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Vietnam–Norvège : le libre-échange ouvre la voie à une coopération plus verte

Aquaculture, construction navale, recyclage et énergies renouvelables : la Norvège veut renforcer ses partenariats avec le Vietnam dans des secteurs au cœur de sa transformation économique. Lors du Nordic–Vietnam Business Summit 2026, organisé par NordCham Vietnam le 29 octobre à Hô Chi Minh-Ville, l’ambassadeur Stein Iversen a présenté les perspectives ouvertes par l’accord de libre-échange et les priorités de cette coopération.

Vietnam–Norvège : le libre-échange ouvre la voie à une coopération plus verteVietnam–Norvège : le libre-échange ouvre la voie à une coopération plus verte

La baisse des droits de douane constitue une première ouverture. Mais pour l’ambassadeur de Norvège au Vietnam, Stein Iversen, les perspectives vont bien au-delà. C’est au Nordic–Vietnam Business Summit 2026, lors d’un échange animé par David Tuan Anh Nguyen, directeur exécutif de NordCham Vietnam, que le diplomate a défendu une coopération fondée sur la complémentarité entre les technologies norvégiennes et les ambitions industrielles vietnamiennes.

Organisé au Hilton Saigon par NordCham Vietnam, la chambre de commerce nordique au Vietnam, avec les ambassades du Danemark, de Finlande, de Norvège et de Suède, ce sommet s’inscrit dans le cadre de l’Autumn Economic Forum. Il place au cœur des discussions les conditions d’une coopération durable entre entreprises nordiques et vietnamiennes, de l’investissement au développement des compétences locales.

Deux cadres viennent soutenir cette dynamique : l’accord de libre-échange signé à Hanoï le 18 octobre 2026 entre le Vietnam et les quatre États de l’Association européenne de libre-échange (AELE) (Norvège, Suisse, Islande et Liechtenstein) et le partenariat stratégique vert conclu entre Oslo et Hanoï en avril. Le premier organise les conditions des échanges ; le second donne une direction politique à la coopération environnementale et économique.

Pour l’ambassadeur, les entreprises doivent maintenant s’emparer de ces outils.

Au-delà des tarifs, la recherche de visibilité

Dans un contexte commercial international sous tension, la prévisibilité devient un argument aussi important que l’accès au marché. Les investisseurs ont besoin de pouvoir anticiper les règles, les procédures et les conditions dans lesquelles leurs projets pourront se développer.

 

Accord de libre-échange signé à Hanoï le 18 octobre 2026 entre le Vietnam et les quatre États de l'AELE
Accord de libre-échange signé à Hanoï le 18 octobre 2026 entre le Vietnam et les quatre États de l'AELE

 

C’est l’un des messages centraux de l’intervention de Stein Iversen : les bénéfices d’un accord commercial se construisent dans la durée. Ils reposent sur la réduction des barrières, mais aussi sur la confiance nécessaire pour engager des investissements et nouer des partenariats.

Cette recherche de stabilité s’accompagne d’une volonté de diversification. Pour la Norvège comme pour le Vietnam, multiplier les débouchés et les partenaires permet de mieux faire face aux incertitudes du commerce mondial.

Aquaculture : une coopération sur toute la chaîne de valeur

Les produits de la mer occupent une place centrale dans les relations économiques bilatérales. Selon l’ambassadeur, ils représentent près de 60% des exportations norvégiennes vers le Vietnam.

Le secteur devrait être l’un des premiers bénéficiaires de l’accord : les droits de douane sur le saumon seront supprimés dès son entrée en vigueur, tandis que ceux sur le maquereau seront progressivement éliminés sur trois ans.

Mais les perspectives dépassent la vente de poisson. L’expertise norvégienne couvre l’alimentation aquacole, la génétique, la santé des poissons, les équipements d’élevage et la transformation.

Pour les entreprises vietnamiennes, cette coopération peut permettre d’améliorer la productivité et l’utilisation des ressources. Les matières premières importées alimentent également des activités locales de transformation, de distribution et de commercialisation. L’ambassadeur insiste ainsi sur des opportunités réciproques, créatrices de valeur et d’emplois au Vietnam.

Construction navale : accompagner la montée en gamme

Le maritime illustre une autre évolution : le passage des échanges de marchandises à des partenariats industriels plus intégrés.

Le Vietnam dispose de capacités de construction navale et d’une main-d’œuvre industrielle qualifiée. La Norvège apporte des technologies et une expertise dans les navires spécialisés. Leur rapprochement permet de répondre aux besoins des marchés internationaux tout en développant les compétences locales.

Dans son intervention, Stein Iversen évoque notamment un chantier naval à Vung Tau et l’ouverture récente d’un bureau d’ingénierie à Hô Chi Minh-Ville. Ces implantations témoignent d’une coopération qui associe production, conception et savoir-faire technique.

L’objectif est d’accompagner la montée du Vietnam dans la chaîne de valeur maritime, en développant sur place des activités plus complexes.

Recyclage et déchets : transformer une pression en opportunité

La croissance vietnamienne accentue les besoins en infrastructures et en solutions de gestion des déchets. L’économie circulaire apparaît donc comme un troisième axe majeur de coopération.

L’ambassadeur cite un projet pilote de TOMRA à Phu Quoc autour de la collecte et du recyclage des emballages, avec un système de consigne. Au-delà des équipements, ce type de dispositif suppose une évolution des pratiques : collecter davantage, mieux trier et redonner une valeur aux matières utilisées.

Autre exemple évoqué : les travaux de l’institut de recherche norvégien SINTEF avec des partenaires vietnamiens sur la valorisation de déchets plastiques non recyclables dans l’industrie cimentière.

Ces initiatives traduisent une tendance plus large : la gestion des ressources devient un sujet industriel, susceptible de mobiliser entreprises, chercheurs et pouvoirs publics autour de solutions communes.

L’énergie, un besoin croissant et un signal de confiance

La progression de l’activité économique vietnamienne s’accompagne d’une demande énergétique croissante. Pour les entreprises norvégiennes, elle ouvre des perspectives dans les énergies renouvelables et les solutions liées à la transition.

Stein Iversen souligne notamment le rôle de Norfund, le fonds public norvégien d’investissement pour les pays en développement, dans des projets au Vietnam. Il présente ces engagements comme un signe de confiance dans les perspectives économiques du pays à long terme.

Un même fil conducteur relie ces secteurs : associer les compétences et les capitaux norvégiens aux objectifs vietnamiens de développement industriel et de réduction des émissions. La coopération doit ainsi contribuer à une croissance capable de répondre simultanément aux besoins économiques et environnementaux.

Pour les entreprises, la préparation commence maintenant

La signature de l’accord ne signifie pas son entrée en vigueur immédiate. Lors de l’échange, l’ambassadeur évoque le premier semestre 2027 comme un horizon souhaité, sous réserve des procédures de ratification.

Son invitation aux entreprises est néanmoins claire : commencer à se préparer dès maintenant. Cela implique d’étudier les calendriers tarifaires, les règles d’origine, les documents nécessaires et les normes applicables à chaque produit.

Les exigences techniques doivent, selon lui, être considérées comme un moyen de renforcer la compétitivité. Pour les exportateurs vietnamiens, répondre aux attentes des marchés de l’AELE peut aussi faciliter l’accès à d’autres débouchés internationaux.

Le prochain chapitre de la relation entre les deux pays se jouera donc dans la capacité des entreprises à construire des projets communs. Une ambition que l’ambassadeur résume par une formule : « investir avec le Vietnam ».

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