Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
La Turquie est un pays marqué par l'histoire, les traditions, mais c'est aussi un pays créatif et bouillonnant d'énergie. La Rédaction du petitjournal.com s'est intéressée à la création à Istanbul, dans les domaines du mobilier, de la joaillerie et de la verrerie. Nous vous donnons donc rendez-vous tous les vendredi pendant 5 semaines avec le design turc, et débutons avec notre coup de c?ur pour Autoban, fondé en 2003 par Seyhan Ozdemir, architecte et Sefer Caglar, designer d'intérieur
Sefer Caglar et Seyhan Ozdemir, fondateurs Autoban ( photo MER )
Le Petitjournal.com : Comment avez-vous démarré Autoban ?
Seyhan et Sefer : Nous nous sommes rencontrés alors que nous étions étudiants à l'Université d'architecture Mimar Sinan. Nous nous sommes rendu compte que notre approche du design était la même. Après avoir acquis une expérience chacun de notre côté, nous avons décidé en 2003 de fonder ensemble notre propre société, Autoban.
Nous avons commencé sur des projets d'architecture intérieure pour le commerce de détail, principalement pour des cafés et des restaurants. A ce moment là, il y avait très peu de mobilier à notre disposition sur le marché turc pour les intégrer à nos projets. Nous avons donc commencé à concevoir des meubles personnalisés, et nous les avons fait fabriquer localement.
Le Petitjournal.com : Comment avez-vous choisi le nom d'Autoban, assez surprenant de prime abord ?
Campagne de communication Autoban ( photo Autoban )
Avant tout, nous ne voulions pas être directement associés au design à travers un nom. Notre nom est presque un code secret, un nom de code ! L'idée vient du concept de l'autoroute, où vous conduisez dans une direction et, au carrefour des intersections, vous devez prendre la décision de sortir ou de continuer. C'est tout comme dans la vie, il s'agit d'avoir le bon rythme, de savoir où on va et de prendre des décisions au bon moment. Notre première campagne de communication, à laquelle nous sommes très attachés, mettait en scène ce concept avec humour avec des messages du type ? Marry your lover, or leave your lover?
L'orthographe de notre marque a aussi tout son sens. En turc, l'autoroute s'écrit ?otoban?, et en allemand ?Autobahn?. Nous avons choisi de combiner les deux mots pour exprimer notre volonté d'être une compagnie basée en Turquie, mais de dimension internationale.
Le Petitjournal.com : Comment définiriez-vous votre style ?
Habituellement, nous commençons avec un matériau que nous aimons, ou nous partons d'une pensée, d'un souvenir. A partir de ce postulat de départ, nous travaillons cette idée et développons une histoire d'où sortira un produit fini. Prenons par exemple notre fauteuil Sledge qui évoque une luge ? ça nous rappelle notre joie avec la neige quand nous étions enfants...
Coup de coeur pour le fauteuil Sledge ( photo Autoban )
Le Petitjournal.com : Dans un pays si riche en histoire, que pensez-vous de la situation du design ?
L'endroit où nous travaillons est extrêmement inspirant. Istanbul est très riche en histoire, on ne peut pas éviter cet héritage. Mais la nouvelle génération arrive avec beaucoup d'énergie, et avec un réel mélange de cultures, que nous considérons comme un avantage.
Il existe une telle variété de cultures accumulées à Istanbul à travers les siècles que pas une ne s'impose de manière monolithique. Ca nous laisse beaucoup plus de liberté et d'ouverture par rapport à la nouveauté. Chez Autoban, nous revisitons les héritages du passé, en y associant une touche de modernité pour créer quelque chose de nouveau. Nous puisons dans le chaos des cultures présentes à Istanbul pour être créatif.
Le Petitjournal.com : Vous êtes une jeune société, quels sont vos projets ?
Nous avons de nombreux projets en cours en Turquie, la plupart pour des clients qui nous sont fidèles depuis le début, comme The House Cafe et The House Hôtel, Vakko, Kom?uf?r?n et Kitchenette. Par ailleurs, nous avons aussi des projets importants à l'étranger, la rénovation d'un restaurant établi à Madrid depuis 40 ans, et d'un restaurant italien à Hong Kong.
Propos recueillis par Marie Eve Richet pour www.lepetitjournal.com, vendredi 29 janvier 2010