Là où le grondement des scooters se mêle aux voix familières des habitants, s’étend un univers discret d’étroites ruelles. C’est Hô Chi Minh-Ville. Les passages sinueux ne sont pas de simples voies de circulation : ils sont les artères par lesquelles circule l’âme d’une ville toujours en mouvement.


Au cœur des communautés
Hô Chi Minh-Ville comptent des milliers de ruelles, chacune avec sa propre histoire. Certaines abritent de grandes villas cachées derrière de hauts portails, tandis que d’autres accueillent humblement des générations de travailleurs. Ensemble, elles composent une toile vivante, un aperçu de modes de vie et de cultures d’une grande diversité.
Ces ruelles dégagent une chaleur, une bonté et un sens de la communauté qui incarnent l’essence même de la ville. Chacune d’entre elles raconte un voyage singulier, voire une immersion dans des communautés solidement liées, où se devine l’esprit véritable de Hô Chi Minh-Ville.

Dans les ruelles, les voisins se retrouvaient sous la lumière douce des réverbères, échangeant récits, nouvelles et éclats de rire. Là vivait une fraternité réelle. Le proverbe vietnamien « tối lửa tắt đèn có nhau »- Nuit sans feu ni lumière, il nous reste l’un près de l’autre - prenait tout son sens…
Durant le confinement à cause de la pandémie Covid 19, ces passages sont devenus des lignes de vie. Malgré les barrières, la solidarité a continué de fleurir. Les voisins partageaient leurs patates et leur riz. Les larmes coulaient lors des deuils, et les enfants devenus orphelins trouvaient refuge dans des bras bienveillants. Les rancunes s’effaçaient ; l’unité prenait le dessus.

Ces ruelles ont tout vu : la joie et la peine, l’amour et la colère, la douceur et les heurts. Elles portent en elles le fragile équilibre de l’existence.
Pour comprendre l’âme de Hô Chi Minh-Ville, il faut entrer dans ces ruelles, au milieu des classes populaires. On y rencontre des vies authentiques, celles qui portent le quotidien à bout de bras. Bien au-delà des gratte-ciel et des nuits aux éclats de néon, c’est dans ses innombrables ruelles que la ville bat le plus profondément.

Près de l’ombre de l’Opéra
Au centre- ville, le long de la rue Pasteur , baptisée en hommage à Louis Pasteur, se cache un lieu discret : Phở Minh. Son enseigne vieillie, à peine visible, attire les lève-tôt en promettant chaleur et saveurs.

Quand le tumulte de la ville devient trop lourd, on peut trouver refuge dans ces ruelles comme celle où se trouve le fameux phở - cette soupe vietnamienne de nouilles de riz dans un bouillon parfumé (bœuf, pour la plupart du temps, ou poulet), garnie d’herbes fraîches.

En vietnamien, le mot « rue » porte en lui une idée de vie : « con » pour les êtres vivants, « cái » pour les objets inanimés. Les ruelles vibrent de cette vitalité, animées par les cris des vendeurs, les conversations complices et les rêveurs absorbés par leurs pensées. Même les inconnus deviennent des notes dans le rythme général, tissées dans la trame de Saïgon.

Ces ruelles existent toujours et continueront d’exister, préservant l’esprit de Saïgon. Elles sont l’âme de la ville, une partie indissociable de son identité, sans laquelle elle ne saurait être complète. Chaque ruelle, chaque foyer, chaque personne contribue à la symphonie de vie qu’est Hô Chi Minh-Ville. Et au cœur de cette symphonie, au plus profond de ces ruelles, demeure la véritable essence du Saïgon d’autrefois, une ville où passé et présent se rejoignent pour composer une mosaïque d’histoires, de rêves et d’un esprit inaltérable.

L’histoire de Hô Chi Minh-Ville - Saïgon est une toile tissée de luttes, de résilience et de renaissance. Gabriel García Márquez, lors de sa visite en 1979, y découvrit une ville au bord du gouffre. Aujourd’hui, Hô Chi Minh-Ville se dresse avec fierté, portée par une renaissance qui relie le passé au présent. Et les ruelles sont les fils qui tissent la riche tapisserie de Saïgon, une cité qui s’épanouit dans sa diversité et sa résilience.

Le célèbre écrivain colombien, prix Nobel de littérature 1982, auteur de Cent ans de solitude, se rappelait : « Xin chào các bạn » - Bonjour mes amis.
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