La France organise le premier sommet international de l’Espace les 9 et 10 septembre 2026 à Paris. Ce sommet s’ancre dans un contexte spatial mondial très concurrentiel avec notamment les entreprises privées américaines SpaceX ou Blue Origin. Face à cette concurrence y a-t-il des outsiders européens ?


Cap sur les étoiles depuis Paris. Les 9 et 10 septembre 2026, la capitale française organise le premier sommet international sur l’Espace. Cet évènement est à l’invitation du Président de la République Emmanuel Macron et de ses envoyés spéciaux, l’astronaute Thomas Pesquet et l’entrepreneure Hélène Huby. Près de 120 délégations étrangères seront présentes pour ce sommet.
Le choix de Paris comme lieu pour organiser ce sommet n’est pas anodin. Il démontre une volonté de replacer l’Europe au centre des discussions, alors que la concurrence internationale s’accroît. Ce sommet est organisé autour de grandes priorités comme la sécurité, l’économie du spatial, la régulation et la préservation de l’espace comme bien commun.
Le sommet est organisé le mercredi 9 septembre de 13 h à 20 h 30 et le jeudi 10 septembre de 9 h à 17 h. Il se déroulera au Grand Palais à Paris, dont l’entrée principale se trouve au niveau du Square Jean Perrin, 17 avenue du Général Eisenhower, dans le 8e arrondissement.
Au programme, plusieurs tables rondes et ateliers sont prévus sur différents thèmes comme les enjeux de l’économie spatiale mondiale, la sécurité de l’espace, les sciences de l’espace ou encore les technologies spatiales. Rendez-vous sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, découvrir le programme complet du sommet international de l’Espace.
L’objectif de ce rendez-vous est clair : établir un dialogue international sur l’avenir de l’espace. Celui-ci n’est plus réservé aux agences spatiales et aux grandes puissances. Les satellites, qu’ils soient de communication, de navigation, d’observation de la Terre,de la météorologie ou de la défense, sont tous intégrés au quotidien des sociétés et des économies. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises ont investi dans l’espace comme Blue Origin, Virgin Galactic, Zhurong, SpaceX ou encore Perseverance. D’après Polytechnique Insight, le marché spatial serait de 1,8 milliard de dollars américains d’ici 2035. Un secteur où investir pour ces entreprises qui doivent cohabiter avec les opérations spatiales étatiques. Le cadre juridique de l’activité spatiale évolue au rythme des développements de ces nouveaux acteurs de l’espace.
Le traité sur l’espace extra-atmosphérique déclare l’espace comme un bien commun de l’humanité ; il ne peut appartenir à quelqu’un ou à un État. Depuis, les accords d’Artémis en 2020 ont permis d’établir des accords multilatéraux au sujet de la coopération spatiale. Une loi spatiale européenne de la Commission européenne de juin 2025 a été votée pour assurer le leadership de l’UE dans l’économie spatiale, face aux programmes spatiaux nationaux.
La coopération comme mot d’ordre de ce sommet international de l’Espace
« Le spatial n’est pas un Far West », affirme Thomas Pesquet, dans un entretien publié par le ministère français. Selon l’astronaute, l’espace doit être exploité « d’une manière cohérente et concertée ». La coopération est donc inéluctable. Certaines infrastructures reposent d’ores et déjà sur des données internationales en matière de navigation, de météorologie, d’observation de la Terre ou encore de télécommunications. La France et l’Italie ont affirmé leur volonté, à travers une déclaration du 25 juin 2026, de faire de l’Europe « une puissance spatiale de poids », grâce notamment à une industrie, « robuste, renommée, compétitive, performante et souveraine ».
La présidente de The Exploration Company, Hélène Huby, représentera lors du sommet international de l’Espace la partie entrepreneuriale et d’innovation privée de l’évènement, aux côtés de Thomas Pesquet, qui, lui, représentera la dimension scientifique et humaine.
Une entreprise franco-allemande, comme espoir du commerce spatial européen
The Exploration Company est une start-up franco-allemande, créée en 2021 et située à Munich et à Haillan, près de Bordeaux. Cette entreprise développe, construit et exploite la capsule spatiale Nyx. Ce véhicule cargo est une capsule réutilisable qui a pour objectif d’envoyer des astronautes et du ravitaillement vers la Station spatiale internationale.
L’entreprise développe également plusieurs propulseurs et moteurs-fusées. The Exploration Company s’est classée première entreprise spatiale européenne du classement Sifted 250 en 2025 et 27e du classement général, réalisé par le média Sifted, spécialiste des start-up et de la tech en Europe. Cette première place parmi les entreprises spatiales les plus prometteuses du continent confirme la progression et l’attractivité du commerce spatial européen, selon Gifas.
Les principaux concurrents de The Exploration Company sont des entreprises américaines, comme SpaceX d’Elon Musk, Blue Origin entreprise de Jeff Bezos, ou encore Sierra Space. Ce qui fait la différence pour l’entreprise franco-allemande, c’est que ces capsules peuvent être lancées par différents opérateurs. Cela fait de lui, selon le site de la Caisse des dépôts, le transport spatial le plus abordable et indépendant. Le premier vol d’inauguration de Nyx Earth est prévu pour 2028. Une mission achetée par l’Agence spatiale européenne parmi sept autres projets en compétition.
La start-up se retrouve au cœur de l’organisation de ce premier sommet à Paris. L’enjeu de ce rendez-vous pour The Exploration Company est de démontrer les capacités et l’autonomie de l’Europe dans la stratégie spatiale, en particulier face aux concurrents américains.
L’Inde en phase d’établir sa propre station spatiale d’ici 2035
Ce rendez-vous intervient au moment où The Exploration Company négocie une levée de fonds de 300 millions de dollars, selon Sifted.
































