Les classements universitaires mondiaux sont devenus des baromètres importants pour évaluer la performance des établissements d'enseignement supérieur. Chaque année, plusieurs organismes publient leur classement. En juin 2026, deux classements majeurs ont été dévoilés : le CWUR World University Rankings et le QS World University Rankings. Pour les universités vietnamiennes, les résultats sont contrastés. D’un côté, une progression encourageante dans le classement CWUR, de l’autre un recul dans celui de QS.


À quoi servent les classements et sur quels critères reposent-ils ?
Les classements universitaires mondiaux sont devenus des outils de référence. Utilisés par les gouvernements pour orienter leurs politiques d’éducation, par les étudiants et leurs familles pour choisir leur établissement et par le secteur de l’enseignement supérieur comme point de comparaison. Ces classements ont donc une grande influence sur les stratégies et les réputations des établissements d’enseignement supérieur à l’échelle mondiale. Être bien classé peut alors améliorer la visibilité internationale d’une université, faciliter le recrutement d'étudiants étrangers et attirer des financements.
Il existe plusieurs grands systèmes de classement, chacun avec ses propres critères. Le classement du Center for World University Ranking (CWUR), par exemple, ne s'appuie pas sur des données fournies par les universités elles-mêmes. Il utilise plutôt des données fiables et objectives regroupées en quatre domaines : l’éducation, l’employabilité, la qualité des professeurs et la performance de la recherche. Ce dernier domaine est lui-même divisé en plusieurs catégories dont le nombre d'articles parus, les publications dans des revues et les citations reprises.
À l’inverse, le classement QS World University Rankings, l’un des plus reconnus au monde, accorde une part importante aux enquêtes de réputation. Son analyse repose sur neuf indicateurs, dont la réputation académique et celle auprès des employeurs. Il prend également en compte le ratio étudiants/professeurs, les indicateurs d’internationalisation (étudiants et professeurs internationaux), et des critères comme le réseau de recherche internationale et la durabilité. Cette différence dans l’approche explique pourquoi une université peut voir son classement varier selon l’organisme qui le réalise.
La performance contrastée des universités vietnamiennes en 2026
L’application de ces méthodologies qui divergent donne lieu à des résultats contrastés pour les universités vietnamiennes en 2026. D’après les données du CWUR 2026, la tendance est plutôt positive. L’Université Duy Tan se positionne comme le meilleur établissement du pays, gagnant 33 places et se classant donc 936e mondiale, ce qui la classe parmi le top 4,4% des universités mondiale. L’université de Médecine de Hanoi réalise le bond le plus impressionnant en progressant de 44 places. D’autres universités comme l’Université Ton Duc Thang et l’Université de Sciences et Technologies de Hanoi ont également enregistré des progrès. Ces six universités vietnamiennes se maintiennent ainsi dans le top 10% mondial du classement CWUR.
En revanche, le classement QS 2027 est moins favorable. Le nombre d'universités vietnamiennes présentes dans ce classement est passé de 10 à 9. Si l’Université Duy Tan reste la mieux classée, elle a perdu 22 places par rapport à l’année dernière. L’Université Ton Duc Thang a connu un recul encore plus important de plus de cent places. Seulement deux établissements, l’Université Nationale du Vietnam à Hanoi et l’Université des sciences et technologies de Hanoi ont amélioré leur classement.
L’analyse des scores par critère révèle les forces et les faiblesses de ces universités : les Universités Duy Tan et Ton Duc Thang excellent dans le domaine des citations par professeur, ce qui explique leur performance dans le classement du CWUR, tandis que les deux autres universités bénéficient d’une meilleure réputation auprès des employeurs.
Perspectives d’avenir pour les universités vietnamiennes
Le gouvernement vietnamien a fixé des objectifs ambitieux dans le cadre de la Résolution n°71 du Politburo : au moins huit universités parmi les 200 meilleures d’Asie d’ici 2030 et cinq parmi les 100 meilleures du monde dans certaines disciplines d’ici 2045. L’Université Nationale du Vietnam à Hanoi vise le top 100 asiatique d’ici 2030 et le top 300 mondial d’ici 2035, tandis que celle de Ho Chi Minh-Ville ambitionne d'intégrer le top 50 mondial d’ici 2045 dans au moins quatre disciplines.
Ces objectifs s’accompagnent d’investissements massifs, avec plus de 580 000 milliards de dongs accordés au programme national de développement de l’éducation, dont une grande partie est prévue pour la période 2026-2035.
Au-delà des chiffres, une transformation plus profonde est attendue. Le secrétaire général Tô Lâm a appelé à faire évoluer les établissements d’enseignement supérieur vers un modèle “d’université orientée vers l’innovation”. Afin de réaliser ce projet, plusieurs conditions sont nécessaires : l’investissement dans les secteurs stratégiques (IA, biotechnologies …), et le renforcement des liens avec les entreprises. Les autorités insistent également sur la nécessité d’accélérer l’internationalisation de ces établissements, qui représente un défi majeur pour le Vietnam qui peine encore à attirer des étudiants et professeurs étrangers.
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