voyage dans le temps, quelque part entre Constantinople et Istanbul. Chantal et Jacques Périn nous emmènent au palais de Beylerbeyi? et vous proposent une nouvelle photo mystère !
Le Palais de Beylerbeyi (hier)
La première construction d'une maison sur ce site choisi pour son emplacement à l'écart de la ville, sur la rive orientale du Bosphore, fut initiée au XVIème siècle par le gouverneur général Mehmet Pa?a, gratifié du titre de Beylerbey ?bey des beys?.
Très rapidement, l'édifice initial est entouré d'autres demeures que les sultans ottomans successifs font édifier afin d'échapper à la touffeur des étés en centre ville. En 1829, le Sultan Mahmud II y fait construire un palais en bois qui sera détruit par un incendie.
Entre 1861 et 1865, le Sultan Abdulaziz mandate l'architecte Sarkis Baylan pour la réalisation de l'actuel palais. Désormais, il servira de résidence d'été ou d'accueil pour les chefs d'Etat et les hôtes de marque de passage à Istanbul.
Photographes Abdullah frères (circa 1870)
Bien que conçu dans le plus pur style baroque, il est cependant plus sobre que les palais de Dolmabahçe ou de Küçüksu, dont il est le cadet.
En 1869, en route pour l'inauguration du canal de Suez, l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, y fait un très bref séjour dont elle gardera un souvenir émerveillé. Séduite par la beauté du lieu, Elle commanda une copie des fenêtres du palais pour en orner les chambres du palais des Tuileries. Plus tard, le palais recevra la visite d'autres hôtes célèbres et notamment le duc et la duchesse de Windsor.
La grâce de ce joli bâtiment ne lui épargnera pas de connaître des heures plus sombres puisqu'il sera la résidence du Sultan Abdulhamid II, qui y restera en captivité après sa destitution, de 1912 jusqu'à sa mort en 1918.
Aujourd'hui ouvert au public, ce bâtiment de marbre blanc offre aux visiteurs quelques uns de ses six salons de réception et de ses vingt-six autres pièces.
Photo J.P. (2012)
C'est Le Sultan Abdulaziz qui a lui-même dessiné les croquis qui ont servi à la réalisation des plafonds. Le sol est recouvert de nattes de jonc d'Égypte, les tapis proviennent d'Hereke et les chandeliers sont en cristal de Bohème.
Si le Bosphore apporte toujours la fraicheur de son air, la campagne environnante a bien changé d'aspect. La jolie colline autrefois couverte d'arbres centenaires, désormais couronnée d'antennes de télévision, radio et téléphone, s'est vue investie par villas et immeubles dont la profusion confirme l'intérêt des Stambouliotes pour ce lieu privilégié.
Jacques et Chantal Périn (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 21 mai 2013
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LA PHOTO DE LA SEMAINE - Connaissez-vous bien votre ville? Chaque semaine, désormais, nos auteurs vous proposent un petit jeu: deviner dans quel lieu la "photo de la semaine" a été prise.
Réponse à la photo de la semaine dernière: Il s'agissait de la frise sculptée polychrome dans la Petite Sainte Sophie ? Küçük Aya Sofya Camii Située en contrebas de l'Hippodrome, frôlée par la voie ferrée qui la fait trembler à chaque passage de train, cette ancienne église byzantine consacrée aux saints Serge et Bacchus renferme d'étonnants vestiges récemment restaurés. Elevée en 527 par l'Empereur Justinien, elle fut également baptisée familièrement la Petite Sainte Sophie, probablement en raison de sa riche décoration intérieure d'alors qui rappelait sa grande s?ur dont elle est contemporaine. A l'invitation de l'Impératrice Théodora, à l'époque où les relations entre Rome et Constantinople étaient encore sereines, le Pape Vigilius vint y prier quelques mois avant sa mort. Aux premières heures de la domination ottomane, la majorité des édifices religieux byzantins furent convertis en mosquée. L'église Saint Serge et Saint Bacchus le fut également par la volonté du chef des eunuques blancs Hüseyin A?a. Aujourd'hui, il ne reste que très peu d'éléments de la décoration d'origine. Une importante dégradation imposa une première restauration en 1937 suivie en 2006 et 2007 par la mise en ?uvre d'un vaste chantier qui permit de mettre au jour et de redonner du lustre et des couleurs à certaines parties du bâtiment. C'est ainsi que l'on peut y voir maintenant cette magnifique frise polychrome ainsi que les monogrammes de Théodora et Justinien entre les deux colonnes qui formaient, à l'époque, le portail impérial. |
Retrouvez ici notre interview des auteurs de cette chronique et leur dernier article consacré aux eaux douces d'Europe. Jacques Périn et sa femme Chantal ont aussi créé un site en hommage à la Turquie: Turquieaimée































