Édition internationale

CULTURE - Trois questions à Anne Potié, directrice de l’Institut Français d’Istanbul

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Ancienne directrice de l'Institut français d'Agadir, précédemment Commissaire des Rencontres Européennes de la Culture au Ministère de la Culture (2005), Anne Potié a pris l'année dernière les rênes de l'Institut Français d'Istanbul. Au c?ur de la Saison Turque, LePetitJournal l'a rencontrée pour évoquer l'activité fébrile de l'Institut !

Mme Anne Potié, directrice de l'Institut français d'Istanbul (photo BDB)

LPJ Istanbul : Quelle est la mission de l'Institut Français d'Istanbul et de quels moyens disposez-vous ?

Anne Potié : Notre mission est d'assurer le rayonnement de la francophonie, de la culture française et surtout des valeurs portées traditionnellement par notre pays. Je veux parler de la liberté, d'émancipation et d'universalité des droits de l'homme. Notre travail se justifie parce que nous portons quotidiennement ces valeurs là et sous toutes les formes possibles. L'impact majeur d'un institut français à l'étranger est là !

Plus concrètement, notre vocation est double. Développer l'apprentissage de la langue française d'abord. On l'oublie souvent ! Nous dispensons ici dans les locaux du consulat ainsi que dans ceux du Lycée Saint- Joseph sur la rive asiatique, des cours de langue française ouverts à un large public : plus de 4.000 apprenants. Nous avons également la charge des cours obligatoires de français - soit 40 heures - dispensés à tout candidat à l'émigration en France.

Notre seconde mission, et pas la moindre, concerne le rayonnement culturel qui va de la simple information donnée à tout type d'organisme de personnes - et avec la Saison Turque, et Istanbul 2010 il y en a beaucoup ! -, jusqu'à la programmation d'artistes dans nos propres murs. Notre volonté est de promouvoir la culture française en écho avec l'actualité des milieux culturels turcs. A cet effet, nous coopérons avec les milieux éducatifs et universitaires, nous organisons des partenariats avec tous les hauts lieux culturels stambouliotes comme Istanbul Modern, Santral Istanbul , Borusan, Babylon Garajistanbul, etc., nous développons le débat d'idées et bien d'autres coopérations.

Quant aux moyens, comme pour beaucoup d'organismes publics, les subventions ont fondu. L'Institut s'autofinance à 94 %. Peu le savent, mais nous fonctionnons dans un esprit d'entreprise. Dans ce contexte, j'ai du entreprendre une restructuration de l'Institut à mon arrivée, afin de pouvoir poursuivre une politique culturelle dynamique.

LPJ Istanbul : Qu'est ce qui vous a le plus marqué depuis votre prise de fonction à la tête de l'Institut ?

 

Anne Potié : Sans conteste l'extrême densité des échanges que nous avons. La demande est exponentielle aussi bien côté turc que côté français. On sent qu'Istanbul devient une capitale très demandée sur le plan culturel. Ce qui est assez nouveau car les infrastructures culturelles sont, en fait, relativement récentes. C'est le paradoxe : nous sommes dans une ville très ancienne mais avec une vie culturelle finalement très jeune et très fraîche et donc très attirante. Istanbul monte vraiment en puissance du point de vue culturel : le succès de la Biennale le montre bien. Dans ce contexte, la coopération à gérer entre la France et la Turquie pour l'Institut est énorme !

LPJ Istanbul : Quels sont les grands rendez-vous de la saison 2009/2010 ?

 

Vernissage de l'exposition Omer  Kalesi, en présence d'Hervé Magro, Consul général à Istanbul, Nedim Gursel et à droite , l'artiste et Anne Potié.

Anne Potié : Sans conteste la saison Turque qui va laisser des traces importantes dans le grand public et les milieux culturels français. Cela va intensifier l'intérêt de la France pour la Turquie. Je le remarque déjà ! A la veille d'Istanbul 2010, c'est un excellent agencement du calendrier, voulu d'ailleurs par notre Ambassadeur, M. Bernard Emié !

Un autre temps fort pour l'Institut est sa présence au Salon du Livre d'Istanbul le 24 octobre prochain dans le cadre d'un stand européen. A cette occasion, nous recevrons plusieurs écrivains comme notamment Marc Semo grand spécialiste de la Turquie, pour son ouvrage "La révolution du Bosphore"préfacé par Ahmet Insel. Toujours dans le domaine littéraire, nous innovons aussi cette année avec la lecture de textes français par des acteurs professionnels. Lectures qui auront lieu en français et en turc.

Dans l'ensemble, notre programmation, que ce soit en musique, en danse ou dans d'autres disciplines, offre une palette de ce qu'il y a de plus novateur mais aussi de plus consacré. Elle est digne de celle des plus grandes villes françaises. Vraiment il y a des spectacles à ne pas rater cette année à l'Institut français !

Brigitte di Benedetto (www.lepetitjournal.com Istanbul) mercredi 7 octobre 2009

lepetitjournal.com istanbul
Publié le 7 octobre 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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