Le Vietnam et l’Ouganda renforcent leur coopération dans le secteur du café. Réunis à Hanoï, les deux pays misent sur le partage d’expériences pour améliorer la productivité, développer la valeur ajoutée et rendre leurs filières plus résilientes face au changement climatique. Cette dynamique s’appuie notamment sur un plan d’action commun de cinq ans et sur le lancement d’un programme destiné à accompagner des dizaines de milliers de producteurs.


Des expériences complémentaires
Le café constitue un nouveau terrain de coopération entre le Vietnam et l’Ouganda. Le 11 août à Hanoï, les représentants des deux gouvernements, des entreprises et des organisations internationales ont échangé sur les moyens de développer une filière plus durable et compétitive.
Pour l’Ouganda, l’expérience vietnamienne représente notamment une source d’inspiration pour améliorer ses rendements. Selon le ministre ougandais de l'Agriculture, Frank K. Tumwebaze, le Vietnam affiche un rendement d’environ quatre tonnes de café par hectare, contre un peu plus d’une tonne en Ouganda.
Kampala souhaite ainsi tirer profit de l’expertise vietnamienne en matière de production, de technologies agricoles et de développement de la filière, mais aussi renforcer sa capacité d’adaptation au changement climatique.
Créer davantage de valeur
Pour le Vietnam, l’enjeu dépasse désormais la seule augmentation de la production. L’expérience du pays montre que la valeur du café dépend également de la qualité, de la transformation, de la technologie, de la construction des marques et de l’accès aux marchés.
Cette approche doit permettre de mieux valoriser chaque kilogramme de café produit et d’accroître les revenus des agriculteurs. Elle répond également aux exigences croissantes des marchés internationaux en matière de qualité, de traçabilité et de durabilité.
Les deux pays souhaitent notamment développer des chaînes de valeur plus résilientes au changement climatique et exemptes de déforestation, alors que les normes environnementales se renforcent sur les grands marchés d’exportation.
Un programme pour passer à l’action
La coopération doit désormais se traduire par des initiatives concrètes. Ainsi, un plan d’action conjoint sur cinq ans a été signé entre les autorités vietnamiennes, le Département du café de l’Ouganda et l’organisation néerlandaise IDH (The Sustainable Trade Initiative).
IDH a également lancé le Resilient Coffee Programme (RCP) au Vietnam. Prévu sur quatre ans, le programme vise environ 75 000 caféiculteurs, avec pour objectif que 70 % des ménages participants adoptent des pratiques d’agriculture régénératrice. Le programme vise également à réduire les émissions de CO2 de 240 000 tonnes et à augmenter de 15 % les revenus des agriculteurs.
Un exemple de coopération Sud-Sud
À travers le café, Hanoï et Kampala cherchent ainsi à faire émerger un modèle de coopération Sud-Sud, fondé sur le partage de savoir-faire et la mise en relation des producteurs, des entreprises et des organisations de développement.
Pour le Vietnam, il s’agit davantage de valoriser son expérience tout en poursuivant la transformation de sa propre filière. Tandis que pour l’Ouganda, cette coopération lui offre l’opportunité d’améliorer sa productivité et de renforcer la résilience de sa filière du café.
Le défi est donc de transformer ces échanges en résultats concrets et durables, au bénéfice des producteurs et de l’ensemble de la chaîne de valeur.
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