Décidément, les projets de salles de bal de Donald Trump avancent rarement sans obstacle. Aux États-Unis, une cour fédérale d’appel avait ordonné l’arrêt du chantier controversé de la Maison-Blanche, avant que la Cour suprême n’autorise provisoirement la poursuite des travaux. De l’autre côté de l’Atlantique, le projet d’une autre salle de bal portée par la famille Trump, cette fois à Doonbeg, petit village irlandais, voit son calendrier ralenti… par un escargot de deux millimètres !


Autorisé en février par le comté de Clare, le projet de salle de bal du complexe Trump de Doonbeg n’a pas encore franchi toutes les étapes administratives. La présence d’un escargot protégé dans les dunes voisines oblige désormais le promoteur à fournir de nouvelles études environnementales.
Il ne mesure qu’environ deux millimètres, mais il pourrait imposer plusieurs mois supplémentaires de patience à la famille Trump. Dans le comté de Clare, la future salle de bal de Donald Trump à Doonbeg est désormais soumise à de nouvelles évaluations environnementales en raison de la présence de Vertigo angustior, un minuscule escargot protégé.
Le projet n’est toutefois ni abandonné ni définitivement refusé. L’autorité irlandaise chargée des recours en matière d’urbanisme, An Coimisiún Pleanála, estime simplement ne pas disposer de toutes les informations nécessaires pour rendre sa décision. Plusieurs études complémentaires ont donc été demandées à la société qui exploite le complexe.
Une salle de bal de 1 240 m² pour 320 personnes
Le projet concerne le Trump International Golf Links & Hotel, installé sur la côte atlantique à proximité du village de Doonbeg. Les plans prévoient la construction d’un bâtiment de plain-pied d’environ 1 240 m², capable d’accueillir jusqu’à 320 personnes.
La nouvelle salle remplacerait notamment l’actuel chapiteau utilisé pour les événements. Elle comprendrait un espace de réception, un bar, plusieurs salons, une suite nuptiale ainsi qu’une terrasse partiellement couverte.
Le Clare County Council a accordé son autorisation le 24 février 2026, mais en l’assortissant de 14 conditions. L’une d’elles impose au complexe de préparer un plan de gestion, de conservation et de suivi de l’escargot avant le début des travaux, comme le rapportait alors Reuters.
Pourquoi cet escargot pèse-t-il autant dans le dossier ?
Les dunes de Carrowmore, autour de Doonbeg, sont classées zone spéciale de conservation. La fiche officielle du National Parks and Wildlife Service identifie Vertigo angustior, également appelé escargot vertigo à bouche étroite, comme l’un des intérêts écologiques protégés du site.
L’espèce est particulièrement sensible aux modifications de son microhabitat et aux variations des conditions hydrologiques. Or les travaux de terrassement, les excavations et la construction des fondations pourraient modifier la circulation des eaux souterraines dans les dunes.
An Coimisiún Pleanála réclame donc une étude hydrologique plus complète, une nouvelle évaluation des incidences écologiques ainsi qu’une mise à jour du document Natura consacré aux effets cumulés du projet. Le dossier environnemental transmis avec la demande décrit lui-même l’état de l’espèce sur le site comme étant en « déclin terminal ».
Un recours individuel, mais un dossier plus complexe
L’autorisation délivrée en février a été contestée par Liam Madden, un homme de 76 ans installé dans le comté de Longford et bien connu des services d’urbanisme irlandais. Habitué des recours, il estime notamment que les documents déposés ne respectent pas entièrement la législation irlandaise sur l’aménagement.
Madden est le seul tiers à avoir fait appel de l’autorisation. Mais présenter l’affaire comme un simple duel entre Donald Trump, un opposant et un escargot serait incomplet. La société TIGL Ireland Enterprises Ltd, qui exploite le complexe, a elle aussi déposé un recours contre l’une des conditions liées à la protection de Vertigo angustior.
Selon les informations publiées par The Journal, l’entreprise a jusqu’au 29 octobre 2026 pour transmettre les nouvelles études demandées.
À Doonbeg, le complexe Trump reste un acteur économique important
Le projet bénéficie du soutien d’une partie des habitants et des associations locales. Le complexe emploie jusqu’à 300 personnes pendant la haute saison et attire une clientèle internationale dans une région très dépendante du tourisme.
Cette proximité entre le village et la famille Trump ne date pas d’hier. Dès 2017, LPJ Dublin racontait déjà la popularité de Donald Trump auprès de nombreux habitants de Doonbeg.
Le resort doit également accueillir l’Amgen Irish Open du 10 au 13 septembre 2026, l’un des grands rendez-vous sportifs organisés cette année dans le comté de Clare, présenté dans notre sélection des événements sportifs à suivre en Irlande en 2026.
Une décision attendue à la fin de l’automne
An Coimisiún Pleanála avait repoussé sa date de décision au 25 novembre. La demande de nouveaux rapports pourrait néanmoins prolonger davantage l’examen du dossier. L’autorité pourra finalement confirmer l’autorisation, en modifier les conditions ou refuser le projet.
Il est donc trop tôt pour affirmer que la salle de bal ne verra jamais le jour. À défaut d’avoir arrêté le chantier avant même son commencement, le plus petit habitant des dunes de Doonbeg en a déjà imposé le tempo.
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