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Billet d'humeur - Nola se confine et tente un retour au télétravail

Par Nola Benson | Publié le 10/04/2020 à 06:44 | Mis à jour le 10/04/2020 à 07:11
nola confinement teletravail

Tout a basculé la semaine du 15 mars. Entre l’annonce en France de la fermeture des écoles, puis du confinement dans les jours qui ont suivis, les cas qui ont explosé en Corée, l’arrivée de touristes contaminés et des Việt Kiều passés par l’Italie… Le Vietnam n’a fait qu’un bond, et nous aussi, même plusieurs, par ricochets. Aujourd’hui, l’État a tout fermé. Enfin Presque. Supermarchés, pharmacies, et stations service restent ouverts… C’est tout. 

Cette semaine a filé à une vitesse incroyable, j’ai quasiment même manqué de temps. 

Les séminaires textiles que je coordonne auprès d’une université ici en partenariat avec la France (et donc du coup, en ligne présentement) ont repris hier, et il m’a fallu me creuser les méninges pour arriver à trouver des idées créatives afin d’animer une journée entière sans être soporifique (ni pour moi ni pour eux) autour du thème des textiles. Autant dire que c’était mission quasi impossible.

Les joies du télétravail quoi.

Les jeudis, je commence à sept heures du matin, c’est peu évident de trouver la foi et d’être enjouée dès le saut du lit devant une e-foule que je ne vois ni n’entends pas. Autant je peux sans soucis me parler à moi-même à longueur de journée (pire encore depuis le confinement… on va finir par être plusieurs dans ma tête).

En même temps, comme tout se passe en ligne, je gagne une bonne demi-heure de sommeil car mon seul et unique trajet se limite au lit-bureau.

Je prends le temps de faire l’appel, de vérifier que tout le monde peut bien me voir et m’entendre, on papote sur le chat pour que les micros ne grésillent pas, je leur demande s’ils sont bien safe at home et m'assure que toute leur famille va bien (ils adorent que je m’inquiète autant), ce qui me prends environ une petite demi-heure. C’est génial comme temps gagné.

Quand enfin l’un des participants me demande moi comment je me porte, j’en profite pour faire quelques blagues, leur raconte une petite anecdote (qui malheureusement ne les fait pas rire / réagir), et voila que 45 minutes sont passées sans trop que je les subisse.

Après ces courbettes de politesse, il est temps de passer à la revue des planches tendance sur lesquelles ils travaillent. Là, les choses se compliquent. Déjà, je ne peux (ou ne sais) pas partager ce que je vois sur mon écran avec eux, du coup c’est un temps monstre perdu (et cette fois-ci, ça me fait beaucoup moins plaisir de perdre du temps ainsi) pour visionner toutes les planches en live. Et comme c’est un peu délicat de lyncher un rendu hors-sujet devant tous les autres participants, c’est de la gymnastique linguistique un chouïa acrobatique. 

Et je constate que mes directives données la dernière fois n’ont pas du tout été suivies / comprises. Déjà que les fichiers ne sont pas compressés donc mettent une éternité à se télécharger, je me raye la pupille devant une horreur. Je nage dans un bonheur électrique. 

Mon audio-public a payé cher pour cette formation ; alors que le contexte économique est plus que critique, il est impératif que j’assure afin de fidéliser ses fantômes du net, mais disons poliment que je ne suis pas aidée… 

Je tiens bon, après tout c’est bien ça qui paye mon loyer et me permet de manger!

J’ai eu peu de nouvelles de François cette semaine. Cet âne est allé courir sur le canal St Martin dimanche dernier, et le voilà cloué au lit avec une fièvre de cheval depuis mercredi. À ce rythme le confinement ne sera jamais levé si tout le monde se comporte comme des crétins… Du coup il dort à longueur de journée et pour une vie de couple, à distance, c’est bien nul.

Quelle période franchement, quelle période...

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