Samedi 19 juin 2021
Hong Kong
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Quelle maman êtes-vous?

Par Didier Pujol | Publié le 08/05/2021 à 15:17 | Mis à jour le 09/05/2021 à 02:56
Photo : Justine, gagnante du Prix du Public lors des Trophées des Français de Hong Kong, Emmanuelle, cheffe de projet au Petit Journal et Céline, cheffe d’entreprise
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Justine, Emmanuelle et Céline sont toutes trois mamans et ont accepté de témoigner sur les joies et difficultés d'élever des mères de famille expatriées. Elles ont toutes trois des situations et parcours bien différents et nous sommes heureux de leur donner la parole à l'occasion de cette Fête des Mères. Et vous? Quelle maman êtes-vous?

"J'ai rencontré mon mari à l'étranger"

Comment êtes vous arrivée à Hong Kong et combien d’enfants avez vous ?

Justine: Je suis arrivée à Hong Kong de Shanghai il y a 11 ans pour un VIE en joaillerie chez Cartier! Célibataire et sans enfants à mon arrivée, j’ai rencontré le meilleur mari du monde ici et nous avons maintenant trois adorables enfants!

Emmanuelle: Après une première expatriation à Londres, mon mari a eu une opportunité professionnelle à Hong Kong. Nous sommes arrivés à Hong Kong avec 3 jeunes enfants, et le 4ème est né ici. Arrivés il y a 9 ans, cela devait être pour 3 ans, puis 5 ans...et en fait, tellement séduits par cette vie exotique, nous n'en sommes jamais partis!

Céline: Je suis arrivée avec une valise il y a presque 14 ans afin de vivre une expérience de 1 ou 2 ans. Les plans ont donc bel et biens changés et Hong Kong m'a offert beaucoup et notamment une jolie famille avec 2 petites filles de 8 ans 1/2 et 6 ans et 344 jours (le compte à rebours est présentement très important!)

 

Justine, maman expatriée, et ses trois enfants
Justine, gagnante du Prix du Public des Trophées des Français de Hong Kong, fait la lecture à ses trois enfants Crédit@photocromatique

"Il faut savoir s’adapter"

Comment gérez vous le rôle de maman et l’expatriation ?

Justine: Je ne pense pas que le rôle de maman soit différent ici ou ailleurs, j’essaie d’aimer et d’aider mes enfants à grandir le mieux que je peux, comme toute maman!

Emmanuelle: C'est tout à fait compatible! Etre maman, c'est une grande responsabilité et un bonheur immense. Des questionnements réguliers aussi. J'ai eu la chance d'être toujours bien entourée par d'autres mamans expatriées, mais aussi d'avoir gardé des liens familiaux forts malgré la distance, et surtout d'avoir épousé un papa très impliqué! Vivre à l'étranger, cela veut dire apprendre à s'adapter. C'est aussi l'occasion d'apprendre des langues plus facilement: mes enfants sont bilingues Français-Anglais, et apprennent le Mandarin; je suis persuadée que c'est un cadeau pour leur avenir. Pour l'instant, ils sont vraiment épanouis tous les quatre, alors je me dis que cette expatriation est une aventure familiale réussie.

Céline: Jusqu'ici sans accroc! La vie en tant que maman est tout de même grandement facilitée par le système de garde qui permet de conserver une vie active et sociale développée tout en bénéficiant d'une vie de famille riche et de moments privilégiés avec ses enfants.

"Les enfants apprennent les langues"

Quels sont les points positifs par rapport à la vie en métropole ?

Justine: A Hong Kong nous avons la chance immense d’être épaulées au quotidien par de merveilleuses nounous. L’important est de savoir utiliser cette chance à bon escient et de ne pas au contraire en faire un obstacle aux relations et au temps passé avec nos enfants. Cette ville pleine d’opportunités m’a aussi permis de créer mon entreprise, m’autorisant à gérer mon emploi du temps en fonction de mes enfants.

Emmanuelle: Sans hésiter, l'aide à la maison, qui est inestimable! Grâce à mes helpers, la vie de maman de famille nombreuse a toujours été facile et agréable. Je leur ai beaucoup délégué, aussi bien la tenue de la maison, que certaines activités des enfants, me permettant ainsi de travailler sereinement, d'avoir du temps choisi pour chacun de mes enfants, sans stress, et même du temps pour moi. Je n'aurais sans doute pas le même équilibre en France. Bien sûr, il y a aussi ce mélange incroyable entre la nature et la ville, assez unique à Hong Kong et la possibilité pour toute la famille d'avoir une vie sportive intense! En particulier, mes enfants sont tous passionnés de natation, et s'entrainent dans un club jusqu'à 12 à 14 heures par semaine pour mon fils et ma fille ainés. 

Céline: Au delà du point sur les supers nannies juste avant évoqué nos enfants grandissent dans un environnement riche en rencontres de personnes d'horizons différents, ce qui je pense est un grand atout pour leur sens d'adaptation, la compréhension et le respect des différences. Un autre avantage est l'apprentissage des langues étrangères. L'anglais bien sûr (elles corrigent régulièrement mon accent) mais aussi et surtout le cantonais et le mandarin qu'elles adorent apprendre, un peu moins pratiquer mais cela va venir.

 

Celine et ses enfants pour la fete des meres à Hong Kong
Céline et ses filles

"L'éloignement pèse lourd"

Qu’est ce qui vous paraît plus compliqué ?

Justine: Rien n’est compliqué à Hong Kong, il faut juste s’adapter comme partout! Le seul regret c’est de ne pas avoir nos familles à nos côtés bien sûr, et ma maman aujourd’hui...

Emmanuelle: L'éloignement, qui n'était pas problématique tant que l'on pouvait sauter dans un avion facilement, est désormais très lourd dans cette période de pandémie. Les enfants réclament leurs grand-parents et leurs cousins. Les fermetures d'école sont bien trop systématiques à mon goût. Il a fallu s'adapter pour l'école à la maison, et j'ai du changer mon rythme professionnel pour accompagner mes enfants au mieux. Dernier point moins facile, les démarches écologiques: même s'il y a des progrès récents à Hong Kong, je n'en vois pas encore les effets, chez nous à Stanley. Je rêve d'acheter au maximum en vrac, sans emballage, mais les magasins type Live Zéro, sont bien trop loin pour des achats réguliers. En attendant, on fait ce qu'on peut sur les petits gestes du quotidien.

Céline: Hong Kong n'est pas un endroit très compliqué à vivre et, même si petit, regorge de richesses et d'activités. Bien sûr indéniablement la distance avec la famille et nos racines reste un élément un peu lourd. Les technologies permettent bien sûr d'échanger et de se voir mais rien ne remplace le câlin d'un grand-parent ou les cousinades ainsi que la fabrication de cabanes dans les arbres de mes montagnes de Haute-Savoie.

 

Carte de fete des mères
@Unsplash/Ijaz Rafi

"Les enfants me gâtent pour la Fête des Mères"

Que prévoyez vous cette année pour la fête des mères ?

Justine: Comme tous les ans: je vais faire semblant de dormir en attendant que mes enfants entrent dans la chambre pour m’apporter leurs petits cadeaux. En général j’ai une fleur qui arrive cassée en deux, une tartine de nutella à moitié croquée et de jolis gribouillages qui ravissent mon cœur de maman!

Emmanuelle: Alors comme chaque année, surtout je ne prévois rien: je me laisse surprendre avec délice par les petites attentions, les mots doux, des fleurs. Comme souvent le dimanche ici, il y aura la mer sous nos yeux, de petites escapades plus ou moins loin de la maison, le rituel du diner pizza devant un bon film en famille. Pas besoin de beaucoup plus pour passer un bon moment ensemble!

Céline: Figurez vous qu'avant de répondre à ces questions, je ne m'étais pas rendu compte que c'était la fête des mamans ce week-end à Hong Kong. Je pense que mon réveil dimanche sera matinal et que des traces de peintures fluos et quelques paillettes repérées semblent présager d'un dimanche pétillant et plein d'amour.

Lepetitjournal.com remercie Justine, Emmanuelle et Cécile d’avoir bien voulu partager un peu de leur histoire pour cette Fête des Mères. Et vous? Quelle maman êtes-vous? N’hésitez pas à partager avec nos lecteurs vos moments de joie et expériences avec votre famille. Nous serons heureux de vous donner la parole. 

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Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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