Le 19 juin 2026, le Théâtre Bến Thành accueillait, pour une soirée unique la compagnie Hervé Koubi, venue présenter Ce que le jour doit à la nuit dans le cadre d’une tournée vietnamienne organisée par l’Institut français du Vietnam. Une soirée qui a réuni un public nombreux et enthousiaste, venu découvrir une œuvre mêlant hip-hop, b-boying, danse contemporaine et ballet, au carrefour de plusieurs cultures et influences.


Une œuvre ancrée dans une histoire personnelle
C’est une histoire de retrouvailles avec soi-même. Hervé Koubi, chorégraphe franco-algérien formé au Centre de Danse International Rosella Hightower à Cannes, découvre tardivement ses origines algériennes. C’est cette révélation qui bouleverse sa trajectoire artistique et qui donne alors naissance à Ce que le jour doit à la nuit. Une œuvre si centrale dans son parcours qu’elle contribuera à lui valoir, en 2015, le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
Le point de départ est littéraire puisqu’il s’inspire du roman éponyme de Yasmina Khadra, qui suit le parcours d’un jeune Algérien apprenant à connaître son pays natal. À partir de cette matière, M. Koubi construit un projet profondément personnel, créé en 2013 dans le cadre de Marseille-Provence, Capitale européenne de la Culture. Depuis, la pièce a marqué de nombreuses scènes internationales par la force de son langage chorégraphique et la richesse de son inspiration culturelle.
Sur scène, quatorze danseurs donnent corps à une chorégraphie qui traverse les styles : b-boying, hip-hop, danse contemporaine et ballet, et ce, sans jamais perdre en cohérence. Les portés spectaculaires fascinent, les mouvements des danseurs envoûtent et les formations, s’inspirant visuellement de l’architecture islamique et de la peinture orientaliste, composent des tableaux vivants d’une grande puissance. Quant à la bande-son, celle-ci tisse des liens entre Hamza El Din, Jean-Sébastien Bach et la musique soufie traditionnelle.
À travers cette fusion de styles et de cultures, le spectacle propose une réflexion sur l'identité, la mémoire, la transmission et la rencontre entre les cultures.
Une tournée vietnamienne portée par l’Institut français
La représentation du 19 juin 2026 au Théâtre Bến Thành s’inscrivait dans une tournée nationale organisée par l’Institut français du Vietnam. La compagnie s’est produite dans trois villes : Hué le 17 juin dans le cadre du Festival de Hué, Hô Chi Minh-Ville le 19 juin, et Hanoï le 21 juin au Théâtre de la Jeunesse.
Avant le début du spectacle, M. Gilles Guillot, attaché de coopération et d’action culturelle et directeur délégué de l’Institut français du Vietnam, a pris la parole pour accueillir le public, présenter la pièce et situer l’évènement dans le cadre plus large de la coopération culturelle franco-vietnamienne.
Pendant près d’une heure et demie, les quatorze danseurs ont littéralement suspendu le temps, enchaînant prouesses acrobatiques et instants de grâce pure. Le public, conquis tout au long de la représentation, à réservé à la troupe une ovation méritée.
À l’issue de la représentation, les danseurs sont revenus sur scène cette fois en présence de Guillaume Gabriel, à qui l’on doit les costumes et les arrangements musicaux, afin d’échanger avec le public. Les questions ont porté notamment sur le processus de création, la signification de certains mouvements, le choix du nombre de danseurs et celui des costumes. Le public a également exprimé son appréciation du spectacle, prolongeant ainsi la soirée dans une atmosphère conviviale.
Sur le même sujet







