À l’approche de la rentrée 2026, l’inquiétude grandit au sein du Lycée Français international Marguerite Duras de Hô Chi Minh-Ville. Enseignants, personnels éducatifs et parents d’élèves dénoncent des mesures de réduction budgétaire imposées par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), qu’ils jugent incompatibles avec le maintien d’un enseignement de qualité.


Le mouvement de contestation a pris de l’ampleur après une grève suivie par près de 90 % des personnels éducatifs de l’école primaire le 2 juin dernier. Dans la foulée, une pétition commune a été lancée afin d’alerter sur les conséquences des décisions annoncées pour la rentrée prochaine.
Voici le texte officiel de l’état des lieux et des réclamations :
“Nous, enseignants, personnels éducatifs, parents d’élèves, membres de la communauté scolaire ou soutiens du Lycée Français Marguerite Duras de Hô Chi Minh-Ville, souhaitons exprimer notre inquiétude et notre profond désaccord vis-à-vis de la politique d’austérité prévue dans notre établissement dès la rentrée 2026.
En effet, malgré des effectifs en augmentation et des frais de scolarité en hausse, on nous impose des fermetures de classe.
De récentes directives données par l’AEFE contraignent l’école primaire à un effectif minimum de 25 élèves par classe en moyenne. Effectif qui, jusqu’ici, était entendu comme un maximum. Sur certains niveaux, il pourrait y avoir 27, voire 28 élèves par classe.
Notre établissement accueille un nombre important d’élèves non francophones ainsi que des élèves à besoins éducatifs particuliers. Leur réussite repose sur des effectifs maîtrisés, un accompagnement individualisé et des équipes pédagogiques stables. Réduire le nombre de classes fragilise cet équilibre et compromet la qualité de l’enseignement dispensé.
Les projets de fermeture de classe touchent particulièrement l’école maternelle et élémentaire alors que les effectifs globaux annoncés sont en légère progression pour la rentrée. Répartir les élèves dans un nombre réduit de classes, sur des doubles niveaux, va diminuer les possibilités de suivi individualisé et risque d’entraîner des conséquences durables sur les apprentissages, notamment la maîtrise de la langue française.
Ces mesures ont également un impact humain important. Elles menacent directement un emploi d’assistante en maternelle investie depuis de nombreuses années au sein de notre établissement.
Dans le secondaire, certaines classes ont d’ores et déjà des effectifs chargés, y compris dans des niveaux particulièrement sensibles comme les classes préparant aux épreuves du DNB ou du Baccalauréat. Cette évolution affaiblit la qualité de l’accompagnement pédagogique et met en danger la réussite de tous les élèves.
Notre inquiétude ne s’arrête pas ici et concerne également les investissements nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement.
Les projets d’agrandissement du lycée restent, à ce jour, gelés alors même que le lycée en aurait grandement besoin. En effet, nos locaux accueillent un nombre d’élèves bien supérieur à celui pour lequel ils ont été conçus.
Enfin, très récemment, nous avons appris avec stupeur que les budgets d’investissement alloués à notre établissement ont été divisés par quatre, malgré une excellente santé financière. On ne s’attaque pas seulement aux effectifs : les conditions matérielles d’apprentissage et la sécurité des élèves vont se dégrader puisque les locaux et les équipements actuels ne pourront pas être rénovés ou entretenus correctement. Et ce, alors même que les frais de scolarité augmentent.
En nous imposant ces mesures, l’AEFE fragilise donc un des fleurons du réseau historique des lycées français à l’étranger.
Face à cette situation, nous demandons :
- Le maintien des classes et des postes actuellement menacés dans notre établissement ;
- L’arrêt des suppressions de postes d’enseignants ;
- Le maintien de conditions d’enseignement permettant un accompagnement adapté à tous les élèves ;
- Le maintien de frais de scolarité raisonnables ;
- Le déblocage du projet d’extension du lycée ;
- Le rétablissement des moyens d’investissement alloués à l’établissement.”
Voici le lien vers la pétition : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfw_OIsSfNQw5Q1uRazAUg5MLrygpLMqYs2Av8BmgwB9QA0iA/viewform
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