Édition internationale

GRANDS VOYAGEURS - Sur les routes de la mythologie en Grèce, Turquie et Syrie

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Sébastien FANTINI, photographe indépendant, est passionné par la mythologie. C'est ainsi qu'il a décidé de partir à moto à travers l'Italie, la Grèce, la Turquie et la Syrie, pays mythiques imprégnés par la présence des empires antiques. Nous l'avons rencontré lors de sa halte stambouliote et vous invitons à partager ses impressions de voyage

Sébastien est parti le 5 novembre 2009 de Nyons, sa ville natale. Après une traversée des Alpes françaises sous un froid glacial, il a vite rejoint l'Italie, avec une excellente entrée en matière pour les antiquités romaines, la Villa Médicis. Mais c'est en Grèce que son aventure a vraiment commencé, avec la traversée des Monts Pindos, réputés infranchissables.

La Grèce, un paysage modelé par l'histoire antique

C'est au Mont Olympe, résidence des dieux, que Sébastien fait sa première rencontre avec les divinités grecques, quand il se retrouve face à face en pleine campagne avec la tête de Zeus gravée dans un rocher ! Après des routes secondaires offrant des paysages extraordinaires entre Larissa et Delphes, il a rejoint Athènes où il a visité tous les musées de la ville qui lui ont ouvert une connaissance de la Grèce Antique. Les kilos d'assiettes et de colliers d'or lui ont évoqué l'Odyssée d'Ulysse : ''J'ai compris pourquoi on parlait de l'âge d'or de la civilisation grecque ? !''

C'est aussi à Héraklion, en Crète, qu'il a vu un rocher en forme de taureau, l'animal envoyé par Zeus pour prendre la femme de Minos donnant ainsi naissance au fameux minotaure. En Grèce, la nature semblait empreinte de mythologie, comme la plage de Vaï Beach parsemée de palmiers qui auraient poussés à partir des noyaux de dattes crachés par les romains sur la route de la campagne d'Egypte... Les traces de souffrance de ces peuples sont restées ancrées dans le sol, à tel point que certaines régions sont encore ravagées, comme Knossos et son champ de colonnes abattues par le tsunami provoqué par l'irruption de l'île volcanique de Santorin, mettant ainsi fin à la civilisation minoéenne? C'est dans le Péloponèse enfin que Sébastien découvre une église marquée du sceau de l'aigle à deux ailes et bercée par le roulement de la mer, sa première initiation à l'empire byzantin?

Changement de décor avec l'île de Rhodes, ville des chevaliers de l'ordre de St-Jean

Sur l'île solaire dédiée au dieu Hélios, la ville opulente était plus riche qu'Athènes à cette époque, Sébastien nous confie : ''J'avais l'impression d'être dans la ville des Croisés''. L'île a subi un premier siège de l'empire ottoman, avant de tomber aux mains de Soliman Le Magnifique qui, pour venir à bout des habitants récalcitrants, envoya 20.000 turcs combattre pendant 5 mois. L'île présente encore aujourd'hui un mélange foisonnant entre l'Orient et l'Occident, avec une mosquée au milieu des murailles médiévales, transition idéale entre la Grèce et la Turquie.

Turquie et Syrie, le goût de l'Orient

Porte de deir Marmoussa ( photo fournie par S.Fantini )

Sébastien quitte ainsi la douceur de la Grèce pour arriver à Marmaris sous les trombes d'eau du mois de janvier. Quelques jours après, il se retrouve à Silifke, où le gardien Selcuk lui fait visiter la citerne byzantine et ses 20 sarcophages sculptés.  Puis c'est le passage en Syrie au poste frontière de Kilis, pays qui l'aura emballé par l'hospitalité et la tolérance extraordinaire des habitants. Pour Sébastien, ''la Syrie aura rayonné plus que tout le reste''. En Syrie, c'est la mythologie mésopotamienne qui l'envoûte avec la route de Damas, magique ; la Mosquée des Omeyyades, dynastie de califes arabes au 8ème siècle après JC et encore le tombeau de St-Jean Baptiste.

En rentrant en Turquie, '' j'ai eu l'impression de rentrer en France tellement c'était moderne !'' Adana, incarne ainsi pour Sébastien la ville idéale moderne. Puis il a traversé tout le plateau anatolien, avec des steppes à perte de vue ayant pour seule présence de vie les chèvres Angora sous le coucher de soleil, les fameux ''moutons à laine d'or décrits par Ulysse''. Arrivé à Ankara où notre voyageur ne voulait rester que 2 jours, il a prolongé son séjour 15 jours? Bloqué par le froid, il a éprouvé l'hospitalité légendaire des Turcs. Puis il a rejoint Istanbul d'une traite. Et maintenant, à Istanbul, il est sur le retour, mais pas arrivé, il lui reste encore les Balkans à traverser?Mais pour Sébastien, le voyage n'est pas un exil, mais un plaisir lié à la rencontre. En souvenir, il nous a d'ailleurs laissé une chanson écrite sur le vif?, lire l'article de ce jour : CHANSON - Istanbul de Sébatien Fantini.

Merci à Jean-Nicolas Lefilleul, qui a joué un rôle central dans cette rencontre.

Site de photos : www.fantinipictures.com
Sébastien Fantini prend ses photos en Argentic et les scanne après les avoir développées. Celles du voyage viennent d'être développées et semblent bien prometteuses, mais ne sont pas encore visibles sur son site.

Marie-Eve Richet pour www.lepetitjournal.com, Edition Istanbul. Vendredi 18 juin 2010

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 21 juin 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos