Mercredi 26 janvier 2022
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M+, premier musée de culture visuelle en Asie, a ouvert ses portes à Hong Kong

Par Gérard Henry | Publié le 14/11/2021 à 13:02 | Mis à jour le 15/11/2021 à 10:14
Photo : photo Virgile Simon Bertrand courtesy of Herzog et de Meron
Vue du musée M+ d'art contemporain à Hong Kong

M+, le premier musée mondial de culture visuelle contemporaine en Asie, a ouvert ses portes ce 12 novembre à Hong Kong. Ses collections, qui couvrent les arts visuels, le design, l’architecture et les images animées, en font le joyau du West Kowloon Cultural District.

Le M+ sera le cœur du quartier culturel de 41 hectares entièrement créé sur des polders en bordure de la péninsule de Kowloon Il est logé au milieu d’un parc verdoyant, face à la mer, qui comprend également le M+ Pavillon, un petit pavillon d’exposition construit dans l’attente du musée, le Xiqu Centre, un opéra chinois de 13 800 mètres carrés ouvert en 2018 avec un grand théâtre, une maison de thé et huit studios professionnels, le Hong Kong Palace Museum, de 7 600 mètres carrés d’espace d’exposition, qui ouvrira en 2022 et exposera des collections du Musée du Palais impérial de Pékin, et Free Space, qui accueille les arts de la scène et les festivals en plein air.

Une structure en L originale conçue par Herzog & de Meuron

Conçu par une équipe internationale du cabinet d’architecture de renommée mondiale Herzog & de Meuron, en partenariat avec TFP Farrells et Arup, le M+, avec ses 65 000 mètres carrés, est désormais l’un des immeubles les plus emblématiques de Hong Kong, à la fois monumental dans sa forme architecturale et radicalement ouvert du fait sa situation dans le paysage urbain.

Situé sur le front de mer du port de Victoria, le musée se se signale par une impressionnante tour revêtue de tuiles en terre cuite et dotée d’un système LED dynamique sur la façade sud, de 110 sur 66 mètres, pour l’affichage du contenu M+, définissant la place du musée dans le paysage urbain et contribuant au dynamisme de la ville en environnement nocturne. Le Found Space, l’espace d’exposition signature du M+ pour les installations majeures, est un cadre saisissant au niveau B2, défini par l’alignement des tunnels ferroviaires souterrains au-dessus desquels se trouve le bâtiment M+.

 

Six expositions thématiques d’ouverture

Environ 1 500 œuvres tirées des collections permanentes seront présentées dans un espace d’exposition de 17 000 mètres carrés qui s’étend sur trente-trois galeries et autres espaces d’exposition. Le musée comprend aussi trois cinémas, une médiathèque, un centre d’enseignement, un centre de recherche, deux boutiques, un restaurant, un salon-bar de thé et café, un salon pour les membres, des bureaux et un jardin sur le toit qui offre des vues spectaculaires sur le port Victoria.

La collection comprend 6 413 œuvres, sans compter la collection Sigg d’art contemporain chinois (1 510 œuvres), ses archives abritent plus de 48 000 objets et une collection spéciale en bibliothèque de 443 imprimés.

Les expositions d’ouverture du musée comprendront six expositions thématiques tirées de différents domaines de force des collections M+, présentant des œuvres d’art visuel, des images en mouvement, des objets de design, des projets architecturaux et des éléments d’archives des collections M+, que le musée constitue depuis 2012. Voici les six expositions proposées :

• Hong Kong: Here and Beyond (G/F Main Hall Gallery). Divisée en quatre chapitres, Here, Identities, Places et Beyond, l’exposition capture la transformation de la ville de Hong Kong et sa culture visuelle unique des années 1960 à nos jours;

• Collection M+ Sigg : art chinois contemporain de la révolution à la mondialisation (2/F Sigg Galleries). Une étude chronologique du développement de l’art chinois contemporain des années 1970 aux années 2000 d’après la collection M+ Sigg;

 

Zhang Xiaogang
Zhang Xiaogang, Bloodline—Big Family No. 17 1998 , on view @ M+ (collection Sigg)

• Choses, espaces, Interactions, design et architecture(2/F East Galleries). Exploration thématique et chronologique du design et de l’architecture internationaux au cours des soixante-dix dernières années, et de leur pertinence dans nos vies d’aujourd’hui;

• Individus, réseaux, expressions (2/F South Galleries). Un récit de l’art visuel international d’après-guerre raconté du point de vue de l’Asie;

• Antony Gormley : champ asiatique (2/F West Gallery). Vaste installation de dizaines de milliers de figurines en argile créées par le sculpteur britannique de renommée mondiale avec plus de 300 villageois du Guangdong en cinq jours de 2003, reflétant ce vaste territoire et sa population;

• Le rêve du musée (2/F Courtyard Galleries). Une constellation mondiale de pratiques artistiques conceptuelles au cœur du contexte asiatique unique de M+.

En plus de ces exposition, M+ présentera une série de commandes et d’expositions dans ses espaces publics, notamment la façade M+, le Grand Escalier, le Studio, le Roof Garden et le Found Space.

 

Antony Gormley Asian Field
Antony Gormley, Asian Field Photo@M+Museum

M+ est l’œuvre d’une équipe dynamique et créative face à une tâche énorme

Créer un musée à partir de zéro est un véritable défi, surtout lorsqu’il couvre un tel éventail d’objets et de sujets, de de concepts et de planification. C’est un travail gigantesque de collection, d’archivage, de contacts avec les artistes et surtout de choix qui peuvent s’avérer décisifs pour l’avenir et la création d’un héritage artistique contemporain qui couvre aujourd’hui un grand nombre de domaines allant des arts visuels classiques au cinéma, à la vidéo, à la performance et même quelquefois à la littérature.

Plusieurs équipes, directeurs, conservateurs, techniciens en tout genre, ont œuvré à ce projet depuis ses débuts. L’équipe dirigeante actuelle est constituée de Suhanya Raffel, directrice du musée depuis 2016, qui a succédé au Suédois Lars Nittve, Doryan Chong, directeur adjoint et conservateur en chef, Veronica Castilla, directrice adjointe, collection et expositions, John Wicks, directeur adjoint opérations.

 

Une ouverture dans un contexte politique difficile

Si Hong Kong se réjouit de cette ouverture, certains s’inquiètent beaucoup, dans cette période difficile où Hong Kong subit les effets de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin. La censure s’est renforcée et les artistes craignent pour leur liberté d’expression. Les procès des militants prodémocratie continuent chaque semaine et il n’y a plus d’opposition au Parlement hongkongais, tout candidat à la députation devant désormais prêter allégeance au gouvernement, qui décide s’il est suffisamment patriote pour être admis à se présenter.

Ces évènements ont provoqué le départ et l’émigration de plusieurs dizaines de milliers de Hongkongais, mais heureusement beaucoup d’artistes sont restés, faisant fi de ces menaces.

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Gérard Henry

Gérard Henry

Ecrivain, journaliste et critique d’art, Gérard Henry est l’auteur de nombreux catalogues d’artistes, des Chroniques hongkongaises (Editions ZOE/2008) et de Hong Kong dans la tourmente, (essai, Editions Hermann/ 2010)
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