Le sud du Vietnam se prépare à une saison sèche particulièrement difficile. Sous l'effet d'un épisode El Niño d'une intensité exceptionnelle, l'eau de mer pourrait remonter plus tôt que prévu dans les fleuves du delta du Mékong, dès décembre 2026. Un phénomène qui menace les cultures agricoles et l'approvisionnement en eau douce de milliers de foyers.


Le Vietnam pourrait connaître l'une de ses saisons sèches les plus préoccupantes de ces dernières années. Selon les prévisions du Centre national de météorologie et d'hydrologie, El Niño devrait rester très intense jusqu'au début de l'année 2027, entraînant une hausse des températures et une diminution des précipitations.
Dans le sud du pays, la saison des pluies pourrait se terminer plus tôt que d'habitude. La baisse des débits fluviaux favoriserait alors la remontée de l'eau de mer à l'intérieur des terres, un phénomène appelé intrusion saline.
Les autorités redoutent une arrivée précoce de cette eau salée dès la fin décembre, avec une aggravation de la situation entre janvier et avril 2027.
Jusqu'à 130 kilomètres de pénétration de l'eau salée
Le delta du Mékong figure parmi les régions les plus vulnérables. Cette vaste zone agricole dépend fortement des eaux du fleuve pour l'irrigation, l'élevage et les besoins quotidiens des habitants.
Selon les projections du ministère vietnamien de l'Agriculture et de l'Environnement, les débits des cours d'eau alimentant le delta pourraient être inférieurs de 15 à 20 % aux moyennes historiques.
Dans ces conditions, l'eau salée pourrait remonter de 50 à 70 kilomètres à l'intérieur des terres depuis les embouchures du Mékong, soit 7 à 13 kilomètres de plus qu'habituellement.
La situation pourrait être encore plus marquée sur le fleuve Vàm Cỏ, où l'intrusion saline pourrait atteindre 110 à 130 kilomètres.
Cette progression du sel risque de rendre certaines ressources en eau impropres à l'irrigation et de compliquer l'approvisionnement en eau douce des populations rurales.
Près de 250 000 hectares de cultures menacés
Les conséquences pourraient être importantes pour l'agriculture du delta du Mékong, l'une des principales régions productrices de riz et de fruits du Vietnam.
D'après les estimations du ministère, plusieurs types de cultures seraient particulièrement exposés :
- 85 800 hectares de rizières de la saison hiver-printemps ;
- 120 000 hectares de zones de production associant riz et crevettes ;
- 45 000 hectares de vergers, notamment dans les zones côtières.
Au total, près de 251 000 hectares de surfaces agricoles pourraient être affectés par la sécheresse et la salinisation des eaux. Il s'agit toutefois de surfaces exposées à un risque, et non de pertes agricoles déjà constatées.
Les autorités vietnamiennes anticipent une saison sèche difficile
Face à ces prévisions, les autorités appellent les provinces du sud à renforcer leurs mesures de prévention.
Les priorités concernent notamment le stockage de l'eau douce, la surveillance de la salinité des cours d'eau et l'adaptation des calendriers agricoles.
Les agriculteurs pourraient être amenés à modifier leurs périodes de plantation afin d'éviter que les cultures les plus sensibles ne coïncident avec les pics de sécheresse.
Les services météorologiques prévoient également des températures supérieures de 1 à 2 °C aux normales saisonnières dans le sud du Vietnam au cours des prochains mois.
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