Lors des épisodes de canicule, les nuits ne permettent plus toujours au corps de récupérer. Une étude internationale publiée en 2025 montre que les températures nocturnes augmentent désormais plus vite que les températures maximales dans une majorité de grandes villes du monde. Un phénomène qui pourrait avoir des conséquences importantes sur le sommeil, la santé cardiovasculaire et le risque de déshydratation. On vous explique.


Ce qu'il faut retenir
- Les nuits deviennent plus chaudes dans 83 % des villes étudiées.
- Les températures nocturnes augmentent parfois plus vite que les températures de jour.
- Les épisodes de canicule sont plus fréquents qu'il y a 30 ans.
- Les nuits chaudes empêchent le corps de récupérer.
- Les personnes âgées et les logements mal ventilés sont les plus exposés.
Dans le monde, ce n’est plus seulement le jour qui chauffe…Mais la nuit aussi. Les températures minimales nocturnes augmentent désormais jusqu’à dix fois plus vite que les températures maximales…Alors qu'une nouvelle séquence de fortes chaleurs s'installe sur une grande partie de la France, une étude internationale rappelle que les nuits de canicule représentent un risque sanitaire souvent sous-estimé. Elle révèle aussi que dans 83 % des grandes villes du monde, les températures nocturnes augmentent de façon continue, supprimant progressivement toute phase de récupération pendant les canicules.
L’étude observe également une baisse généralisée de l’écart entre températures de jour et nocturnes
L’étude a été publiée par Climate Resilience for All et diffusée via GlobeNewswire le 20 novembre 2025. Elle se base sur 30 ans de données météorologiques (1994–2024) dans 100 grandes villes mondiales. L’analyse s’est faite notamment sur l’évolution des températures maximales, l’amplitude thermique entre le jour et la nuit et l’évolution de la fréquence des épisodes de canicule sur la période étudiée.

Des hausses nocturnes particulièrement rapides dans certaines villes
L’étude met également en évidence des accélérations très marquées dans certaines zones urbaines. À Melbourne, en Australie, les températures nocturnes augmentent en moyenne de 1 °C tous les 5,36 ans dans un contexte de climat tropical sec. À Dubaï, aux Émirats arabes unis, cette hausse est estimée à 1 °C tous les 8,81 ans dans un climat tropical humide.
L’étude observe également une baisse généralisée de l’écart entre températures de jour et nocturnes. Pendant la saison tropicale humide, plusieurs villes présentent les plus fortes diminutions de cet écart thermique, notamment Paris, Séoul, Samarcande, Portland, Koweït ou encore Abadan. Une tendance similaire est observée pendant la saison tropicale sèche, avec des villes comme Le Caire, Mumbai, Séoul ou Santiago parmi les plus affectées.

Nuits tropicales : deviennent-elles plus fréquentes ?
Au-delà des températures nocturnes, l’étude montre également une augmentation nette de la fréquence des épisodes de chaleur extrême.Les phénomènes de type tropical humide ont augmenté d’environ 37 % à l’échelle mondiale sur la période étudiée. Cette hausse atteint près de 50 % ou plus en Amérique centrale et du Sud, en Afrique et en Océanie. Les épisodes de type tropical sec ont, quant à eux, progressé de 13 % sur 30 ans, avec une augmentation particulièrement marquée en Australie, où la hausse atteint 29 %.
Si les canicules de jour sont de mieux en mieux alertées, est-ce le cas des nuits trop chaudes ? Selon l’étude, non.
Nuit chaude, un impact direct sur la santé humaine
Les chercheurs soulignent que la hausse des températures nocturnes représente un risque sanitaire majeur. Lorsque les nuits restent chaudes, le corps humain ne parvient plus à se refroidir correctement, ce qui empêche une récupération normale après l’exposition diurne à la chaleur.
Ce phénomène augmente les risques d’épuisement thermique, de déshydratation et de stress cardiovasculaire. Il perturbe également le sommeil, ce qui aggrave encore les effets physiologiques de la chaleur sur plusieurs jours consécutifs. Les nuits trop chaudes altèrent également la productivité au travail. Les employés exposés à ces conditions peuvent éprouver des difficultés de concentration, ce qui impacte directement leur rendement. Les populations les plus vulnérables sont identifiées comme les personnes âgées, les femmes et les habitants de logements mal ventilés.
Si les canicules de jour sont de mieux en mieux alertées, est-ce le cas des nuits trop chaudes ? Selon l’étude, non. Les grandes villes ne prendraient pas suffisamment en compte l’effet cumulatif des nuits chaudes. Larry Kalkstein, climatologue et auteur principal de l'étude estime que la chaleur nocturne est largement sous-estimée dans l’analyse des épisodes de canicule et dans les modèles de santé publique.

Comment dormir quand il fait trop chaud ?
Plusieurs gestes simples permettent de limiter l’inconfort thermique et de mieux dormir malgré la chaleur.
Manger léger le soir
Il est recommandé d’éviter les repas trop lourds avant de se coucher, car la digestion augmente la production de chaleur corporelle. Les plats gras, frits ou riches en fromage sont à limiter.
Bloquer la chaleur en journée
Une grande partie de la chaleur entre par les fenêtres. Lorsque les températures extérieures sont élevées, il est conseillé de fermer volets, stores et fenêtres pendant la journée afin de conserver la fraîcheur à l’intérieur.
Rafraîchir la chambre au bon moment
Il est important d’aérer uniquement lorsque les températures baissent, en soirée ou en début de nuit. Certaines astuces comme suspendre un drap humide à la fenêtre peuvent apporter un léger rafraîchissement. Le ventilateur peut aussi aider à faire circuler l’air, éventuellement avec un bac de glaçons placé devant pour renforcer l’effet.
Refroidir le lit avant de dormir
Placer les draps quelques minutes au congélateur ou utiliser une bouillotte refroidie au réfrigérateur permet de réduire la sensation de chaleur au coucher. Les matières respirantes comme le coton sont à privilégier.
Rafraîchir le corps
Une douche tiède ou fraîche avant de dormir aide à faire baisser la température corporelle. Une serviette humide ou une compresse froide peuvent également améliorer le confort au moment du coucher.
Bien s’hydrater
L’hydratation est essentielle pour maintenir la température corporelle. Il est conseillé de boire suffisamment avant de se coucher et de garder de l’eau à proximité du lit pour éviter les réveils nocturnes.
Adapter son environnement de sommeil
Dormir seul peut réduire la chaleur corporelle partagée, notamment en période de forte chaleur. Le choix du matelas joue aussi un rôle : certains matériaux comme la mousse retiennent davantage la chaleur que les matelas à ressorts.
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