Dimanche 5 décembre 2021
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La ferme Kadoorie au secours des animaux à Hong Kong

Par Didier Pujol | Publié le 21/10/2021 à 15:15 | Mis à jour le 22/10/2021 à 11:22
Photo : Un cerf aboyeur à la feme Kadoorie
cerf aboyeur à Hong Kong


Située dans la partie rurale des Nouveaux Territoires, la ferme Kadoorie comprend ruisseaux, bois, vergers, potagers, sentiers pédestres, animaux vivants, expositions florales, parcelles d’agriculture durable et un centre de sauvetage d’animaux sauvages, entre autres… C’est un endroit exceptionnel à découvrir absolument à Hong Kong.

Histoire de serpents à Hong Kong

La première fois que j’en ai entendu parler de la ferme Kadoorie, c’est par le snake catcher de Lantau, William Sergent, alors qu’il regrettait de devoir sortir les reptiles de leur habitat d’origine pour les confier à la ferme. C’est vrai que les serpents sont des animaux territoriaux qui peinent à s’acclimater lorsqu’on les déplace. Preuves en sont, les nombreux pythons désorientés par la proximité urbaine que l’on retrouve dans les boîtes aux lettres ou pots de fleurs de Sai Kung, du Peak ou de Kennedy Town, où la nature est proche des zones d’habitation.

 

 

À Lantau, les nombreux cobras, ratsnakes et pythons birmans investissent les cuisines de restaurants, espaces barbecue des jardins ou même réserves des bâtiments administratifs, coincés par les portes à fermeture automatiques. Ils sont alors signalés à la police qui dépêche le snake catcher, celui-ci n’ayant d’autre choix que d’acheminer les reptiles à la ferme Kadoorie.

À leur arrivée, l'état de santé des reptiles est évalué, puis ils sont relâchés dans les parcs naturels des Nouveaux Territoires. Lors de ma visite, je n’ai malheureusement pas pu voir de serpents, sujet de fascination pour moi, car la plupart sont rapidement relâchés loin des habitations. Ce que j’ai découvert m’a en revanche émerveillé.

 

ferme kadoorie vue du ciel

 

Un projet agricole à Hong Kong

C’est en 1951 qu’a été créée la ferme. À cette période, Hong Kong a connu un important afflux de réfugiés dont beaucoup avaient des connaissances traditionnelles de la production végétale et de l’élevage, mais ne possédaient pas de bétail. D’autres agriculteurs à la même période avaient des terres, mais peu d’expérience. C’est en réponse à ces besoins que Lawrence et Horace Kadoorie, membres d’une famille d’affaires bien établie et humanistes, ont créé la Kadoorie Agricultural Aid Association (KAAA), permettant à des milliers de personnes de bénéficier d’une formation agricole. Des milliers de porcs, de poulets et de canards ont pu être élevés dans un premier temps avant d’être donnés aux agriculteurs ou vendus dans le cadre de microcrédits. Dans le même temps, l’association participait à la construction de puits, canaux d’irrigation, routes, sentiers, ponts, porcheries et maisons de ferme.

 

visite éducative à la ferme
Visite éducative à la ferme @Kadoorie Farm

 

Aujourd’hui, l’urgence de l’immigration a disparu, mais les menaces liées à la biodiversité suite à l’urbanisation de Hong Kong et les changements climatiques ont conduit la ferme à se focaliser sur les expériences d’agriculture hydroponique (sans terre), biologique et l’éducation des nouvelles générations quant à la fragilité de l’écosystème.

C’est donc un véritable paradis végétal que vous pourrez découvrir lors de votre première visite au centre, entre cultures en terrasses, vergers aux fruits exotiques gorgés de soleil et espèces locales mises en valeur par des dizaines de professionnels.

 

crocodile chinois
Crocodile du Yangze, cadeau diplomatique d’une époque révolue

 

Plaidoyer pour la cause animale à Hong Kong

Mon premier lien avec la ferme Kadoorie est plus animal que végétal. Si je n’ai pas vu de serpent, je n’ai pourtant pas été déçu cat la seconde vocation de l’association après la promotion de l’agriculture équitable est la protection des espèces animales menacées par la présence humaine à Hong Kong.

Dans les faits, la fondation Kadoorie recueille régulièrement des animaux blessés ou victimes du trafic illégal à Hong Kong, si bien que c’est autant d’histoires individuelles déchirantes que l’on découvre au fil d’une visite. Des animaux abandonnés désormais incapables de se débrouiller seuls dans la nature aux spécimens handicapés suite à des accidents avec des voitures, ce sont autant de mammifères ou d’oiseaux qui sont quotidiennement pris en charge par le centre.

J’ai ainsi fait la rencontre de « Happy » le cacatoès au caractère de chat, qui vient se faire caresser lorsque vous vous approchez de la cage, de deux chats-léopards non acclimatés à Hong Kong provenant du trafic illégal ou d’un cerf aboyeur, choqué après une rencontre malencontreuse avec un véhicule sur les routes de Hong Kong. Citons encore les civettes, ces animaux que l’on dit à l’origine du Covid en Chine ou encore les multitudes de chouettes rares et de petits et grands rapaces. La variété du monde animal qui nous entoure et surtout la grande responsabilité qui est la nôtre dans la protection de la faune vous assaillent lorsque vous visitez la ferme.

 

cacatoes dans une cage
Happy, le cacatoès en mal de câlins

 

Parmi les curiosités, un crocodile du Yangze, des tortues et flamants roses, cadeaux diplomatiques vivants de chefs d’états en visite, achèvent de faire de cette visite un choc révélateur sur la beauté et la diversité de notre monde. Subjugué par tant de dévouement au service des animaux, j’ai décidé de devenir membre de l’association, bénéficiant en échange de mon adhésion de programmes de visites nocturnes commentées et de conférences exclusives. La prochaine visite est dans moins d’un mois. J’espère pouvoir vous en parler dans un prochain article.

 

 
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Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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