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Que racontent les lanternes de la mi-automne à Hong Kong ?

À l’occasion de la fête de la mi-automne, Hong Kong se couvre de lanternes, des modèles en papier de l’enfance aux installations monumentales de Victoria Park. Derrière leurs couleurs se racontent la réunion des familles, les légendes lunaires, mais aussi une culture hongkongaise qui continue de réinventer ses traditions.

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Écrit par Marion Burlaud
Publié le 24 septembre 2026

 

À la tombée de la nuit, des lapins lumineux apparaissent dans les parcs, des poissons en cellophane se balancent au bout de baguettes et d’immenses sculptures éclairées transforment Victoria Park. Dans les rues de Tai Hang, une autre lumière s’apprête à surgir : celle de milliers de bâtons d’encens plantés dans le corps d’un dragon de feu.

Chaque année, la fête de la mi-automne plonge ainsi Hong Kong dans un décor de lanternes. Mais pourquoi ces objets occupent-ils une place aussi importante dans une célébration d’abord associée à la lune, aux récoltes et aux retrouvailles familiales ? Et que racontent-ils de la manière dont Hong Kong préserve et transforme ses traditions ?

 

Une fête placée sous le signe de la pleine lune

Célébrée le quinzième jour du huitième mois du calendrier lunaire, la fête de la mi-automne tombe cette année le 25 septembre. À cette période, la lune est traditionnellement considérée comme particulièrement ronde et lumineuse.

Cette forme circulaire possède une forte valeur symbolique dans la culture chinoise. Elle évoque l’unité, l’harmonie et la réunion de la famille. Autrefois liée au calendrier agricole et aux célébrations des récoltes, la fête est progressivement devenue un moment où les proches se retrouvent pour dîner, partager des gâteaux de lune et contempler ensemble le ciel nocturne.

Les lanternes prolongent cette relation avec la lune. Leur lumière accompagne les promenades du soir et transforme la contemplation de l’astre en une célébration collective. Selon les époques et les régions, elles ont également été associées à la prospérité, à la bonne fortune ou aux souhaits formulés pour l’avenir.

Il n’existe toutefois pas une explication historique unique à leur présence. La fête de la mi-automne ne doit d’ailleurs pas être confondue avec la véritable fête des Lanternes, ou Yuan Xiao Festival, qui a lieu le quinzième jour du premier mois lunaire et clôt les célébrations du Nouvel An chinois.

À la mi-automne, la lanterne est avant tout devenue une manière de donner une forme terrestre à la lumière de la lune.

 

Des légendes célestes suspendues au-dessus des rues

Les motifs représentés sur les lanternes racontent également les récits associés à cette fête. Parmi eux figure Chang’e, la déesse chinoise de la Lune, qui aurait quitté la Terre après avoir absorbé un élixir d’immortalité. Condamnée à vivre dans le ciel, elle serait accompagnée du lapin de jade, chargé, selon la légende, de préparer l’élixir de longue vie.

Ce lapin est devenu l’une des figures les plus reconnaissables de la mi-automne. Il apparaît aujourd’hui sous toutes les formes : lanternes traditionnelles, mascottes lumineuses, décorations commerciales ou installations géantes.

D’autres modèles représentent des poissons, symboles d’abondance, des fleurs, des oiseaux, des étoiles ou encore des fruits. La lanterne ne sert donc pas seulement à éclairer : sa forme porte elle-même un souhait ou une histoire.

À Hong Kong, l’une des silhouettes les plus nostalgiques reste celle de la carambole. Avec sa structure géométrique, ses couleurs vives et ses pointes délicates, cette lanterne autrefois très populaire évoque pour de nombreux habitants les célébrations de leur enfance.

 

Hong Kong Mid-Autumn Festival - Victoria Park 2026

 

La lanterne, un souvenir de l’enfance hongkongaise

Avant l’arrivée des modèles électriques, les lanternes étaient traditionnellement fabriquées à partir d’une armature de bambou ou de fil métallique, recouverte de papier ou de cellophane coloré. Une petite bougie placée à l’intérieur diffusait une lumière fragile, au risque parfois de mettre le feu à l’ensemble.

Les enfants les promenaient dans les rues, les parcs ou autour des résidences après le dîner familial. Lapins, poissons rouges, avions, étoiles ou caramboles formaient alors un petit bestiaire lumineux en mouvement.

Ces objets artisanaux ont progressivement été remplacés par des lanternes en plastique fonctionnant avec des piles, souvent musicales et inspirées de personnages de dessins animés. Les bougies ont, quant à elles, largement disparu des grands rassemblements pour des raisons de sécurité. Les lanternes à flamme nue sont notamment interdites dans les sites officiels du carnaval organisé cette année par le Leisure and Cultural Services Department.

La transformation de ces objets raconte celle de Hong Kong elle-même : une ville où les souvenirs populaires, les technologies lumineuses et la culture commerciale se superposent. Les lanternes contemporaines sont plus sûres et plus spectaculaires, mais les anciens modèles en papier ou en cellophane continuent de susciter une forte nostalgie.

Leur fabrication est aussi devenue un savoir-faire à protéger. Les célébrations officielles intègrent désormais des présentations consacrées à l’artisanat traditionnel, aux côtés d’installations utilisant LED, projections et dispositifs interactifs. La lanterne n’est donc plus seulement portée à la main : elle est devenue sculpture, décor urbain et objet patrimonial.

 

Hong Kong Mid-Autumn Festival - Victoria Park 2026

 

Le dragon de feu, une lumière propre à Hong Kong

Si les lanternes appartiennent à une tradition partagée dans une grande partie de l’Asie, Hong Kong possède une manière bien particulière de célébrer la mi-automne : la danse du dragon de feu de Tai Hang.

La coutume remonte à la fin du XIXe siècle. Selon le récit transmis dans le quartier, Tai Hang aurait alors été frappé par une succession de malheurs, dont une épidémie. Un devin aurait conseillé aux habitants d’organiser pendant trois nuits une danse du dragon, accompagnée de pétards, afin de chasser la maladie et la mauvaise fortune.

Plus d’un siècle plus tard, le dragon continue de parcourir les rues étroites du quartier. Long de 67 mètres, son corps est recouvert d’environ 12 000 bâtons d’encens incandescent et porté par plus de 300 participants. Au son des tambours, la créature dessine dans l’obscurité des vagues de fumée et de lumière. Cette tradition est aujourd’hui reconnue comme élément du patrimoine culturel immatériel national.

Le dragon de feu raconte aussi la transmission progressive d’un rituel longtemps essentiellement masculin. Un « petit dragon », illuminé par des milliers de LED, permet désormais aux enfants et aux jeunes du quartier de participer aux célébrations. Les flammes et l’encens côtoient ainsi les éclairages électriques : deux générations de lumière défilent dans les mêmes rues.

 

Tai-Hang-Dragon-Fire-Dance

 

Des lanternes devenues un spectacle international

Cette année, les célébrations prennent une nouvelle dimension avec le premier International Lantern Spectacular, organisé à Victoria Park jusqu’au 4 octobre.

Des lanternes monumentales conçues par des artisans de Nankin y côtoient des créations provenant d’une vingtaine de pays dont nos célèbre lampions français. Réunies au sein d’un « World Lantern Boulevard », elles transforment une tradition populaire en vitrine internationale des arts lumineux. L’événement attire une forte affluence, nous vous conseillons de vous armer de patience si vous souhaitez en profiter ! 

De l’autre côté du port, le Hong Kong Cultural Centre Piazza accueille également une installation lumineuse jusqu’au 11 octobre. Les lanternes y sont allumées de 18 h 30 à 23 h, avec une prolongation jusqu’à minuit du 24 au 27 septembre.

 

Hong Kong Mid-Autumn Festival - Victoria Park 2026

 

Où et quand profiter des célébrations cette année ?

La danse du dragon de feu se déroule à Tai Hang du 24 au 26 septembre. Les représentations sont programmées de 19 h à 22 h les 24 et 26 septembre, et de 19 h à 23 h 30 le soir du 25 septembre. Wun Sha Street constitue le principal point d’observation. Le soir de la fête, le dragon prolongera son parcours jusqu’à Victoria Park vers 22 h 30.

Pour découvrir les installations monumentales, le carnaval de Victoria Park reste accessible gratuitement jusqu’au 4 octobre. Celui du Hong Kong Cultural Centre Piazza se poursuit jusqu’au 11 octobre. Les illuminations officielles fonctionnent généralement de 18 h 30 à 23 h. Le Leisure and Cultural Services Department recommande de venir en dehors du jour même de la fête pour éviter la plus forte affluence.

 

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