Vendredi 6 août 2021

Winnie: "J'ai quitté la banque pour devenir fermière à Hong Kong!"

Par Jérôme de Clarens | Publié le 22/06/2021 à 15:00 | Mis à jour le 23/06/2021 à 12:06
Photo : Winnie dans son jardin, aux côtés de son ami Danny - @Photo personnelle
winnie dans son potager

Après une carrière à la Bank of China, Winnie Kong, 57 ans, décide de tout quitter pour lancer un projet fou : celui d’ouvrir une ferme bio à Hong Kong. À la tête de son exploitation depuis 4 ans et demi, Winnie est une autodidacte, d’une chaleur humaine touchante. Portrait de cette femme au parcours atypique.

De banquière à fermière

Winnie travaillait à la Bank of China. Mais après ce parcours classique, elle commence à souffrir de problèmes de dos qui l’empêchent de faire son travail correctement. Winnie décide alors de démissionner… sans grand espoir de retrouver du travail, compte tenu de sa condition physique. « Aucune entreprise ne serait en mesure de m’employer… et c’est donc de cette manière que je me suis mise d’une certaine façon en retraite anticipée. » Elle commence alors à s’occuper d’une grande parcelle qu’elle loue pour y faire pousser des légumes et fleurs de façon organique. « Je le faisais uniquement pour moi, pour mon plaisir… » Mais, le terrain qu’elle occupe n’est pas si petit puisqu’il mesure près de 2 à 3 hectares. Elle demande alors conseil à son frère, Tai Gor et à un ami de longue date, nommé Danny, ayant tous les deux travaillés dans le métier de la terre.

Tous deux s’engagent à lui apprendre de A à Z comment s’occuper jour après jour de ses légumes, ses plantes et « la magie que la nature propose. » « Il n’y avait qu’une seule condition à cet échange: je devais me faire soigner par un spécialiste du dos basé en Chine et être complètement rétablie pour obtenir leurs aides ». Malgré une certaine appréhension, car elle avait déjà consulté beaucoup de docteurs, Winnie accepte… soigne son dos et se lance à 100 % dans sa nouvelle aventure !

 

Winnie fermière hong kong
"Mon jardin est un petit paradis.", nous dit Winnie - Photo personnelle

 

De la terre brute aux légumes

Après s’être remise de ses douleurs, Winnie commence par une des choses les plus importantes : clôturer son jardin pour empêcher buffles et vaches d’y pénétrer. « Cette étape était essentielle pour le bon fonctionnement de son projet », nous dit-elle. Ensuite, avec l’aide de son frère et de Danny, elle s’occupe de toutes les étapes nécessaires à la remise en état de sa terre. Du défrichage au déblayage de l’espace, ils font tout ensemble. Après cela, ils commencent alors à planter : carottes, radis blanc, betteraves, fenouils, maïs, papayes, salades, fleurs comestibles comme les fleurs de pois bleu, fleurs de roses et même des fleurs de calendula !

 

Winnie fermière hong kong
L'entrée de la ferme de Winnie - Photo personnelle

 

« Il y a 3 ans, personne ne croyait en mon projet »

Malgré l’aide de son frère et de Danny, la charge de travail est intense. Les voisins, inquiets, lui suggèrent régulièrement d’arrêter. Mais Winnie s’accroche. Chrétienne, elle prie et continue son projet. Trois ans plus tard, sa ferme tient toujours debout et plus de 10 bénévoles se relaient désormais régulièrement pour l’aider. Petit à petit, la ferme devient dès lors de plus en plus structurée, accueillante et vivante.

 

winnie fermière hong kong
Photo@Inigo de la Maza - Unsplash

 

Un jour, l’association « Farm to table » approche Winnie pour lui proposer une collaboration. Depuis, leurs clients viennent visiter sa ferme. De fil en aiguille et de rencontre en rencontre, Winnie se fait un réseau. « J’ai même rencontré un Français, nommé Éric, qui est biologiste et qui a pu me donner de précieux conseils ! »

Aujourd’hui, cette autodidacte s’est totalement reconvertie. Au-delà de la simple culture, qu’elle pratique avec plaisir, cette passionnée de la nature et des plantes donne des cours les week-ends, des stages, organise des visites !

« La relation avec notre communauté est vraiment plaisante »

Chaque jour, Winnie — entourée de ses bénévoles — suit sa routine et ne s’arrête jamais : elle déracine les mauvaises herbes, retourne la terre, plante des graines, collecte fruits et légumes, arrose…

 

Winnie fermière Hong Kong
Toujours plein de bottes à disposition pour les bénévoles - Photo personelle

 

Cette communauté, dont elle est à l’origine, est le fruit de sa patience. Son sourire ne laisse pas indifférent et sa joie de vivre est contagieuse. Celle qui autrefois naviguait dans le monde de la banque a totalement su se réinventer.

« L'approvisionnement en eau est le premier défi».

Selon Winnie, « le plus grand challenge pour entretenir une ferme, est l’approvisionnement en eau. Notons qu’avant la construction de barrage de Shek Pik, il y a 40 ans, Mui Wo était un endroit ou le riz poussait à foison, mais maintenant nous ne pouvons que planter fruits et légumes... » Malgré cela, notre passionnée reste convaincue que le développement de produits organiques à Hong Kong devient de plus en plus populaire et s’en réjouit ! Pour conclure, Winnie nous dit en souriant : « Je suis vraiment très heureuse, car certains bénévoles qui participent au fonctionnement de la ferme trouvent ici des solutions à leurs soucis personnels. Cette ferme est aussi un endroit pour se relaxer, réfléchir tout en étant s’occupant de la nature. À la fin de la journée, ces personnes sont plus détendues et semblent plus heureuses. Cette ferme est vraiment est un petit cocon de nature. »

 

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Jérôme de Clarens

Jérôme, 31 ans. Ancien du secteur F&B, il s'est reconverti dans le coaching de vie par le biais du partage et du sport. Il contribue au Petit Journal sur les articles liés à la communauté et au sport
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