Selon la tradition hindoue, le mouvement de la vie universelle pourrait être comparé à un Tambour qui résonne.


Pour les hindous, le damaru, lien entre l'Homme et l'énergie universelle
La légende raconte que Shiva s'exprime ainsi :
« Le peuple est ignorant. Il doit rester connecté à la Source, à l'énergie universelle, car elle contient la sagesse que chacun recherche. Pour y parvenir, le plus simple est d'utiliser les sons produits par mon damaru. Tout ce qui existe dans ce monde trouve son origine dans ce son. »
Chaque battement du damaru de Shiva provoque une vibration qui se propage et participe à la création du monde. Shiva se met alors à danser, et toute son énergie s'éveille comme un serpent endormi, enroulé sur lui-même.
Le damaru comme langage
À chaque coup porté sur le damaru, résonnent des sons toujours différents : a, i, o, u, é, ou...
Ces voyelles, en vibrant, cherchent à créer des univers autour de Shiva. Parfois, elles rencontrent des obstacles qui modifient leur résonance : apparaissent alors les consonnes m, n, p, b, r, v, t, tandis que la conscience commence à s'éveiller. Lorsque voyelles et consonnes s'unissent, naissent des syllabes : ma, pa, bi, te, vo... Chacune possède sa propre vibration. Puis ces syllabes s'assemblent pour former des mots. Ces mots deviennent les clés d'un savoir oublié et donnent naissance à de nouveaux mondes, à d'autres univers. Enfin apparaissent des phrases qui façonnent la terre, le ciel et l'espace dans lequel toute la création se met en mouvement.
Des sages comprendront ces paroles et les transmettront à ceux qui souhaiteront les entendre. Ils enseignent que celui qui récite ou chante ces sons sacrés est capable d'entrer en résonance avec eux. Sa conscience s'éveille alors progressivement et l'aide à percevoir le mouvement de la vie universelle. Chaque être humain possède sa propre vibration, qui se transforme lorsqu'il parle, chante, respire, bouge, pleure ou même pense.

Shiva en méditation : l'origine des mantras
Lorsqu'il se recentre sur lui-même, dans la méditation, sa conscience s'éveille et sa vibration personnelle se modifie. Il se met alors au diapason de l'univers. Lorsque tous les êtres vivants vibrent ensemble, l'univers retrouve son harmonie et ceux qui l'habitent renouent avec l'énergie de Shiva.
Selon cette tradition, Shiva est l'origine des mantras. Certains sages de sa lignée étaient capables de les entendre et de les réciter. On les appelait les Drashta, « les voyants ». Des millions d'années plus tard, quelques-uns de ces voyants seraient venus sur Terre afin de transmettre ces mantras à une espèce florissante mais souffrante qu'ils nommèrent « les humains ». Ils enseignèrent un ensemble de quatorze catégories de sons formant un total de cinquante-sept lettres. C'est ainsi que serait né le sanskrit, considéré comme la première langue sacrée. Chaque lettre appartient à l'un des cinq éléments : la terre, l'eau, l'air, le feu et l'éther. Mais les sons du damaru de Shiva ne donnent pas seulement naissance au langage. Les quatorze catégories de sons sont également à l'origine de quatorze principes fondamentaux de la création.
On retrouve d'abord les cinq éléments : la terre (prithvi), l'eau (jala), l'air (vayu), le feu (tejas) et l'éther (akasha). Puis viennent les trois qualités fondamentales de la nature : la bonté (sattva), la passion (rajas) et l'inertie ou l'ignorance (tamas). Apparaissent ensuite les quatre aspects de l'esprit : le mental (manas), l'intellect (buddhi), la conscience (citta) et l'ego (ahamkara). Enfin se manifestent les deux principes complémentaires : Shiva, principe masculin de la conscience, et Shakti, l'énergie créatrice féminine.
Ces 14 catégories de sons font probablement référence aux 14 Maheshvara Sutras, une tradition grammaticale associée à Pānini. En conclusion, selon la pensée hindoue, toute existence est un arrangement de silence et de sons, suggérant que le silence n'est peut-être qu'une fréquence différente du son.
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