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25ème édition de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse

Par Béatrice Bernier-Barbé | Publié le 02/05/2018 à 22:00 | Mis à jour le 04/05/2018 à 17:49
Photo : RSF
25ème édition de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse-Reporters sans frontières

La journée mondiale de la liberté de la Presse est un événement international mis en place il y a un quart de siècle par l’UNESCO. Cette année, l’édition se déroule les 02 et 03 mai à Accra, au Ghana.

Le thème principal abordé sera : Médias, justice et état de droit, les contrepoids du pouvoir. Ce sera l'occasion de rappeler l'importance de la transparence du processus politique, de la responsabilité des institutions de l'État vis-à-vis du public, de l'indépendance du système judiciaire et de ses connaissances en terme de médias.

Chaque année, Reporters Sans Frontières réalise un classement mondial, véritable baromètre sur la liberté de la presse dans 180 pays à travers la planète. Cette ONG recense et défend les journalistes et influenceurs victimes d’exactions. Elle propose également aux citoyens de s’informer sur les censures et le non respect du droit à l’information à travers des dossiers réalisés dans le monde entier : les enquêtes interdites sur le droit des femmes et les difficultés rencontrées par les journalistes qui enquêtent sur le sujet, un rapport sur les attaques contre la presse libre au Cambodge, ou encore les chiffres alarmants en 2018 sur le nombre de journalistes tués, détenus, otages et disparus dans le monde.

 

Le prix Guillermo Cano (prix mondial de la liberté de la presse UNESCO)

Depuis 25 ans, ce prix est décerné à une personne, une institution ou une organisation dans le monde qui a œuvré à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse, au dépend de sa propre vie. L'appellation de ce prix rend honneur au journaliste colombien Guillermo Cano Isaza, tué devant les locaux de son journal à Bogota en 1986.

Cette année, c'est le photojournaliste égyptien Mahmoud Abu Zeid (Shawkan) qui est sélectionné pour être le lauréat de l'édition. Il a été incarcéré en aout 2013 alors qu'il couvrait une manifestation au Caire. En 2017, le procureur veut le condamner à la peine capitale. Son arrestation et sa détention sont considérées comme arbitraires et contraires aux droits et aux libertés garanties par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ainsi que par le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques.

 

25ème édition de la journée mondiale de la liberté de la Presse

 

Les lauréats des années précédentes

2017: Dawit Isaak, originaire de l'Erythrée, est en détention depuis 2001, année durant laquelle il a été arrêté lors d'une opération de répression contre les médias. Le monde reste sans nouvelles de lui depuis 2005 et le lieu dans lequel il a été mis en détention n'est pas connu.

2016: Khadija Ismayilova, originaire de l'Azerbaïdjan, est une journaliste indépendante et collaboratrice au service de Radio Free Europe. Elle est incarcérée depuis fin 2014. L'année suivante, elle est condamnée à 7 ans de prison pour évasion fiscale et abus de pouvoir.

2015: Mazen Darwish, originaire de la Syrie, est juriste et défenseur de la liberté de la presse. C'est également le président du Centre syrien des médias et de la liberté d'expression (CMFE), fondé en 2004. Son journal « Voice » et son site d'information indépendant syriaview.net ont été interdits par les autorités du pays. Il est arrêté en 2012 avec ses collègues Hani Al-Zitani et Hussein Ghareer. À l'heure actuelle, les trois hommes sont toujours en prison.

2014: Ahmet Sik, originaire de la Turquie, est un journaliste d'investigation indépendant, membre du syndicat turc des journalistes. En 2011, il effectue un an de détention préventive et est accusé d'appartenir à une organisation terroriste et risque 15 ans d'emprisonnement. Il est blessé en 2013 alors qu'il couvre des manifestations à Istanbul.

 

L'UNESCO et le Sénégal, une alliance de longue date.

Le Sénégal a rejoint l'UNESCO en 1960 et s'est ainsi engagé à être un des pays phares dans lequel se poursuivent les objectifs de l'organisation.

Ensembles, ils visent à contribuer à maintenir la paix, la prospérité et la sécurité de l'humanité en participant aux activités de l’UNESCO pour favoriser la compréhension mutuelle des nations et la connaissance, imprimer une impulsion vigoureuse à l’éducation populaire, diffuser la culture, aider à la préservation, à l’avancement et à la diffusion du savoir.

 

RSF

 

Le classement mondial de la liberté de la presse en 2018.

Chaque année, Reporters sans Frontières publie un classement mondial par pays (180 au total). Le nombre de journalistes, journalistes citoyens et collaborateurs tués y est répertorié. Cette année, c'est la Norvège, la Suède et les Pays-Bas qui se hissent à la première, seconde et troisième place du classement.

Pour information, la France arrive à la 33ème position. Elle gagne 6 places par rapport à 2017 mais inquiète depuis plusieurs semaines le monde des médias et des influenceurs en étant sur le point de voter la fameuse loi du Secret des affaires. Le rachat de la chaine de télévision Canal+ en décembre dernier par le groupe Bolloré (sous couvert de Vivendi) a également fait couler beaucoup d'encre dans le milieu de la presse. Notons également que le mois dernier, deux journalistes furent blessés par les forces de l'ordre à Paris alors qu'ils couvraient une manifestation contre les réformes du gouvernement. Jan Schmidt-Whitley a été victime d’un tir tendu de grenade. En explosant, l’engin a blessé ses deux mains, nécessitant une intervention chirurgicale. Il était pourtant tout à fait identifiable comme photographe de presse. Une autre photographe Karine Pierre a également été blessée à la clavicule par les forces de l’ordre lors de la même manifestation.

De son côté, le Sénégal occupe la 50ème place et en gagne 8 par rapport à l'année précédente. Ainsi, la Constitution de 2001 garantit la liberté de l'information. Néanmoins, les médias locaux déplorent l'adoption en juin 2017 d'un code de la presse qui ne dépénalise pas les délits de presse et prévoit la saisie des supports de diffusion et la fermeture d'organes de presse en cas d'atteinte à la sécurité de l'État.

Loin derrière dans le classement, on retrouve l'Argentine, la Pologne, le Niger, la Côte d'Ivoire, le Bénin ou encore le Togo.

Enfin, la Chine, La Syrie, Le Turkménistan, l'Erythrée et la Corée du Nord occupent respectivement les dernières places du classement (de 176 à 180). En Corée du Nord, le régime totalitaire en place depuis 2012 maintient la population dans l'ignorance totale. Tous les moyens de communications (presse, internet...) sont contrôlés et censurés. Se permettre de consulter le site d'un média à l'étranger peut vous faire valoir un séjour en camp de concentration ! C'est ce qu'on appelle la cyber-censure, et certains gouvernements dictatoriaux sont passés maîtres dans l'art. RSF (Reporters Sans Frontières) les appelle les prédateurs connectés à la censure amplifiée. Leur mode opérationnel est le suivant : Désinformer en produisant des informations en leur faveur ensuite relayés par les réseaux de sympathisants ; amplifier cette désinformation à travers des messages de propagande relayés grâce à des outils informatiques (Social Bots, commentateurs payés, sponsoring publicitaire) ; intimider en noyant le contenu journalistique dans des messages de propagande et en attaquant de front les journalistes afin de discréditer leur travail et leurs sources.

 

Les influenceurs et leur rôle primordial à l’ère du numérique

Un/ une influenceur(euse) est une personne qui, grâce à internet et aux réseaux sociaux bénéficie d’une forte présence sur les canaux digitaux (Web). Aujourd’hui, les grandes marques font toutes appel à des influenceurs pour influencer le comportement d’achat et de consommation des internautes abonnés (followers). Le processus est devenu incontournable, même dans le monde du journalisme car, aujourd’hui, le monde de la Presse ne peut pas se contenter de journalistes dit « classiques et traditionnels ». Elle doit prendre en compte une autre cible, celle des influenceurs (blogers et youtubeurs), des personnes qui n’ont pas forcément une formation de journaliste mais qui s’engagent, souvent en plus de leur(s) activité(s) professionnelle(s), à commenter l’actualité dans la région où ils vivent à travers des « posts » comprenant des vidéos, des photos et des témoignages. À titre d’exemple, la chaine de télévision France 24 propose depuis quelques années à des influenceurs qu’elle appelle « observateurs » dans le monde entier de poster des images ou/et des vidéos amateurs d’actualité qui souvent dénoncent les difficultés rencontrées au quotidien par les populations locales. Les thèmes traités vont des nicaraguayens qui s’organisent contre les pillages récurrents qu’ils subissent en s’armant de battes et de pierres pour défendre eux-mêmes leurs biens, en passant par la pénurie d’eau courante à Bouaké filmée par un ivoirien qui dénonce la galère quotidienne.

 

Mandione Laye Kébé est un influenceur sénégalais photographe qui, depuis 2017, fait de plus en plus parler de lui et de son initiative citoyenne qui alerte et fait réagir la communauté Save Dakar au sein de laquelle il cherche à sensibiliser les internautes (toute nationalité confondue) sur l’importance de rendre à la capitale sénégalaise son respect du bien commun, de l’environnement et du civisme.

 

Vous l'aurez compris, exercer le métier de journaliste et d'influenceur(euse) n'est pas sans risque. Depuis le 1er janvier 2018, 20 personnes ont déjà perdu la vie en exerçant leur métier de journalistes/ influenceurs et 317 autres sont actuellement privées de leur liberté.

Alors, profitons de cette journée mondiale pour leur rendre hommage et leur dire: MERCI.

 

La liberté de la presse présente des inconvénients. Mais moins que l'absence de liberté. François Mitterrand

 

N’attendez pas qu’on vous prive de l’information pour la défendre. RSF

 

 

 

"Quand je serai grand, je serai journaliste"

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