En juillet 2026, le gouvernement vietnamien a franchi un nouveau cap dans sa politique de cybersécurité en formulant une proposition de loi qui vise à encadrer l’activité numérique des jeunes de moins de 16 ans. Cette initiative s’inscrit au cœur des débats mondiaux qui entourent la protection de la jeunesse face aux risques des réseaux sociaux.


Un cadre législatif ciblant l’activité numérique des moins de 16 ans
Présenté fin juillet lors d’une réunion de travail organisée à Hanoï par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, ce projet de décret concernant les services d’information sur Internet marque un tournant majeur. L'objectif n'est pas d’interdire totalement l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes, mais de bloquer uniquement la possibilité d'interagir. Si ce projet est validé, les utilisateurs de moins de 16 ans se verront retirer le droit de publier du contenu, de rédiger des commentaires ou d’émettre toute réaction.
En pratique, cette mesure reposerait sur la responsabilité des parents. Chaque compte de mineur devrait être rattaché à celui d’un adulte référent, chargé de surveiller le temps d’écran et le contenu visionné. En parallèle, les éditeurs de jeux vidéo devraient eux aussi limiter le temps de jeu à 60 minutes par jour pour les jeunes.
Le gouvernement explique ce projet par la volonté de protéger la santé mentale des jeunes. Selon le vice-ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme Phan Tâm, l’objectif est de créer un environnement numérique plus sûr et sain pour éviter que les plus jeunes ne soient exposés trop tôt au cyberharcèlement, aux images violentes, aux contenus choquants ou aux jeux d’argent.
L’inquiétude des géants technologiques et les défis de mise en oeuvre
Face à ce projet, les grandes plateformes comme Meta et TikTok ont exprimé leurs inquiétudes lors des réunions organisées par le ministère. Selon elles, empêcher complètement les moins de 16 ans d’interagir poserait des problèmes techniques. Sans ces données d'activité (commentaires, likes …), leurs algorithmes auraient beaucoup plus de mal à détecter l’âge réel des utilisateurs.
Les entreprises mettent aussi en garde contre un risque de contournement. Si interagir devient impossible pour les moins de 16 ans, beaucoup de jeunes risquent de mentir sur leur âge au moment de créer leur compte. En se faisant passer pour des adultes, ils se retrouveraient exposés à des contenus encore moins adaptés, sans bénéficier des règles de sécurité prévues pour leur âge.
Au lieu d'une interdiction totale des interactions, les grands acteurs du web suggèrent plutôt d'interdire les messages privés venant d'inconnus, de renforcer la confidentialité par défaut des comptes de mineurs et d'améliorer les outils de contrôle parental. Ils demandent également au gouvernement un délai suffisant pour adapter leurs systèmes.
Une tendance mondiale
L’initiative du Vietnam s’inscrit dans un mouvement mondial qui vise à mieux encadrer les activités numériques des adolescents. En juillet 2026, la France a, elle aussi, voté une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, rejoignant ainsi d'autres pays comme l'Australie ou la Malaisie. Emmanuel Macron a d'ailleurs salué la démarche du Vietnam sur X en déclarant : « Merci de rejoindre le mouvement ».
La particularité de la méthode vietnamienne est qu'elle ne bloque pas la lecture, mais restreint uniquement les interactions publiques (publier, commenter, liker). Le projet cherche ainsi à protéger les jeunes du cyberharcèlement, tout en leur laissant l'accès aux contenus éducatifs et d'information. Les réunions à venir détermineront si le gouvernement maintient cette restriction ou s'il trouve un compromis avec les plateformes numériques.
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