À l’occasion de sa Convention internationale organisée les 19 et 20 mars à Paris, l’Association Progrès du Management (Apm) a réuni 6.000 dirigeants venus de 38 pays. Cet événement, qui marque également les 40 ans du réseau, met en lumière un thème emblématique de l’entreprenariat « L'Odyssée du dirigeant ».


Dès les premières minutes, le ton est donné Porte de Versailles à Paris ce 19 mars 2026. Le président du conseil d'administration Erwan Rouxel prend la parole « On voulait que ça commence autrement qu’avec un simple discours ». Il ne fait pas un discours formel, mais intervient dans une séquence plus large, conçue pour poser les grands thèmes de l’événement. la Convention internationale 2026 de l’association. Une violoniste monte sur scène, suivie d’un numéro de danse, apportant un rythme à l’ensemble.
La cérémonie réunit dans la salle, les membres volontaires de l'association, plongés dans une ambiance tamisée en plein jour. Les participants ont pu profiter d’un show animé par le maître de cérémonie David Abiker. Suite à la présentation et l’introduction du président, deux entrepreneurs partagent avec le public leur expérience dans l’entreprenariat. Jonathan Anguelov, cofondateur d’Aircall, une société de technologie franco-américaine, évoque, quant à lui, l’audace au quotidien : se lancer malgré les doutes, croire en son projet et avancer même lorsque rien n’est encore parfaitement en place. Hélène Darroze, cheffe française honorée de six étoiles Michelin, explique comment, au quotidien, la confiance dans son équipe devient un moteur pour surmonter les défis et durer dans le temps « On ne réussit jamais seul »
L’un des moments du show les plus marquants, se déroule sous la forme d’une plaidoirie nommée “le procès du dirigeant entrepreneur”, porté par deux avocates Aimée Kleiman et Noémie Gorin, pour débattre sans détour du rôle et des clichés de l’entrepreneur. De manière comique et ironique, l'effet est immédiat ! Le public rit , s’interroge et se reconnaît dans les situations évoquées.
« Étant chef d’entreprise, on est souvent seul à prendre des décisions. Là, on peut en parler autrement ».
Parler entre dirigeants, au-delà des fonctions
Créée en 1986 par Pierre Bellon, l’Association Progrès du Management repose sur une idée concrète : le développement de l’entreprise passe d’abord par celui du dirigeant. Cette approche s’écarte des modèles traditionnels de formation ou de conseil et a donné naissance à une organisation hybride, à la fois réseau, espace d’apprentissage et lieu de réflexion collective.
Quarante ans après sa création, l’Apm rassemble environ 9.000 dirigeants, répartis dans 432 clubs en France et à l’international. Ces membres sont exclusivement des décideurs occupant des fonctions de direction générale, principalement à la tête de petites/moyennes entreprises ou de taille intermédiaire. L’adhésion repose sur un processus de sélection encadré par les clubs eux-mêmes, qui veillent à équilibrer les profils et éviter toute concurrence directe entre membres. « On repart toujours avec une idée, un conseil ou une perspective qu'on aurait pas vu seul. » confie un des membres présent lors de l’évènement.
Le fonctionnement de l’association repose sur un principe simple : des rencontres mensuelles organisées à l’échelle des clubs. Chaque groupe, composé de 20 à 25 dirigeants, se réunit une journée entière autour d’une thématique donnée. Ces sessions sont animées par des intervenants extérieurs issus de disciplines variées (économie, sciences, philosophie, géopolitique) dont les apports servent de point de départ à des échanges.
Mais sur place, ce sont les discussions entre dirigeants qui marquent les participants “On vient ici pour prendre du recul mais aussi pour débattre, conseiller et s’entraider” explique un dirigeant rencontré lors de la Convention. « Étant chef d’entreprise, on est souvent seul à prendre des décisions. Là, on peut en parler autrement ». Les participants peuvent évoquer leur doute, leur choix ou leur difficulté, concernant des thèmes souvent négligés comme la santé mentale ou encore l’équilibre entre la carrière professionnelle et la vie personnelle.
« Cette richesse de profils reflète le milieu économique français ».
Une pédagogie fondée sur l’intelligence collective
À l’Apm, les dirigeants apprennent surtout les uns des autres. Les interventions d’experts servent de tremplin. Les vrais enseignements émergent ensuite des discussions entre membres, lorsqu’ils partagent leurs réussites, leurs doutes et leurs difficultés. « Beaucoup de nos adhérents nous disent : “Ma journée APM, elle est sanctuarisée dans mon emploi du temps. Et quand je reviens, mes collaborateurs me demandent ce dont on a parlé” », explique un représentant de l’association. Les échanges se déroulent dans un cadre confidentiel, permettant aux adhérents d’aborder des sujets parfois délicats, et de confronter différentes manières de faire face aux mêmes défis.
Lors d’une séance sur la gestion de l’incertitude, des dirigeants ont été confrontés à des cas pratiques inspirés de stratégies militaires ou de scénarios économiques complexes. « On essaie d’être immergé dans tout un tas de sujets qui nous apprennent à accepter et traiter l’incertitude », souligne l’APM. Les participants travaillent en petits groupes pour discuter des méthodes pour leurs propres entreprises.
L'Apm fonctionne comme une « école de questionnement » : l’idée est de provoquer la réflexion
L’association regroupe des dirigeants, issus de PME, ETI et grands groupes, partout en France et à l’international. La diversité est une force : hommes, femmes, entreprises familiales ou créateurs, urbains ou ruraux… « Cette richesse de profils reflète le milieu économique français et nourrit la réflexion de chacun ». Chaque club fonctionne autour d’un animateur permanent et d’experts invités. L’Apm se positionne différemment des cabinets de conseil, des écoles de commerce ou des réseaux professionnels traditionnels. Plutôt que de donner des solutions toutes faites, elle fonctionne comme une « école de questionnement » : l’idée est de provoquer la réflexion et de remettre en perspective les pratiques managériales.

Pour bien comprendre cette fameuse mise en perspective recherchée par l’Apm pour les dirigeants du monde entier, retour à la convention internationale le 19 mars. L’un des moments les plus marquants de cette ouverture a pris la forme d’une mise en situation : une scène de tribunal consacrée à l’entrepreneuriat. Deux avocates y ont proposé une plaidoirie contradictoire, l’une à charge, l’autre à décharge. À travers cet exercice, plusieurs dimensions du rôle de dirigeant ont été abordées : la prise de risque, la pression liée à la responsabilité, mais aussi les défauts et clichés de l’entrepreneur. Le format théâtral permettait de poser des questions de fond sans passer par une conférence classique.
Cette entrée en matière a ainsi donné un aperçu de la ligne adoptée par la Convention : croiser les approches, varier les formats et introduire des angles inattendus pour traiter de sujets connus. Cette Convention Internationale a été l’occasion de fêter les 40 ans de l’Apm. À cette occasion, le professeur et auteur Pascal Lardellier a publié un livre retraçant l’histoire de l’association, intitulé L’Odyssée de l’Apm, publié le 20 mars 2026. Dans cet ouvrage, l’auteur retrace un parallèle entre Ulysse et le dirigeant APM.
Sur le même sujet





































