PERSONNAGES DE LA REGION – Wilhelm Conrad Röntgen et la découverte des rayons X

Par Lepetitjournal Francfort | Publié le 01/06/2016 à 22:00 | Mis à jour le 02/06/2016 à 08:50

Qu'est-ce que le Français Louis Pasteur et l'Allemand Wilhelm Conrad Röntgen ont-ils en commun, mis à part que tous deux étaient des scientifiques passionnés voire même obstinés dans leurs recherches qui ont abouti à des résultats d'une telle envergure qu'on ne peut plus s'en passer aujourd'hui ? Réponse : les deux ont enrichi leurs langues respectives et sont devenus les "pères spirituels" de deux verbes, pasteuriser et röntgen. Néologismes à l'époque, ces mots sont aujourd'hui complètement intégrés dans leurs langues maternelles.

(Photo Wikipedia)

Lors d'une visite médicale un patient allemand ne sera pas surpris par la proposition de son médecin de se faire röntgen (faire une radio), un verbe tellement courant dans la langue allemande que très peu de locuteurs natifs connaissent son origine ou l'associent à la personne qui a servi de "modèle" à sa création. D'ailleurs ce mot a trouvé son chemin également dans les langues scandinaves et slaves, avec des noms dérivés comme Röntgenaufnahme ,Röntgenapparat  ou Röntgenstrahlen. Les langues romanes, par contre, utilisent la dénomination composée avec radio, telle que le français faire une radio(graphie), ou parlent de rayons x, nom que Röntgen lui-même a donné à sa découverte.

Des débuts difficiles

Fils unique d'un manufacturier de textile, Wilhelm Conrad Röntgen naît le 27 mars 1845 à Lennep, aujourd'hui un quartier de la ville de Remscheid en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. A trois ans, sa famille déménage aux Pays-Bas, pays natale de sa mère, pour des raisons financières. Le jeune Wilhelm Conrad n'a pas pu couronner sa carrière scolaire à l'École Technique d'Utrecht d'un diplôme parce qu'il a été expulsé à la suite d'une caricature de son professeur. Accusé d'en être l'auteur, la question du vrai "coupable" fait l'objet d'un grand nombre d'anecdotes et de spéculations. Sans baccalauréat et sans connaissances suffisantes de la langue néerlandaise, il ne réussit pas à être admis à l'université d'Utrecht en tant qu'étudiant régulier. Il s'inscrit donc en 1855 à l'école polytechnique fédérale de Zurich qui n'exigeait pas le baccalauréat, mais acceptait les étudiants après un examen d'entrée. En 1868, Röntgen obtient son diplôme en ingénierie mécanique et poursuit ses études en physique. Il fait sa thèse en 1869, devient l'assistant de son professeur de faculté, le physicien August Kundt et le suit à Wurtzbourg, où, toujours à la suite du baccalauréat manquant, il ne peut pas passer son habilitation. Avec Kundt, il se rend alors deux ans plus tard à l'université de Strasbourg où les règles sont moins strictes ; il y obtient son habilitation en 1874. A partir de 1875, il enseigne en tant que professeur extraordinaire en physique et mathématiques à l'académie agricole de Hohenheim (près de Stuttgart) et obtient une place comme professeur extraordinaire à Strasbourg un an plus tard. En 1879, à l'âge de 34 ans, il est nommé professeur titulaire à l'université de Gießen, où il travaillera jusqu'en 1888.

 (Photo IF lepetitjournal.com/francfort)

De la découverte des rayons x au prix Nobel

En 1888, l'université de Wurtzbourg réclame Röntgen. Quelle ironie : il s'agit de la même université qui avait refusé, quelques années auparavant, son habilitation. C'est pendant son professorat à Wurtzbourg que Röntgen, en 1895, fait sa plus importante découverte : les rayons X, dont il observe l'effet plus ou moins par hasard lors d'expériences sur les rayons cathodiques. Il ne comprend pas immédiatement l'envergure de son observation, mais entreprend avec acharnement des expériences subséquentes, surtout avec la main de son épouse placée sur le parcours des rayons. Comme leur nature est encore inconnue, il leur donne le nom de rayons X  (X-Strahlen), mot inconnu aujourd'hui dans la langue allemande, hors du monde de la science. Il écrit trois publications scientifiques par rapport à sa découverte, qui seront très vite traduites en anglais, français, italien et russe. La découverte s'est répandue à une vitesse exceptionnelle, vraisemblablement en raison de son utilité dans le secteur du diagnostic médical, compréhensible même aux profanes en médecine. Mais l'influence sur les collègues physiciens n'est pas moins importante : c'est déjà en février 1896 qu'Henri Becquerel, inspiré par la nature encore mystérieuse des rayons X, expérimente avec des matériaux luminescents et, aussi par hasard, découvre une nouvelle forme de radiation. C'est ainsi que la découverte des rayons X mène indirectement à la découverte de la radioactivité. En 1901, le premier prix Nobel de physique est remis à Röntgen. Becquerel, Pierre et Marie Curie se partageront le prix deux ans plus tard.
En 1900, Röntgen est nommé à la chaire de physique de l'Université Louis-et-Maximilien de Munich qu'il ne quittera plus jusqu'à la fin de sa carrière en 1920. Il meurt le 10 février 1923 à Munich, quatre ans après sa femme, d'un cancer de l'intestin. Respectant sa dernière volonté, Röntgen est inhumé dans le tombeau familial au cimetière Alter Friedhof de Gießen, là où reposaient déjà ses parents et sa femme.

Ingrid Frieg (www.lepetitjournal.com/francfort), jeudi 2 juin 2016

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