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Inde : la mousson 2026 s’annonce déficitaire dans la plupart des régions indiennes

L'Inde se prépare à une saison de mousson particulièrement difficile. En effet, le Département météorologique indien (IMD) a revu à la baisse ses prévisions pour 2026, annonçant des précipitations représentant seulement 90 % de la moyenne historique. Si cette prévision se confirme, il s'agirait de la mousson la plus faible depuis 2015, dans un contexte déjà marqué par les tensions énergétiques provoquées par la guerre entre l'Iran et Israël, et la vague de chaleur actuelle.

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Écrit par lepetitjournal.com Bombay
Publié le 30 mai 2026, mis à jour le 1 juin 2026

La mousson constitue un pilier essentiel de l'économie indienne. Entre juin et septembre, elle fournit près de 70 % des précipitations annuelles du pays et permet de reconstituer les réserves d'eau utilisées par l'agriculture, l'industrie et les ménages. Dans un pays où près de la moitié des terres cultivées ne disposent pas d'irrigation et où environ un Indien sur deux dépend directement ou indirectement de l'agriculture pour ses revenus, une mauvaise saison des pluies peut avoir des répercussions considérables.

La mousson, une saison vitale pour l’Inde

 

L’Inde déjà face à de fortes chaleurs

Or, le pays subit déjà une vague de chaleur précoce et qui s’est installée sur la durée.

La vague de chaleur de 2026 en Inde a commencé exceptionnellement tôt, les premières conditions caniculaires significatives ayant été signalées dès la première semaine de mars. Selon le département météorologique indien (IMD), plusieurs régions du nord et du centre de l’Inde avaient alors enregistré des températures supérieures de 4°C à 8°C à la normale. La vague de chaleur s’est ensuite intensifiée au cours des mois d’avril et mai avec plusieurs régions du pays enregistrant des températures supérieures à 45 °C.

L'IMD prévoit des températures maximales et minimales au-dessus des normales saisonnières durant le mois de juin ainsi qu'un nombre accru de jours de canicule dans plusieurs États, notamment l'Uttar Pradesh, le Bihar, le Gujarat, le Pendjab et l'Andhra Pradesh.

 

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Par ailleurs, la progression de la mousson accuse déjà un retard. Les pluies devraient atteindre la côte sud de l'Inde avec plusieurs jours de retard sur les prévisions initiales.

 

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Des pluies inférieures aux normales saisonnières pour la mousson 2026

Selon les prévisions actualisées de l'IMD, les pluies devraient être inférieures à la normale sur la majeure partie du territoire, notamment dans le centre, le sud péninsulaire et le nord-ouest du pays. La « Monsoon Core Zone », qui regroupe l'essentiel des zones agricoles dépendantes des pluies, devrait également enregistrer un déficit pluviométrique. Les prévisions indiquent une probabilité de 84 % que la mousson soit déficitaire ou inférieure à la normale.

 

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Cette dégradation est largement attribuée à l'apparition attendue du phénomène climatique El Niño dans l'océan Pacifique. Historiquement, les épisodes El Niño sont souvent associés à des pluies insuffisantes en Inde et ont parfois provoqué des sécheresses sévères, entraînant des pertes agricoles importantes et des restrictions sur les exportations de céréales.

 

Des risques pour l’économie indienne, déjà mis à mal par la guerre en Iran

Les conséquences économiques pourraient être significatives. Alors que l'inflation indienne est retombée à 3,48 % en avril, les économistes redoutent qu'une baisse de la production agricole ne provoque une nouvelle hausse des prix alimentaires.

Gaura Sengupta, économiste en chef à IDFC First Bank, estime dans un article pour Reuters qu'une mousson particulièrement faible durant les mois de juillet et août pourrait pousser l'inflation moyenne jusqu'à 5,5 %.

Les cultures les plus vulnérables sont les légumineuses, le coton et certaines céréales comme le maïs. Les rizières non irriguées du nord et du nord-ouest du pays pourraient également être affectées. Cette perspective est particulièrement préoccupante pour l'Inde, premier exportateur mondial de riz et d'oignons, deuxième producteur mondial de sucre et principal importateur mondial d'huiles végétales.

Au-delà de l'agriculture, une baisse des revenus en zone rural pourrait peser sur la consommation des ménages dans un pays où 65% des 1,4 milliard d'habitants du pays vivent en zone rurale. 

Même si les stocks stratégiques de riz et de blé demeurent abondants, les autorités surveillent de près l'évolution de la situation. Entre risque climatique, tensions géopolitiques et inflation importée liée à la hausse des prix de l'énergie, la mousson 2026 pourrait devenir l'un des principaux défis économiques du gouvernement de Narendra Modi pour les prochains mois.

 

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