Édition internationale

GALATA MEVLEVIHANESI - Rendez-vous avec les derviches tourneurs

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

A l'intersection de la bouillonnante Istiklal caddesi et de la touristique Galip dede caddesi, le Galata Mevlevihanesi est un petit havre de paix et de culture qui vous tend les bras. Transformé en musée en 1975, cet ancien couvent abritait jusqu'en 1925 (date de la suppression des confréries) les derviches tourneurs de l'ordre soufiste Mevlevi. Si les derviches tourneurs sont connus du grand public pour leur danse mystique, rares sont ceux qui connaissent les autres aspects de la tradition religieuse des Mevlevis. En restauration de puis 2005, le bâtiment a rouvert ses portes en novembre dernier, nous offrant l'occasion de partir à la (re)découverte ce cette branche méconnue de l'islam qu'est le soufisme et de rétablir la tradition des derviches dans toute sa subtilité et sa diversité

Créé en 1491, le couvent a été agrandi et rénové de nombreuses fois, notamment après le grand incendie de 1776. Le jardin, le cimetière ou encore la fontaine confèrent tout son charme au site, idéal pour les beaux jours. A l'heure actuelle le bâtiment principal du musée est le semahane, salle où sont pratiquées les danses mystiques (sema) des derviches. Le semahane est plus fonctionnel qu'esthétique d'extérieur, mais l'intérieur du bâtiment se révèle beaucoup plus riche et imposant. Il est possible d'y assister à des représentations de sema.

La partie la plus intéressante du musée (voir photo ci-contre) se situe à l'étage inférieur du semahane. La visite est l'occasion de découvrir le mode de vie des derviches emprunt d'une grande piété. Les arts occupaient une place centrale dans la vie des derviches puisqu'ils étaient un moyen d'expression de leur piété. On apprend ainsi que le mevlevihanesi faisait pratiquement office d'académie des arts, notamment dans les domaines de la musique et de la calligraphie. Cet art de vie est profondément inspiré du soufisme du poète du XIIIe siècle Rumi qui prône la tolérance, la dévotion et l'amour de Dieu.

 

La collection présente également des objets de la vie quotidienne et les tenues des derviches en fonction des cérémonies et de leur position dans l'ordre. L'occasion d'apprendre que le terme ?dede? désigne le leader de la communauté, d'où le nom de la rue (Galip dede).

Le Galata Mevlevihanesi est discret et modeste ce qui en fait donc un endroit surprenant. Il n'a ni la magnificence de la mosquée de Soliman ni l'ancienneté de Sainte Sophie, mais c'est néanmoins un lieu enrichissant et apaisant (photo de droite : le jardin intérieur). Il vous ouvre ses portes de 9h30 à 16h30 pour une escapade culturelle en toute simplicité.

Sema en principe tous les dimanches à 16 h, billets en vente à l'entrée (40 TL) ou au préalable chez Biletix mais 5 TL plus cher.

France Mérimée (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 10 janvier 2012

Si vous voulez voir davantage de photos du musée et des derviches tourneurs en action, consultez l'article de Nathalie Ritzmann sur son blog "du bretzel au simit".

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 10 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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