Édition internationale

CINEMA ASIATIQUE - Rencontre avec le réalisateur Jean-Luc Bonefacino

Écrit par Lepetitjournal Hong Kong
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

A l'occasion du ScreenSingapore qui s'est déroulé pour la première fois au sein de la cité-État du 5 au 12 juin 2011, nous avons rencontré Jean-Luc Bonefacino, un réalisateur français vivant à Hong Kong, ainsi que son assistant Nathan Wong. Ils nous parlent de leur dernier court métrage en sélection Tangerine Tree et nous donnent leur vision du cinéma asiatique

Candle Leung, un pont entre l'Asie et la France
Candle Leung est un pseudonyme incarnant la collaboration entre Jean-Luc Bonefacino, acteur et réalisateur français vivant à Hong Kong depuis plus de trois ans et Nathan Wong, jeune étudiant en cinéma de Hong Kong. "Malgré son jeune âge (19 ans), Nathan a un regard très intéressant à travers la caméra, c'est un passionné et visuellement, il est très doué. Nous nous sommes rencontrés sur un tournage il y a à peine 6 mois, et nous avons déjà réalisé trois court-métrages ensemble dont le premier "Pump it up!"  a été très apprécié par le public de Hong Kong" nous confie Jean-Luc Bonefacino.

Ce regard croisé asiatique et européen offre une vision multiculturelle de Hong Kong, qu'on voit peu dans les productions locales. "Du fait de ma spécificité française, j'ai une vision plus indépendante, plus critique sur l'évolution de la société à Hong Kong. J'utilise l'auto-dérision et la comédie pour faire passer mes messages auprès des hongkongais, même si mes films sont aussi destinés au marché européen. Les réalisateurs locaux produisent plus des films à grand spectacle à destination de l'énorme marché chinois, comme les Wu Xia Pian, films d'époque et historiques mettant en scène de grandes fresques sur la Chine".  
Le cinéma asiatique reste peu ou mal connu du public européen. Pourtant il représente une production considérable à travers deux visions : classique, qui inspire les cinéphiles et que l'on trouve dans les festivals internationaux et populaire, qui plait par sa violence, ses thèmes et ses combats. Le cinéma de Kung-Fu a permis au cinéma asiatique de se faire connaître et reste quoi qu'il arrive un cinéma très apprécié en Chine ou en Inde. Les Shaw Brothers ont fortement contribué au développement de ce cinéma. Toutefois, depuis quelques années, il y a un intérêt plus fort de l'Europe pour le septième art asiatique et pour les messages qu'il véhicule, à l'image de la Palme d'Or 2010 du Festival de Cannes, Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures, du réalisateur Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul.

ScreenSingapore, nouvelle plateforme pour le cinéma asiatique en Asie du Sud-est
Il y a un an à Cannes, le conseil d'administration de la commission du film asiatique avait lancé l'événement ScreenSingapore. La première édition du Festival de Singapour a eu lieu du 5 au 12 juin 2011 avec pour ambition de devenir le nouveau rendez-vous des professionnels tels que les studios américains qui souhaitent promouvoir leurs films à grand succès en Asie et ainsi fournir une plate-forme en mettant en valeur la richesse et la diversité de ce continent.
"L'initiative de ScreenSingapore est une bonne idée et le choix de Singapour contribue à l'ouverture culturelle du cinéma asiatique. En Chine, il y a trop de restrictions (quotas, censure), Shanghai n'est pas prête à une telle ouverture. A Hong Kong, il y a déjà deux festivals : celui qui a lieu en mars est plus orienté business et manque -à mon avis- d'identité (+200 films projetés), alors que le Festival Asiatique en automne est plus intéressant. Malheureusement, Hong Kong devient une ville de plus en plus chinoise et se referme culturellement. Reste le Festival de Pusan en Corée. Depuis 14 ans, c'est la plus importante manifestation cinématographique en Asie, qui  est aujourd'hui un rendez-vous majeur sur l'agenda des professionnels et un grand moment pour la population locale" explique Jean-Luc. Il est vrai que le succès et l'importance du Pusan International Film Festival est dû au choix effectué depuis le début de se dédier à ce qui n'existait pas réellement en tant que tel au début des années 90 : le cinéma asiatique ou le "cinéma de l'Asie-Pacifique" qui concerne  la Chine, la Corée du Sud, le Japon, Taiwan, Hong Kong, mais aussi les Philippines, la Thaïlande, la Malaisie, Singapour et l'Indonésie faisant l'objet de toutes les attentions.

Tangerine Tree, hommage à l'amour et à la nature


"Notre court-métrage Tangerine Tree a été invité en sélection officielle du Asian Short Film Awards, qui couvre 15 pays de toute l'Asie. L'écriture de cette fantaisie m'a été inspirée par mon maitre de yoga hindou et par ma vie à Hong Kong ces dernières années: dans un contexte chinois très centré sur la famille et l'argent, je me suis demandé ce que représentait vraiment le nouvel an lunaire. C'est pour moi avant tout une occasion de célébrer l'amour, universel et qui traverse les frontières des cultures, du sexe, de l'âge... Un amour cosmique. Nous avons tourné cette fantaisie décalée de 1min 30 dans les vieux quartiers de Hong Kong, qui tendent à disparaitre au détriment des boutiques de bijoux et autres résidences de luxe. Ce film m'a par ailleurs donné l'idée d'un long-métrage sur une histoire très personnelle, dans ma relation à la ville de Hong Kong". Tournage en juillet !

Propos recueillis par Carole Chomat (www.lepetitjournal.com/Singapour.html ) jeudi 16 juin 2011

Liens utiles :
http://www.marvivo.fr/
http://www.screensingapore.com.sg/

lpj 20
Publié le 16 juin 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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