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ISTANBUL, HIER ET AUJOURD’HUI – Le Grand Bazar… et la photo mystère

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 12 mars 2013

 

Nouveau voyage dans le temps, quelque part entre Constantinople et Istanbul. Chantal et Jacques Périn nous emmènent au Grand Bazar? et vous proposent une nouvelle photo mystère!

Le grand Bazar - Kapal?çar?? (hier)

L'histoire du Grand Bazar commence en 1455 lorsque Mehmed II, sur l'initiative de son vizir Mehmed Pa?a, décide de la construction d'un bedesten, sorte de marché couvert en bois sur l'emplacement d'un ancien marché à ciel ouvert.

Rapidement détruit par un incendie, il est reconstruit en pierre en 1461 et les ruelles adjacentes sont alors recouvertes afin de former un espace homogène avec le nouveau bedesten.

Photo attribuée aux Photographes
Sebah & Joaillier  (circa 1880)

Très tôt, les riches commerçants comprennent l'importance d'un tel centre commercial et font construire tout autour de l'édifice des hans (entrepôts) et des caravansérails (auberges?hôtels) pour permettre le stockage des marchandises et l'hébergement des caravaniers chargés du transport.

Considérablement agrandi au XVIème siècle sous le sultanat de Soliman le Magnifique, il est organisé en secteurs spécifiques à chaque type de marchandises : tissus, bijoux, cuirs, argenterie, tapis, faïences?

Jusqu'à la fin du XVIIème siècle, pas moins de 600 échoppes et 2.000 coffres en constituent l'infrastructure.

Malheureusement victime à plusieurs reprises de tremblements de terre et d'incendies dont le dernier date de 1954, le Grand Bazar est plusieurs fois reconstruit sans toutefois subir de profondes modifications.

 

Le grand Bazar - Kapal?çar?? (aujourd'hui)

Un des plus grands bazars du monde, Kapal?çar?? -- ?marché couvert? -- s'étend aujourd'hui sur 200.000 m². Il offre aux chalands du monde entier une incomparable diversité de marchandises dans les 4.000 boutiques situées le long des 58 rues intérieures auxquelles on accède par 18 portes.

En plein centre de la ville historique, il est encadré par les mosquées Nuruosmaniye à l'est et Bayezid II à l'ouest.

Photo JP (2012)

Si dans un premier temps, le Grand Bazar semble être un inextricable labyrinthe, on s'aperçoit rapidement que les rues et les placettes qui le composent forment une succession de rectangles réguliers au centre desquels on retrouve toujours le vieux bedesten. C'est la partie la plus ancienne investie par les antiquaires.

Grouillant, bruyant, clinquant, affolant, étincelant, étouffant, le Kapal?çar?? sait aussi se faire surprenant, accueillant, attachant, nonchalant et aussi reposant si l'on se donne la peine de s'arrêter pour boire un çay dans l'un des petits hans qui l'entourent, à l'ombre d'un murier, sous l'?il bienveillant des chats somnolents.

Jacques et Chantal Périn (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 12 mars 2013

LA PHOTO DE LA SEMAINE - Connaissez-vous bien votre ville?

Chaque semaine, désormais, nos auteurs vous proposent un petit jeu: deviner dans quel lieu la "photo de la semaine" a été prise..

Regardez la photo de droite: De quoi s'agit-il? Où a-t-elle été prise?

Réponse à la photo de la semaine dernière:

Au XIXe siècle, les révoltes incessantes et dangereuses des Janissaires conduisent le Sultan Mahmud II à ordonner la dissolution définitive de ce corps par trop encombrant. Le 16 juin 1826, l'ultime révolte des janissaires devant la décision du Sultan est réprimée dans le sang. Les Janissaires sont massacrés à coups de boulets place de l'Hippodrome, incendiés dans leurs casernes ou  égorgés dans les rues. Pendant les jours qui suivent, des commissions militaires passent les rescapés par les armes. À la fin de ces journées sanglantes, 120.000 hommes sur les 140.000 soldats composant cette armée sont exécutés. Afin de faire connaître à tous l'irrévocabilité de sa décision, Mahmud II ordonne que tous les vestiges rappelant les Janissaires soient détruits et il fait étêter le sommet des stèles portant le reconnaissable bonnet?

La photographie :

Lors de la récente restauration de la jolie Petite Sainte Sophie (Küçük Ayasofya Camii), le cimetière abandonné a livré ses secrets et on a retrouvé nombre de fragments de ces tombes décapitées. Aujourd'hui regroupés sur le mur extérieur derrière la mosquée, ils rappellent tout à la fois les pages glorieuses et sombres de l'histoire ottomane.

 

Retrouvez ici notre interview des auteurs de cette chronique et leur dernier article consacré à la fontaine de Tophane. Jacques Périn et sa femme Chantal ont aussi crée un site en hommage à la Turquie : Turquieaimée

 

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 12 mars 2013, mis à jour le 12 mars 2013
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