Édition internationale

Au-delà de U2 et The Cranberries : 10 artistes irlandais à écouter

U2, The Cranberries, Sinéad O’Connor ou encore The Pogues ont installé la musique irlandaise sur la carte mondiale. Mais la relève ne manque pas. Du post-punk au R&B, en passant par la folk, la pop, la soul et le hip-hop en langue irlandaise, voici dix artistes et groupes de l’île d’Irlande à ajouter à sa playlist en 2026.

Fontaines DC Dopamine ChamberFontaines DC Dopamine Chamber
Écrit par Lepetitjournal Dublin
Publié le 24 août 2026, mis à jour le 30 août 2026

Quand on parle de musique irlandaise à l'étranger, quelques noms reviennent presque automatiquement : U2, The Cranberries, Sinéad O'Connor, The Pogues ou, plus récemment, Hozier. Pourtant, la scène actuelle va bien au-delà de ces références.

Ces dernières années, des artistes venus de Dublin, Belfast, Wicklow, Limerick et d'ailleurs ont trouvé leur place dans les playlists internationales, les grandes salles et les programmations de festivals. Post-punk, folk-pop, R&B, neo-soul, country décalée ou rap en irlandais : difficile, justement, de parler d'un seul « son irlandais ».

1. Fontaines D.C., Dublin à la conquête du monde

Difficile de commencer ailleurs. Formé à Dublin, Fontaines D.C. est passé en quelques années des petites salles de la capitale aux plus grands festivals internationaux. Venu du post-punk, le groupe de Grian Chatten n'a cessé d'élargir son terrain de jeu, jusqu'au succès de Romance en 2024 et de titres comme Starburster et Favourite.

Et l'histoire continue. Fontaines D.C. vient d'annoncer son cinquième album, Dopamine Chamber, attendu le 16 octobre 2026. Le premier single, Marianne, laisse entendre une nouvelle évolution, avec davantage de synthétiseurs et une atmosphère plus froide et cinématographique. Les informations et précommandes sont disponibles sur le site officiel de Fontaines D.C..

À mettre sur la playlist : Marianne, Starburster, Favourite.

2. Hozier, bien plus que Take Me to Church

Andrew Hozier-Byrne, originaire du comté de Wicklow, est désormais l'un des artistes irlandais les plus reconnaissables dans le monde. Si Take Me to Church l'a propulsé sur le devant de la scène il y a plus d'une décennie, sa carrière s'est construite bien au-delà de ce premier tube.

Sa musique combine folk, blues, soul, gospel et songwriting contemporain, avec une voix immédiatement reconnaissable. Le succès de Too Sweet a encore élargi son public, tandis que son univers continue de remplir aussi bien les playlists que les grandes scènes. En 2026, il a notamment retrouvé Mumford & Sons sur le titre Rubber Band Man.

À mettre sur la playlist : Too Sweet, Francesca, Take Me to Church.

3. Kneecap, le rap irlandais qui ne passe pas inaperçu

Direction Belfast avec Kneecap. Le trio a réussi quelque chose qui semblait encore improbable il y a quelques années : faire entrer le rap en langue irlandaise dans les festivals et salles de concert du monde entier.

Le groupe mélange irlandais et anglais sur des productions où se croisent rap, rave, électronique, acid house et culture club. Son deuxième album, FENIAN, sorti en mai 2026, poursuit cette trajectoire avec une production signée Dan Carey.

Pour le public dublinois, le prochain rendez-vous est déjà fixé : Kneecap se produira au 3Arena de Dublin le mercredi 16 décembre 2026. Les billets sont disponibles via la billetterie officielle Ticketmaster.

À mettre sur la playlist : FENIAN, H.O.O.D., Better Way to Live.

4. CMAT, la country-pop irlandaise sans complexe

CMAT, de son vrai nom Ciara Mary-Alice Thompson, a développé l'un des univers les plus reconnaissables de la pop irlandaise actuelle. On y trouve de la country, de la pop, beaucoup d'humour, une bonne dose de mélodrame et des textes capables de passer d'une rupture amoureuse à l'économie irlandaise sans prévenir.

Son troisième album, EURO-COUNTRY, sorti en 2025, lui a permis de franchir un nouveau cap. Après Glastonbury, Primavera et de nombreuses dates internationales, CMAT s'est imposée comme une artiste de scène aussi importante que ses enregistrements.

À mettre sur la playlist : EURO-COUNTRY, Take A Sexy Picture Of Me, I Wanna Be A Cowboy, Baby!.

5. Dermot Kennedy, entre folk intime et grandes salles

À l'autre extrémité du spectre se trouve Dermot Kennedy. Le Dublinois a bâti son succès sur une combinaison de folk, de pop et de productions électroniques, portée par des textes très directs et une voix facilement reconnaissable.

Son parcours illustre aussi la capacité des artistes irlandais à passer des petites scènes locales aux tournées internationales. En 2026, il poursuit cette trajectoire autour de son album The Weight of the Woods, après avoir joué devant le public irlandais à l'Aviva Stadium durant l'été.

À mettre sur la playlist : Power Over Me, Better Days, Funeral.

6. The Coronas, les vétérans qui remplissent toujours les salles

The Coronas ne sont plus exactement des nouveaux venus. Le groupe dublinois existe depuis plus de quinze ans, mais reste l'une des valeurs sûres du circuit live irlandais.

Leurs derniers albums ont continué à atteindre le sommet des classements en Irlande et le groupe conserve un public fidèle bien au-delà du pays, notamment au Royaume-Uni, en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. En 2026, plusieurs de leurs concerts irlandais affichent encore complet.

Leur force reste une recette simple et efficace : grandes mélodies, refrains faits pour être repris en concert et cette capacité assez irlandaise à transformer une chanson légèrement mélancolique en moment collectif.

À mettre sur la playlist : San Diego Song, Addicted to Progress, Heroes or Ghosts.

7. Biig Piig, entre Dublin, Londres, l'Espagne et l'électro

Biig Piig, nom de scène de Jessica Smyth, représente une autre facette de cette génération. Irlandaise au parcours très international, elle a grandi entre plusieurs pays et développé une musique qui refuse volontiers de choisir entre R&B, pop électronique, trip-hop et musique de club.

Son premier album 11:11, sorti en 2025, a confirmé cette identité mouvante. Elle a poursuivi avec de nouveaux titres en 2026, notamment I Don't Wanna Hurt You. Le résultat fonctionne aussi bien au casque tard le soir que dans une programmation de festival.

À mettre sur la playlist : I Don't Wanna Hurt You, Favourite Girl, 4AM.

8. Kingfishr, la folk irlandaise version grandes scènes

Formé à Limerick, Kingfishr fait partie des groupes qui ont connu une ascension particulièrement rapide. Eddie Keogh, Eoghan McGrath et Eoin Fitzgibbon mélangent folk, pop et grandes envolées pensées pour la scène, avec quelques traces de folk irlandaise sans chercher à reproduire un son traditionnel.

Leur premier album Halcyon, sorti en 2025 et depuis décliné dans une édition deluxe, a accompagné une expansion internationale impressionnante. Leur calendrier de concerts passe désormais par l'Europe et l'Amérique du Nord, tandis que des titres comme Killeagh sont devenus de véritables hymnes auprès du public irlandais.

À mettre sur la playlist : Killeagh, Diamonds & Roses, The Blade.

9. Bricknasty, le son de Ballymun sans mode d'emploi

Avec Bricknasty, on change encore de décor. Le collectif dublinois, étroitement lié à Ballymun, quartier du nord de Dublin, mélange R&B, neo-soul, jazz, hip-hop, psychédélisme et, parfois, musique traditionnelle irlandaise.

Le groupe s'est forgé une réputation particulièrement solide sur scène, en Irlande comme à l'étranger. Après le projet BLACKS LAW, Bricknasty a poursuivi son exploration musicale en 2026 avec le single bobinov. Le résultat peut être doux pendant trente secondes puis complètement imprévisible juste après. C'est précisément l'intérêt.

À mettre sur la playlist : bobinov, mouthy, guilt2001.

10. Aby Coulibaly, le R&B dublinois aux racines sénégalaises

Dernier nom de cette sélection, et probablement l'un de ceux à suivre de très près : Aby Coulibaly. Originaire de Dublin et issue d'une famille aux racines sénégalaises, elle développe une musique à la croisée du R&B, de la neo-soul, de la pop et du rap introspectif.

Son univers associe les influences du R&B des années 1990 à son expérience dublinoise et à des références liées à ses racines sénégalaises. En juin 2026, sa performance au festival Europavox à Clermont-Ferrand a notamment été filmée par ARTE Concert, nouveau signe d'une visibilité croissante en Europe.

Après des morceaux comme Rewind et Patience, elle a continué à publier de nouveaux titres en 2026, dont Control et It's Too Late.

À mettre sur la playlist : It's Too Late, Control, Rewind.

Une scène irlandaise beaucoup plus large qu'un seul genre

Ce qui réunit finalement ces dix artistes n'est pas vraiment un son. C'est plutôt leur capacité à partir d'une identité locale très forte, sans se laisser enfermer dans une définition traditionnelle de la « musique irlandaise ».

Fontaines D.C. peut passer du post-punk aux synthétiseurs, Kneecap faire rimer langue irlandaise et rave, CMAT détourner les codes de la country américaine, Bricknasty mélanger jazz et hip-hop depuis Ballymun, tandis qu'Aby Coulibaly fait dialoguer Dublin, le R&B contemporain et ses racines sénégalaises.

Alors oui, U2 et The Cranberries resteront probablement longtemps dans les playlists consacrées à l'Irlande. Mais en 2026, il y a largement de quoi ajouter quelques morceaux après With or Without You et Zombie.

Photo principale : Fontaines D.C. "Dopamine Chamber" LP

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