Le Vietnam séduit chaque année un nombre croissant de voyageurs attirés par la diversité de ses paysages, la profondeur de son histoire et la vitalité de ses traditions. Face à cet afflux, la nécessité de repenser les pratiques touristiques s’impose, notamment en matière de protection de l’environnement et de respect du vivant.
De plus en plus de visiteurs cherchent désormais à donner davantage de sens à leurs déplacements, en réduisant leur impact et en contribuant au développement local. Préservation de la biodiversité, mise en valeur des cultures régionales et retombées économiques plus justes : le pays s’engage progressivement dans cette transition.
Qu’est ce que le tourisme responsable ?
Voyager de manière responsable signifie prendre conscience de son empreinte sociale, environnementale et économique, et adapter ses choix en conséquence. Cela suppose une attitude respectueuse envers les populations d’accueil, l’adoption de gestes écologiques au quotidien et, lorsque cela est possible, un soutien aux initiatives de développement durable.
Dans ce contexte, le Vietnam fait évoluer son modèle touristique pour répondre aux défis du tourisme de masse et du changement climatique. L’objectif est de concilier attractivité, préservation des écosystèmes et valorisation des communautés locales, afin d’assurer un développement plus équilibré et durable.
Les défis du tourisme responsable au Vietnam
Le développement du tourisme durable au Vietnam, bien que ambitieux, se heurte à de nombreux défis, notamment la nécessité de concilier un secteur essentiel à l’économie nationale avec la limitation de ses impacts sociaux et environnementaux. Le manque de moyens financiers et humains, la sensibilisation inégale des acteurs locaux et la pression croissante du tourisme de masse fragilisent la protection de l’environnement et du patrimoine.
La gestion des déchets plastiques, la préservation de la biodiversité, la protection du patrimoine culturel face à la standardisation touristique ou encore l’adaptation au changement climatique constituent autant d’enjeux majeurs. Cependant, grâce à la richesse de ses ressources naturelles et culturelles ainsi qu’à ses paysages exceptionnels, le Vietnam dispose d’un fort potentiel.
En renforçant la coopération entre autorités publiques, entreprises et communautés locales, en investissant dans des infrastructures plus durables (transports, énergies renouvelables) et en misant sur un tourisme à plus forte valeur ajoutée plutôt que sur le volume, le pays peut transformer ces défis en opportunités et s’affirmer comme un acteur majeur du tourisme durable en Asie.
Quels gestes adopter pour voyager « responsable » ?
Si les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de pratiques touristiques plus responsables, celles-ci reposent avant tout sur la sensibilisation et l’engagement des voyageurs eux-mêmes. De nombreux gestes simples, adoptés à grande échelle, peuvent produire un impact significatif. Un tourisme responsable passe notamment par la priorité donnée aux mobilités douces (marche, vélo, transports en commun) et, pour les longues distances, par le choix des moyens de transport qui émettent le moins de gaz à effet de serre.
Adopter un comportement écologique en voyage implique également de refuser les activités polluantes ou nuisibles à la faune locale et de privilégier des alternatives plus éthiques. Faire appel à un guide local justement rémunéré permet d’enrichir l’expérience tout en favorisant des retombées économiques directes pour la communauté. S’immerger dans la culture locale via les chambres d'hôtes et des activités participatives contribue aussi à découvrir les traditions ancestrales tout en soutenant les habitants.
Enfin, un tourisme durable suppose une consommation plus mesurée des ressources. Réduire l’usage du plastique, notamment des bouteilles d’eau, limiter sa consommation d’eau (douches, piscines, spas) et éviter le recours systématique à la climatisation, particulièrement énergivore, constituent des gestes concrets pour diminuer son empreinte environnementale.
Consommation éthique
Consommer de manière responsable consiste à privilégier les produits locaux et artisanaux afin de soutenir directement l’économie locale. Au Vietnam, de nombreux marchés ethniques mettent en valeur les savoir-faire traditionnels, à l’image des célèbres marchés flottants du delta du Mékong, qui favorisent les échanges et les rencontres avec les habitants.
Par ailleurs, certaines boutiques proposent des produits artisanaux dont les bénéfices reviennent aux communautés productrices, garantissant ainsi un achat équitable, authentique et de qualité.
S’immerger dans la culture
Pour vivre une expérience de voyage à la fois immersive et respectueuse, il est essentiel de se familiariser en amont avec les codes de politesse et les usages du pays. Comprendre le poids de l’histoire dans les mémoires collectives implique également d’adopter une attitude respectueuse envers les lieux de mémoire et les sites commémoratifs. Cela peut se traduire par la visite de monuments et de sites historiques majeurs, tels que le champ de bataille de Dien Bien Phu ou les tunnels de Cu Chi, vaste réseau souterrain creusé à la main par les combattants du Viet Minh, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de Ho Chi Minh-Ville.
Pour mieux comprendre la culture vietnamienne, il est également important de prendre part aux festivités qui rythment le calendrier national, comme le Têt (Nouvel An lunaire) ou le Têt Trung Thu, la fête de la mi-automne.
Le respect de la faune animale
Par ailleurs, le tourisme animalier représente environ 7 % de l’industrie touristique mondiale selon l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies. Très développé dans des pays comme le Kenya, l’Australie ou l’Inde, il repose sur l’observation et parfois l’interaction avec les animaux dans leur habitat naturel. Pourtant, même animés de bonnes intentions, certains comportements perturbent les espèces, altèrent leurs habitudes ou nuisent à leur bien-être.
Le respect de la faune passe par des gestes simples mais fondamentaux : ne pas nourrir les animaux sauvages, garder ses distances, éviter les nuisances sonores et ne laisser aucun déchet derrière soi. L’accumulation de détritus sur certaines plages, parfois impropres à la baignade, rappelle que la protection des animaux et de leurs écosystèmes dépend aussi des comportements individuels des voyageurs.
Au Vietnam, les circuits de découverte de la nature et de la faune se sont multipliés dans les parcs nationaux et les réserves naturelles. Bien encadré, ce type de tourisme peut soutenir financièrement les efforts de conservation et sensibiliser les communautés locales à la protection de la biodiversité. Toutefois, il est essentiel de se renseigner en amont sur les activités proposées afin de s’assurer qu’elles respectent réellement les animaux et ne contribuent pas indirectement à leur exploitation ou à la dégradation de leur habitat.
Le cas de la montée à dos d’éléphant
En 2023, le Vietnam a officiellement mis fin à la pratique touristique de la montée à dos d’éléphant dans ses principaux sites, reconnaissant son caractère néfaste pour les animaux. Soumis à des conditions de dressage souvent brutales, à une surexploitation physique et à un stress constant lié à la captivité et à l’isolement, les éléphants subissent de graves atteintes à leur bien-être. Désormais, les expériences proposées s’orientent vers l’observation, l’éducation et des interactions limitées, dans une perspective de protection et de conservation.
Au-delà de la souffrance animale, cette activité avait également un impact écologique indirect. La demande touristique entretenait un système fondé sur la captivité plutôt que sur la préservation des éléphants dans leur habitat naturel. Les ressources financières étaient davantage dirigées vers des activités commerciales que vers la protection des populations sauvages et des forêts. De plus, la capture d’éléphants dans la nature fragilisait des groupes déjà menacés et perturbait l’équilibre des écosystèmes forestiers.
L’alternative responsable consiste à privilégier des sanctuaires éthiques interdisant toute monte et favorisant l’observation respectueuse des éléphants dans un environnement proche de leurs conditions de vie naturelles. Observer les animaux dans leur habitat naturel, avec des guides certifiés et dans des zones protégées, reste l’option la plus responsable.
Sur le même sujet







