

Le Daily Mail et la Dolce Vita
Le 25 mai 1959, le Daily Mail, quotidien de Londres, publie un article où il est question de l'excellence du système productif italien, qualifié de miracle économique. La même année, le Financial Times attribue à la "lira"la couronne de monnaie plus stable d'Europe. Le boom, qui porte le Pil italien à 6,2%, est animé par une extraordinaire tension morale et par l'envie de réussir.
Le premier totem de la modernité, pour une Italie qui a connu la faim, est un appareil avec une porte magique : elle s'ouvre, l'intérieur s'illumine et on aperçoit les délices de la cuisine italienne... Il s'agit du frigidaire, un outil produit aussi par le groupe Fiat. C'est l'époque où Anita Ekberg, l'actrice célèbre pour la "Dolce vita", refuse les avances d'un acteur coupable de lui avoir envoyé deux plantes, et non pas des roses....
Ensuite, les italiens sont conquis par l'électroménager. Ces derniers vont révolutionner la conception italienne du foyer et de la femme. La responsabilité du développement du pays passe, pour la première fois des "élites"à la "masse". Le strapaese, fondé sur la famille et sur les petites entreprises, explique le nouveau miracle de nos jours : la Fiat, qu'il y a trente ans les Américains avaient surnommé affectueusement "Fix It Again Tony !"a cause des nombreux problèmes de mécanique de ses autos, suscite aujourd'hui l'admiration pour le courage avec lequel elle s'est lancée dans l'opération Chrysler.

Le portrait de cette Italie a été évoqué ces jours-ci en deux occasions.
A Rome, à l'assemblée de Confindustria, où Emma Marcegaglia a souligné la force du système italien. Dans le point clef de son discours, longuement applaudi par les 2.700 délégués présents, la jeune Présidente de la Conféderation de l'Industrie italienne a invité le Premier Ministre italien a réaliser les reformes nécessaires, profitant du consensus qu'il a su construire autour de son action politique.
A Venise, aux Aspen seminars for leaders. Cette 17ème édition a été caractérisée par une curieuse entente cordiale entre Giulio Tremonti, ministre de l'économie et Président de Aspen Italie, et Romano Prodi, ex-Premier ministre et "père"de la nouvelle formation de la gauche italienne. Le commissaire européen Joaquin Almunia a participé à cette édition. Il a renouvelé son ambition d'améliorer le jeux d'équipe entre les Pays européens. L'objectif est celui de réaliser un welfare plus efficace et d'augmenter la productivité de l'Union européenne.
L'Aspen Institute est une organisation internationale à but non-lucratif, fondée en 1950 et destinée à encourager la leadership, les idées, les valeurs et le dialogue sur les problèmes contemporains, dans le cadre d'un scénario non idéologisé. L'Institut est financé par des fondations telles que la Carnegie Corporation, la Rockfeller Brothers Fund et la Ford Foundation.

Hier, à Rome, à l'occasion du G8 de l'Energie, Claudio Scajola, Ministre italien pour le développement, et Steven Chu, Secrétaire américain pour l'énergie, ont signé un accord Italo-Usa sur les technologies de "clean-coal", qui sont à la base dune collaboration dans le domaine du nucléaire en Italie. Le Summit est ouvert à 23 pays qui représentent le 80% de la production d'énergie de la planète. L'objectif de cette ouverture est celui d'arriver à l'approbation d'un document commun, le "G8 regulators energy statement". L'intervention de Sergei Shmatko, Ministre russe pour l'énergie est rès attendue.
Dans ce scénario international, l'action allemande, alimentée par le "vent de l'est", suscite un vif intérêt. Après Nord Stream, un projet contrôlé par Gazprom qui a préoccupé les européens et les américains, Siemens a décidé d'interrompre l'alliance, destiné à la construction de centrales nucléaires, avec le français Areva. Le partenariat stratégique est désormais signé avec le russe Rosatombb dont le chiffre d'affaire est d'environ mille milliards de dollars. L'entente entre Berlin et Moscou dessine un monde multi-polaire, où les États Unis ne sont plus l'unique grande puissance. L'opération Opel, et l'entrée de l'investisseur Magna (selon certains : une idée du Kremlin), semble faire partie de ce dessin. Dans une interview à Bild et au Spiegel, l'Ad de Fiat, Sergio Marchionne, a expliqué le potentiel qu'une synergie entre les deux groupes rend possible et pourquoi le plan industriel présenté par Fiat est le meilleur.
Redaction Toscane (www.lepetitjournal.com/Toscane) lundi 25 mai 2009.




































