La société TomTom, spécialisée dans les technologies de navigation, a publié son dernier classement mondial des villes les plus congestionnées, analysant les schémas de circulation dans 500 villes de 62 pays à travers six continents.


Une méthodologie toujours plus précise
Pour établir son Traffic Index 2025, TomTom s’appuie sur une méthodologie solidement ancrée dans les données réelles de circulation. Cette quinzième édition est la plus étendue jamais publiée : elle couvre 500 villes dans 62 pays sur les six continents, à partir d’un échantillon mondial de plus de 3,65 trillions de kilomètres parcourus par des véhicules équipés de systèmes de navigation connectés.
Les niveaux de congestion sont calculés en comparant les temps de trajet observés aux temps de trajet en conditions idéales (trafic “free-flow”) dans chaque aire urbaine : l’écart, exprimé en pourcentage, mesure l’impact des embouteillages sur la mobilité.
La méthodologie s’appuie sur des données GPS anonymisées et des vitesses réelles enregistrées sur l’ensemble du réseau routier pour restituer des profils de circulation détaillés selon les heures de la journée et les zones géographiques.
En Inde, la distance se mesure toujours en temps… mais la congestion s’aggrave
En Inde, les distances ne se comptent toujours pas en kilomètres, mais en minutes perdues dans les embouteillages. Qui n’a jamais regardé l’horloge avancer plus vite que son véhicule à l’heure de pointe, avec l’impression qu’une tortue ferait mieux ? Si le phénomène n’est pas propre au sous-continent, les derniers chiffres publiés par TomTom confirment une réalité persistante : la congestion urbaine en Inde ne faiblit pas, elle s’intensifie.
L’Inde, deuxième pays le plus congestionné

À l’échelle régionale, le constat est sans appel : l’Inde se classe comme le deuxième pays le plus congestionné d’Asie, avec un niveau moyen de congestion de 37 %, juste derrière les Philippines (45 %), et à égalité avec Singapour.
En comparaison, la France affiche un taux de congestion moyen de 27,6 %, une vitesse moyenne deux fois plus élevée et une distance parcourue en quinze minutes presque doublée.
Ces écarts illustrent une différence structurelle : en Inde, la circulation repose encore très largement sur des voiries urbaines saturées, avec une part réduite des trajets effectués sur des axes rapides.
Des villes indiennes omniprésentes dans les classements mondiaux
En 2025, deux villes indiennes figurent dans le top 5 mondial des villes les plus congestionnées, confirmant une tendance déjà observée les années précédentes, mais désormais plus marquée.

Bengaluru : la congestion repart à la hausse
Déjà tristement célèbre pour son trafic, Bengaluru se hisse à la deuxième place mondiale des villes les plus congestionnées. Le niveau de congestion atteint 74,4 %, en hausse par rapport à l’année précédente. La vitesse moyenne chute à 16,6 km/h, et les automobilistes y perdent désormais 168 heures par an dans les embouteillages.
Après une légère amélioration observée en 2024, la situation se dégrade à nouveau, révélant les limites des aménagements ponctuels face à une urbanisation rapide et à une dépendance persistante à la voiture individuelle.
Pune : une détérioration continue
Pune, cinquième ville la plus congestionnée au monde en 2025, affiche un taux de congestion de 71,1 %, en forte hausse par rapport à l’année précédente. Les conducteurs y perdent 152 heures par an, contre un peu plus de 100 heures l’an dernier.
Si la ville se distingue par un dynamisme économique croissant, ses infrastructures peinent à absorber l’augmentation du trafic, notamment dans les zones centrales.
Mumbai et Kolkata : densité contre lenteur
À Mumbai, la congestion atteint 63,2 %. La mégapole conserve une vitesse moyenne légèrement supérieure à d’autres villes indiennes grâce à une utilisation plus importante des axes rapides, mais la densité extrême continue de peser lourdement sur la fluidité globale. Les habitants y perdent 126 heures par an dans le trafic.
Kolkata, quant à elle, confirme une évolution notable. En 2024, la ville se distinguait par une circulation extrêmement lente mais paradoxalement peu congestionnée. En 2025, ce paradoxe s’estompe : avec un taux de congestion de 58,9 % et 150 heures perdues par an, la lenteur s’accompagne désormais d’une congestion bien réelle.
Une mobilité urbaine sous tension durable
L’édition 2025 du classement TomTom confirme une tendance lourde : les grandes villes indiennes ne sont plus seulement lentes, elles sont durablement congestionnées. Si certaines métropoles avaient montré des signes d’amélioration ponctuelle, l’augmentation du temps perdu annuel et la baisse des vitesses moyennes révèlent une pression croissante sur des infrastructures déjà fragilisées.
En Inde, plus que jamais, la mobilité quotidienne se vit comme une épreuve de patience, un temps suspendu où la distance se mesure moins en kilomètres parcourus qu’en heures perdues.
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