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Hong-Kong et Macao, les jeux d'animaux

Par Patricia Herau-Yang | Publié le 19/11/2019 à 14:00 | Mis à jour le 21/11/2019 à 02:40
Photo : Courses à Shatin
Jeux d'animaux à Hong Kong

L’histoire a fait de Hong Kong et Macao des villes bien différentes et la formule Un pays, deux systèmes y connaît un destin contrasté. Pourtant, un aspect de la culture chinoise y est resté intact: le jeu!

Les chevaux

On pense bien sûr d’abord chevaux. Le Hong Kong Jockey Club, une des plus vieilles institutions de la ville, a été fondée en 1884. Devenu The Royal Hong Kong Jockey Club en 1959, le Club a retrouvé son nom originel en 1996 en prévision de la rétrocession. Club très privé et prisé, les femmes et personnes "unsuitable" (comprenez: les Chinois), n’étaient pas acceptés jusqu’au 20ème siècle. On s’étrangle sur les Chinois, mais les femmes…Bref.

Les revenus générés par les paris équins font du HKJC le plus gros contribuable à Hong Kong. Leur contribution annuelle est actuellement d’environ 16 milliards de HKD, soit 1.3%. du PNB, stabilisé après une baisse suite la rétrocession. Les paris équins en 2009 sont six fois plus élevés (12.7 millions de USD) qu’en France, deuxième marché du monde. Organisation à but non-lucratif, le HKJC donne ses surplus à la communauté: le Hong Kong Jockey Club Charities Trust a donné jusqu’à 3.6 milliards de HKD en 2014, à un ensemble de causes charitables, dont le support aux personnes accros aux jeux... En plus du monopole sur les paris équins, le HKJC a aussi celui sur le football, on imagine les sommes brassées sur cette activité.

Le Macau Jockey Club est une organisation créée en 1980 à l’origine pour l’introduction du trot en Asie (Macau Trotting Club). Equivalent de notre Hippodrome de Vincennes, donc, il est devenu dès 1989 un lieu de galop. Le MJC est un des plus gros employeurs privés de Macao, avec 1400 employés et environ 1100 personnes à temps partiel.

 

Jeux animaux Hong Kong
Côtes à côtes, les centres de paris hippiques et canins, Macao 2015

Les lévriers

Mais la passion des paris d’animaux ne s’arrête pas aux chevaux. Le Macau Canidrome Club, créé dans les années 1960 était le seul lieu de course de lévriers en Asie. Environ 120 lévriers y couraient cinq jours par semaine au plus haut de l’activité, sur deux champs de courses. Le lieu avait une réputation sulfureuse, liée au manque de soins apportés aux animaux. L’activité générait peu de profits. Les organisations de protection des animaux ont engagé alors une véritable bataille auprès des exportateurs de lévriers, principalement en Australie, pour pousser le canidrome à la fermeture. Ce fut chose faite en juillet 2018. La réhabilitation des locaux est en cours, avec l’expansion à terme du centre sportif adjacent et un parking. Le destin des 650 animaux, lui, est toujours incertain.

 

Jeux animaux Hong Kong
Combat de criquets en pleine rue

 

Les criquets

Dernière curiosité: les combats de criquets, qui contrairement aux paris équins ou canins, n’ont été empruntés à aucune colonie. Les criquets mâles, belliqueux, ont été élevés et entraînés au combat dès la dynastie des Tang il y a plus de 1000 ans. Au 13ème siècle, on dit même que le Premier Ministre  de la dynastie des Song du sud Jia Sidao, par sa publication d’un guide sur les combats de criquets, a ainsi contribué à la chute de l’empire! Plus récemment, pendant la révolution culturelle, le gouvernement a interdit les combats de criquets, passe-temps bourgeois. Celui-ci revient pourtant en force chez les jeunes générations, à la recherche de leurs racines.

A Macao, de nombreux hôtels organisent encore des paris. Les meilleurs combattants remportent des fortunes et on leur réserve des funérailles de luxe (aux criquets). La saison s’étale de juillet à septembre. A Pékin, l’Association for Cricket Fighting organise des championnats, mais sans pari, semble-t-il. Comme quoi, les sports animaliers sont trop tentants pour les interdire complètement. Le peuple a droit à des petites doses d’opium, finalement.

 

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pat

Patricia Herau-Yang

Patricia a passé de nombreuses années en Chine, exercé le métier de traductrice français-chinois. Depuis son arrivée à Hong Kong, elle s'est mise au cantonais et pratique la randonnée. Elle contribue au Petit Journal sur le volet culturel, entre autres...
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