

Pour lutter contre les infections, l'hôpital de Rambouillet va tester le cuivre dans deux services. A terme, ce métal antibactérien pourrait investir le reste de l'établissement
(Photo DR)
Si les Anglais ne sont pas très bons en rugby, ils ont parfois de bonnes idées en matière de santé ! L'université de Southampton a réalisé une étude en 2006, qui mettait en lumière les propriétés antimicrobiennes du cuivre. C'est ainsi qu'aujourd'hui, deux services de l'hôpital de Rambouillet, ont remplacé robinets, rampes et poignées, avec ce métal "curatif".
Du cuivre en pédiatrie et en réanimation
A la suite d'un partenariat mis en place avec le Centre d'information du cuivre, qui fournit 400 kg de cuivre soit 2.500 euros de matière première, l'hôpital s'est engagé à installer puis mesurer l'efficacité des nouveaux équipements. "Dans le service pédiatrie, nous allons regarder si le cuivre permet de limiter les très nombreux cas de bronchiolites et de gastro-entérites contractées à l'hôpital entre septembre et mai", explique le Dr Patrick Pina, chef du service hygiène de l'hôpital et responsable de l'étude clinique. "Dans le service réanimation, nous allons contrôler les bactéries multi-résistantes et comparer les résultats obtenus à ceux des années précédentes", ajoute-il.
Reste que les autorités sanitaires françaises ne sont pas emballées par cette expérimentation : elles n'ont pas apporté leur soutien à cette opération, la première dans un hôpital français. Pourtant, plus de 750.000 cas d'infections nosocomiales dont 4.000 conduisent à la mort du patient sont comptabilisés chaque année en France.
Des propriétés antibactériennes connues
Si l'apparence du cuivre peut inquiéter les patients au premier regard, ses capacités intrinsèques pourraient faire fleurir ce métal dans les hôpitaux français. "En s'oxydant, le cuivre prend une teinte terne, qui peut donner l'impression que le matériau est usé ou taché. En réalité, il éradique constamment les bactéries à 99,9 % grâce à son pouvoir antibactérien naturel, puissant, et permanent", explique Olivier Tissot, directeur du Centre d'information du cuivre.
"L'expérimentation prendra fin en décembre 2012 et, si les résultats sont concluants, nous pourrons décider de l'étendre à d'autres services", conclut le Dr Pina. Une prise de conscience qui serait bénéfique selon Claude Rambaud, présidente du Lien, une association d'information et d'aide aux victimes d'infections nosocomiales et d'accidents médicaux. "Cette expérimentation est une excellente nouvelle, car nous sommes face à des bactéries tueuses et, aujourd'hui, les antibiotiques ne suffisent plus, la prévention non plus", a-t-il expliqué.
J.B (www.lepetitjournal.com) mardi 11 octobre 2011
Voir aussi :
France Soir - La méthode miracle contre les infections nosocomiales
Le Figaro - Du cuivre pour lutter contre les infections à l'hôpital






















