Laëtitia Riss: la poésie comme une blessure

Par Didier Pujol | Publié le 21/04/2020 à 15:00 | Mis à jour le 22/04/2020 à 09:29
Laëtitia Riss Poésie Hong Kong

Le 5ème édition du concours de poésie “Sauvés par la Poésie" vient de récompenser 5 lauréats à l'occasion du Printemps des Poètes. Le thème proposé cette année était celui du courage et le prix de l’excellence revient à Laëtitia Riss dont Lepetitjournal.com, partenaire de l’événement, a le plaisir de publier ici l’intégralité du poème.

"Cette année, le jury a dû se réunir virtuellement pour délibérer du fait de la pandémie", explique Matthieu Motte, l’organisateur du concours. “Après Rimbaud, Prévert, Apollinaire, Jacques Brel l'an passé on avait décidé de mettre à l'honneur un écrivain de génie, un trompinettiste poétique et jazzy en diable: Boris Vian. Quant au thème du courage, avec l'épreuve que le monde traverse aujourd'hui, il était tout tout trouvé, tout idoine, on en a bien besoin”.

Le courage 

J’ai reçu la poésie comme une blessure

que le soleil ne peut guérir

plaie ouverte sur l’avenir

comme une griffure sur l’azur

 

à mesure qu’elle perdure

coeur brûlant, coeur d’armure

et toujours un murmure

dans le bruit des courants

une voix chante l’homme vivant

passe aux allures des vents

lacère l’air de ses ailes de sang

 

l’urgence a cessé d’attendre

ses signes noirs aux passants

elle cherche la poudrière l’encre

pour la dire : elle brûle la main

elle s’excuse mais déjà demain

recommence il mise sur l’usure

lâches sont les armes du temps

 

courage cours encore à l’orage

et ta douleur au creux des nuages

sera ta douceur, règne du saccage

souveraine des furieux outrages

un sourire d’abîme contre la peine

et les grandes marées humaines

où des larmes naissent les sirènes

 

j’ai reçu la poésie comme une blessure

que le soleil ne peut parfaire

empreinte boréale de l’éclair

comme la lumière des nuits polaires


Une phrase m’est arrivée 

Laëtitia Riss explique: “C’est en découvrant Nadja de Breton, un peu avant mes vingt ans, que la poésie est devenue une évidence. Celle qui est "dans la vie" et peut la changer. Le surréalisme, bien plus qu’une avant-garde littéraire - comme on l’enseigne parfois! - est un pari fou: celui d’une existence nourrie à la magie, au désir, à la révolte. L’année dernière, c’est également au cours d’un travail de recherche universitaire, que j’ai enquêté sur "le surréalisme contemporain". J’ai rencontré ceux qui font vivre l’esprit du mouvement aujourd’hui; il se pourrait même que je me sois livrée à quelques textes collectifs... Quant au poème proposé à l’occasion de cette 22ème édition du Printemps des Poètes, il a été écrit dans une bibliothèque parisienne. Sans que je ne sache trop comment, une phrase, "courage, cours encore à l’orage", m’est arrivée; et j’ai voulu lui donner la chance de se raconter. Je suis d’autant plus honorée qu’elle ait conquis le jury. Il est une poésie qui blesse, autant qu’elle sauve, comme les tigres fauves des lueurs de l’aube.”

 

Laëtitia Riss Poésie Hong Kong
Lilly Cursoux, Gary Lai, Sarah Ben Tkhayet et Mak Sui Hin

 

Cinq Lauréats récompensés

Aux côtés de Laëtitia Riss, 4 autres lauréats ont été récompensé par le jury:

  • Prix de l'Originalité: "Sonnée" de Lilly Cursoux
  • Prix Musicalité: "La solitude" de Mak Sui Hin
  • Prix des Jeunes: "Cavité indestructible" de Sarah Ben Tkhayet
  • Prix de l'Alliance Française: "Descartes" de Gary Lai

Vous pouvez retrouver l'ensembles des poèmes des lauréats sur le site Sauvés par la Poésie

 

Pour être sûr de recevoir GRATUITEMENT tous les jours notre newsletter (du lundi au vendredi)

Ou nous suivre sur Facebook et Instagram

 

Sur le même sujet
Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Hong Kong !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Didier Pujol

Rédacteur en chef de l'édition Hong Kong.

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale