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Du tableau noir au numérique: l’université vietnamienne en pleine mutation

Le Vietnam a énormément évolué au cours des deux dernières décennies, c’est une chose entendue. L’enseignement supérieur ne fait pas exception à la règle. Les traditionnels tableaux noirs disparaissent et de plus en plus, c’est d’université numérique qu’il s’agit. Cette notion d’université numérique est aussi large qu’en vogue, et plus particulièrement depuis les « années covid » au cours desquelles elle se sera imposée « par la force des choses », au Vietnam comme ailleurs. Bien au-delà du seul enseignement à distance, elle recouvre tous les systèmes pédagogiques qui recourent au numérique.

Du tableau noir au numérique: l’université vietnamienne en pleine mutationDu tableau noir au numérique: l’université vietnamienne en pleine mutation
Écrit par Lepetitjournal Ho Chi Minh Ville
Publié le 24 novembre 2023, mis à jour le 24 novembre 2023

Lors d’une récente séance de travail regroupant les universités nationales de Hanoï et de Ho Chi Minh-ville, le ministre de l’Information et de la Communication, Nguyen Manh Hung, a estimé que le Vietnam avait actuellement besoin de faire venir des ingénieurs de haut niveau pour donner un coup d’accélérateur à sa transformation numérique. Il en faudrait selon lui près de 150.000 chaque année : une exigence que la main d’œuvre existante ne peut satisfaire qu’à 50%.

Toujours d’après Nguyen Manh Hung, le Vietnam va avoir besoin chaque année de 5.000 à 10.000 ingénieurs pour développer son industrie des semi-conducteurs, sur laquelle il a décidé de miser gros.

Dès lors, une question se pose : comment former une main d’oeuvre numérique, au Vietnam ? Pour le ministre, la réponse tient en deux mots : université numérique.

Un secteur en pleine expansion

Pour Quach Thanh Hai, de l’université de technologie de Ho Chi Minh-ville, s’il est clair que cette notion d’université numérique est pour l’instant l’apanage de pays dont les secteurs éducatifs sont particulièrement performants, il est tout aussi clair que le Vietnam a tout intérêt à se montrer ambitieux dans ce domaine.

« Depuis 2014, nous dispensons un enseignement numérique avec un système de gestion d’apprentissage, qui permet aux enseignants de mettre en place des projets plus innovants », a-t-il déclaré au cours de la séance de travail susmentionnée.     

Le fait est que depuis 2018, l’université de technologie de Ho Chi Minh-ville propose des formations en ligne en développant ce qu’elle appelle des « Massive Open Online Courses », qui permettent aux étudiants d’optimiser leur temps d’apprentissage et de gagner en autonomie.  

Mais dans le domaine de la formation en ligne, c’est la Ho Chi Minh City Open University qui fait figure de pionnière, avec à son actif un programme de formation au baccalauréat, lancé en 2016, et qui a depuis fait ses preuves, notamment durant la période covid.

Formation et administration

To Van Phuong, de l’université de Nha Trang, note de son côté que les deux secteurs clés d’une université numérique digne de ce nom sont la formation et l’administration. Numériques, on s’en doute…  

Pour ce qui est de l’aspect « formation », il s’agit surtout de déplacer les activités de formation, en passant du in situ à l’environnement numérique, quitte à organiser une période de transition comprenant un apprentissage mixte.

En ce qui concerne l’aspect « administration », il s’agit avant tout, pour un établissement donné, de se doter d’outils de gestion, notamment pour les données.

Reste à savoir si dans un pays comme le Vietnam, une telle mutation peut être synchrone et homogène. Elle est en tout cas présentée comme une  « nécessité absolue » dans bien des discours qui nous disent tous à peu près la même chose : que l’université de demain sera numérique ou ne sera pas : ainsi va le monde d’aujourd’hui.

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