

Aimé Césaire est décédé hier à l'hôpital Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France (photo AFP)
Hier midi, la Martinique s'est endeuillée. Hospitalisé depuis mercredi 9 avril, Aimé Césaire est mort à 94 ans.Maire de Fort-de-France, et député de Martinique pendant 50 ans, Aimé Césaire était également un homme de lettres. Parmi ses ?uvres les plus importantes, on peut noter Discours sur le colonialisme, Cahier d'un retour au pays natal ou Lettre à Maurice Thorez.
Né à Basse-Terre, en Martinique, en 1913, Aimé Césaire était un homme engagé contre le colonialisme, le racisme, et toute forme d'oppression. En 1934, à Paris pour ses études, il a fondé son premier journal L'étudiant noir. C'est dans cette rubrique qu'est apparu pour la première fois le terme de "négritude". Plus qu'un simple mot, le mouvement de la négritude a été créé par Césaire -avec aussi notamment son ami de longue date, Léopold Sédar Senghor- en réaction à l'oppression culturelle du système colonial français. Car Césaire était un grand amoureux de l'Afrique et de sa richesse culturelle, trop souvent, selon lui, dévalorisée par le racisme colonial.
"Je suis de la race de ceux qu'on opprime"
Profondément humaniste, Césaire était le chantre du mouvement d'émancipation des noirs. Dans ses écrits d'abord, avec Discours sur le colonialisme, puis politiquement. En 1945, il a été élu maire communiste de Fort-de-France, poste qu'il a quitté en 2001 au profit de Serge Letchimy. Il a rompu avec le PC en 1956, en raison de son opposition sur la question de la Hongrie, pour fonder le Parti Progressiste Martiniquais (PPM), très populaire Outre-Mer.
Plus récemment, il s'était exprimé publiquement lors des débats de 2005 sur la "colonisation positive". La même année, il avait d'ailleurs refusé de recevoir un certain Monsieur Sarkozy indiquant : "Je n'accepte pas de recevoir le ministre de l'Intérieur(?) parce que, auteur du Discours sur le colonialisme, je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu". Soutien de Ségolène Royal durant la dernière campagne présidentielle, il avait fini par recevoir Nicolas Sarkozy, lui aussi candidat. Hier, le président de la République a d'ailleurs tenu à saluer un "esprit libre et indépendant"prédisant qu'Aimé Césaire resterait "un symbole d'espoir pour tous les peuples opprimés". Des obséques nationales sont d'ores et déjà prévues, même si aucune date n'est avancée pour le moment.
Jusqu'à la fin de sa vie, Aimé Césaire est resté fidèle à lui-même et à ses principes. A 94 ans, il laisse derrière lui un héritage fort de combats et d'idéaux.
Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) vendredi 18 avril 2008
En savoir plus :
Littérature - Aimé Césaire
Sénior Planet - S'il suffisait d'aimer Césaire ?
Potomitan - Entretien avec Aimé Césaire
Le Parisien - Aimé Césaire "le besoin de rugir"
L'Express - La vie d'Aimé Césaire en diaporama






















