Édition internationale

Transition énergétique et développement du solaire photovoltaïque en INDE 

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Écrit par D lepetitjournal Bangalore
Publié le 7 mai 2026, mis à jour le 8 mai 2026

Inde : un développement fort dépendant des énergies fossiles

Le développement économique et la croissance démographique de l’Inde appellent une forte demande énergétique. Cette croissance du besoin en énergie est tirée par l’industrialisation, l’urbanisation (secteur résidentiel en particulier, notamment avec la climatisation) puis l’électrification rurale. Selon l’Agence Internationale de l’Energie , les centrales thermiques (Charbon, Gaz, Pétrole) restent la principale source d’énergie, mais aussi la principale source de production d’électricité.

Le charbon est la ressource principale qui a permis à l’Inde de répondre à l’accélération de son développement. L’IEA prévoit que la demande augmente encore de 6.4% par an jusqu’en 2030.

 

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De nouvelles ambitions en faveur des énergies avec un faible impact carbone 

Depuis quelques années, le mix énergétique et électrique évolue dans le sens d’une réduction de la part des énergies fossiles.

L’Inde s’est donné des objectifs ambitieux en termes de développement de ses capacités électriques non fossiles. Le Nucléaire porte une part stratégique mais l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien sont aussi parties prenantes.

L’Inde franchit une étape majeure dans son programme d’énergie nucléaire

Ainsi l’Inde souhaite développer fortement les capacités non fossiles, accélérer l’intégration des renouvelables dans le système électrique et réduire la proportion des énergies fossiles dans son mix électrique.

Le 1er objectif a été dépassé en 2025, avec 5 ans d’avance, en atteignant une capacité électrique non fossile installée de 50%. L’Inde est devenue ainsi le 3ème pays mondial en termes de capacités installée (plus de 250 GW), dépassant ainsi le Brésil et rejoignant les États-Unis (467.9 GW) et la Chine (2.258 GW) sur le Podium mondial.

L'Inde, efficace dans la lutte contre le changement climatique

Les nouveaux objectifs ont été fixés pour 2031-35 (Nationally Determined Contribution, 2026, March 25th) :

  • Réduction de l’Intensité carbone de 47% (vs 2005)
  • Part des sources non fossiles dans les capacités électriques installées de 60% en 2035

Les estimations actuelles du gouvernement pour 2026 sont respectivement de 35% et 52.57%.

Le solaire photovoltaique est l’énergie qui se développe le plus fortement (plus de 20% par an) et pourrait représenter près de 18% du mix électrique à horizon 2026, contre près de 10% en 2023.

 

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Source https://iced.niti.gov.in/energy/electricity/generation/capacity)

 

Cette forte croissance s’explique par le fort potentiel solaire en Inde. Certains estiment que le solaire est appelé à couvrir une large part de la demande.

 

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Ce développement est rendu possible par une réglementation avantageuse :

  • Baisse des taxes à l’achat (GST)
  • Exigence de contenu local et droit de douane pour limiter l’import
  • Adaptation des règles de raccordement aux réseaux électriques
  • Règles d’achat d’énergies (modèle de contrats spécifiques pour les énergies renouvelables)

L’expansion du solaire est de loin la plus forte mais sa part dans le mix électrique reste contrainte par la croissance forte de la demande et la nécessité d’équilibrer le système électrique.

De plus la disponibilité de l’énergie reste un souci en période nocturne ou de mousson et la capacité installée n’est pas représentative de la quantité d’énergie renouvelable qui transite réellement.

De nouvelles technologies au service de la transition

Mais une technologie récente risque de faire changer les lignes et venir renforcer la part du solaire photovoltaique : Les batteries.

Le stockage par batterie devient désormais suffisamment fiable et abordable pour résoudre un des soucis liés au solaire : son intermittence et sa criticité en lien avec le raccordement au réseau électrique. Certaines estimations anticipent un taux de couverture de 90% en potentiel maximal avec un coût comparable à celui du charbon ou du gaz, contre 66% lors des moussons.

Les autres capacités de production resteront donc nécessaires (hydro éolien, nucléaire voire gaz - bio gaz ou waste - à la pointe), mais ces chiffres ouvrent de nouvelles perspectives.

Le couplage du solaire PV aux batteries représente une transformation profonde du système énergétique et pourrait réduire de manière forte le recours au charbon et au pétrole (en particulier aux groupes électrogènes très présents du fait de la fragilité des réseaux électriques). Ils pourraient à terme renforcer leur rôle en appuyant localement les réseaux de distribution ou de transport électrique.

 

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Un développement sous contraintes

Ce développement et ces ambitions se heurtent malheureusement à des contraintes fortes.

Les réseaux électriques indiens ne sont pas dimensionnés et ne sont pas assez robustes pour faire face à un tel afflux. Ils ne sont pas en mesure de permettre un transit de l’énergie solaire disponible de manière optimum. Aujourd’hui seule une faible part de la production solaire est réellement consommée. Avoir une capacité de production est différent d’avoir la possibilité de prendre l’ensemble de l’énergie produite en compte. Le solaire est limité par sa capacité à répondre à la demande. L’énergie est alors perdue. Le couplage par batterie aidera mais n’est pas encore très répandu.

Un renforcement global des réseaux électriques semble donc nécessaire pour permettre le transport et la distribution de ces énergies jusqu’aux centres de consommation, en maintenant l’équilibre Production = Consommation, en tout point et à tout instant.

Enfin les dépendances logistiques, les contraintes géopolitiques et économiques sont nombreuses concernant ces énergies. Les chaînes d’approvisionnement sont encore largement étrangères, et en particulier les chaînes d’approvisionnement chinoises pour le solaire, tant sur les technologies que sur les ressources primaires (composants, ressources et minerais).

Des ambitions environnementales et géopolitiques

La transition énergétique devient un sujet stratégique et de sécurité nationale. Ces dernières semaines et mois ont montré que les énergies fossiles sont critiques et que la dépendance à quelques pays peut se révéler très contre-productive.

Par ailleurs les opportunités économiques se multiplient en particulier avec l’Europe. La transition énergétique devient alors un levier commercial : La réduction des droits de douane et l’intégration économique renforcée sont sous contrainte du mécanisme carbone aux frontières qui impose une compensation carbone : Les réductions de droits de douane se trouvent limitées par une taxe additionnelle en fonction de l’empreinte carbone des échanges.

Enfin l’Inde doit veiller à ne pas déstabiliser ses alliés commerciaux actuels, tels que l’Australie par exemple à qui elle achète du charbon. Le solaire offre une opportunité de renverser les échanges, en achetant plutôt à l’Australie des minerais plutôt que du charbon, ce qui permettrait aussi de limiter la dépendance à la Chine (même si la Chine est largement leader sur le raffinage de ces minerais), rival économique et aussi principal concurrent industriel sur la fourniture de matériels solaires.

L’inde a initié sa transition énergétique et électrique en particulier. Le solaire PV est structurant dans cette démarche pour l’Inde. Le charbon reste prédominant pour assurer la croissance et la stabilité du réseau électrique.

Un challenge à relever sur le long terme

Mais cette transition est un challenge à relever sur plusieurs aspects.

Il faut réussir à maintenir la croissance et la marche en avant du pays tout en décarbonant les consommations d’énergies. Il sera nécessaire alors de travailler sur les usages et la capacité de consommer ces énergies décarbonées, en travaillant sur les réseaux et les flexibilités (réseaux, production et consommation). En parallèle l’industrie Indienne solaire devra sécuriser son savoir-faire et sa dépendance en particulier à la Chine pour le solaire. La transition demandera de fins ajustements entre ces nouvelles opportunités et une baisse maîtrisée de la dépendance aux importations fossiles.

 

 
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