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ZERO DECHET (humour): Comment je suis passée au (presque) zéro déchet

Par Sophie Yiu | Publié le 27/06/2019 à 14:21 | Mis à jour le 01/07/2019 à 00:24
Photo : Etre éco-responsable? Ok mais comment s'y prendre? @lafamillezerodechet
zero dechet hong kong

Comment même en étant shopping addict, il est possible de se lancer avec succès dans le zéro déchet? Retour sur mon parcours vers le mieux sans se prendre trop au sérieux.

Par Sophie Yiu

Quand j’étais petite, je ne comprenais pas pourquoi il y avait des déchets sur le bord de la route, je trouvais ça sale et je me demandais comment les gens pouvaient ne pas juste mettre leur bouteille en plastique ou leur paquet de gâteaux dans la poubelle. Ça agaçait sérieusement la naïve petite fille éprise de justice qui était en moi.

J'avais vu sur Facebook une photo d’un emballage de Raider intact sur une plage de Bretagne plus de 20 ans après qu’ils aient changé pour Twix. Cela m’a fait sourire parce que je ne connaissais pas Raider et pourtant, je ne me sentais pas si vieille que ça (désolée amis lecteurs de plus de 38 ans), mais en même temps dans le fond de ma tête je me disais qu’il y avait vraiment un problème. J’y pensais et puis j’oubliais. 

 

Quand mon karma écolo n'était pas du tout dans le vert

 

J’étais la reine pour acheter des fruits et des légumes sous plastiques (bah oui, c’est bien plus facile que de les choisir), un repas sans viande était IN-CON-CE-VA-BLE, des boissons au 7/11 en veux-tu en voilà, dès qu’il y avait des soldes, je sautais dessus malgré les remarques de mon copain de type “Mais t’as déjà 30 t-shirt à la maison” “Non mais tu comprends, c’est en soldes, on économise de l’argent comme ça, je le prends !”… Autant vous dire que mon karma écolo était très loin d’être dans le vert. J'accumulais tellement de choses, que notre mini appartement kongkongais était plein à craquer (avec 70-80% de mes affaires, monsieur qui a une petite tendance maniaque a été bien courageux), je ne savais jamais où étaient mes affaires, je devais retourner mon appartement pour trouver mes clés ou mon téléphone (ohlala rien que d’y penser ça me fatigue...), je n’en pouvais plus mais je ne savais pas comment y remédier. 

 

Comment à 30 ans j'ai enfin appris à prendre soin de mes affaires

 

Et puis un jour par hasard je suis tombée sur le livre de Marie Kondo, et là... RÉVELATION! (Je tiens juste à préciser que c’était bien avant qu’elle ait sa série sur Netflix qui a très peu d'intérêt si vous voulez vous y mettre sérieusement). Grosse prise de conscience sur tout ce qui m’appartenait mais que je n’aimais plus ou que j’avais oublié, tout ce dont je n’avais pas besoin au final, mais auquel je m'accrochais sans bonne raison. J’ai donné, jeté des sacs et des sacs de vêtements, produits de beauté, objets qui me suivaient depuis des années mais qui ne me donnaient plus d’étincelles… Cela a beaucoup allégé non seulement mon mini appartement mais aussi mon esprit. Je suis devenue (presque) aussi exigeante que mon petit-copain-devenu-mari niveau rangement, c’est vous dire ! Depuis j’ai arrêté d’acheter à tout va, et aujourd’hui toute ma garde-robe tient dans la moitié d’une armoire Ikea (OUI c’est possible, il y a encore de la place et je trouve que j’en ai encore trop...).

 

Mes débuts zéro déchet n'avaient rien d'évident

 

Quand j'oublie mon sac réutilisable et que je refuse le sac plastique

 

Et puis j’ai commencé à m’intéresser aux alternatives zéro-déchet, zéro-plastique, consulter des blogs ou lu des bouquins sur les alternatives possibles, ou encore le minimalisme. Le hasard des choses a fait que j’ai rencontré sur mon chemin une aromathérapeute et une personne qui organisait des ateliers de cosmétique et produits ménagers fait maison. Cela m’a fait beaucoup de bien de voir que d’autres personnes avaient les mêmes préoccupations que moi, et qu’il y avait des alternatives qui étaient très saines et sympas, qu’il était possible d’acheter moins mais beaucoup mieux. 

Alors je me suis lancée et pour ne rien cacher au début cela était compliqué, au début je n’osais pas trop refuser les sacs plastiques au marché, j’avais droit à un petit sourire narquois du primeur la clope à la bouche, j'ai tenté de multiples recettes lessive ou liquide vaisselle et puis c’était tellement plus simple de donner une gourde de compote plutôt que de faire tout moi-même. Je n’arrivais pas à faire aussi bien que je voulais c'était frustrant. 

 

Aujourd'hui réduire mes déchets est devenu un réflexe 

La première fois que j'ai fait la vaisselle avec du savon de Marseille

Avec du recul je me suis rendue compte que je n’allais pas pas changer mes habitudes qui ont plusieurs décennies d’âge en un jour. Cela demande du temps, un peu de préparation et beaucoup de bon sens. J’ai mis plusieurs mois avant de trouver les solutions qui me convenaient et appris à être indulgente avec moi-même. Je m’offre toujours des petits plaisirs, j’essaye simplement de trouver l’équilibre entre mon confort et le bien de la planète, je mange toujours de la viande de temps à autre -mais de la bonne viande-, difficile de dire non à un bon plateau de fromages, je craque de temps en temps sur une adorable tenue pour la petite…

Aujourd'hui je choisis beaucoup plus soigneusement ce que j’achète, et même si cela me donne un peu de travail, c’est quand même très agréable de savoir ce que l’on consomme. Je suis aussi devenue très créative pour réparer ou trouver de nouvelles utilisations à ce que j'ai déjà. Même si ma pratique est encore pleine de défauts, je sais que j’avance dans la bonne direction, ce qui me paraissait un gros effort auparavant est un réflexe aujourd’hui, comme le simple fait de m'asseoir pour savourer mon café dans une tasse plutôt que de prendre un gobelet qui ne servira que quelques minutes.

 

Les plus sceptiques diront certainement que ce que je fais n’est qu’une goutte dans l’océan, mais c’est une goutte qui est bien rafraîchissante et qui fait du bien. Une goutte qui, j’aime à penser, fait partie de la solution et pas du problème.

Et surtout je trouve l’idée que ma fille n’ait ni bouteille d’eau, ni paquet de gâteaux à jeter à la poubelle tellement séduisante.

 

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Sophie Yiu

Hongkongaise de coeur depuis plus de 8 ans, Sophie s’intéresse particulièrement à la photographie, la gastronomie et au minimalisme. Elle est fascinée par le pouvoir d’une bonne histoire.
1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

NicoD ven 28/06/2019 - 08:11

Bravo sophie (et fred) ! Defi d'autant plus difficile à relever avec un enfant.

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