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COPTES - Les coptes d'Egypte fêtent le Nayrouz

Hier, la communauté copte a célébré son entrée dans une nouvelle année, l'année 1732 de leur calendrier, avec de nombreuses messes et repas commémorant le martyr fondateur du calendrier copte.

Le « Nayrouz » est ainsi l'occasion de porter un regard sur une communauté importante et historique de l'Egypte ancienne et présente.

Un martyr fondateur pour l'Eglise copte égyptienne

Le « Nayrouz » copte égyptien est unique dans le monde, et remonte à la période pharaonique, quand en 283 après J.C., l'Empereur romain Dioclétien, furieux de voir les Chrétiens de Babylone résister à la religion de l'Empire, fit torturer et exécuter des milliers de ces « hérétiques », notamment dans des arènes face aux lions du Cirque, ou bien crucifiés.

Le calendrier copte égyptien prend donc ses racines à cette date, expliquant pourquoi nous n'entrons que dans l'année 1732.

Ce martyr originel se retrouve dans toutes les célébrations de la Nouvelle Année, ou « Nayrouz ». dans les prières rituelles bien sûr, mais aussi dans les symboles qui émaillent les festivités. Ainsi, les deux fruits récurrents et symboles des fêtes de Nouvel An sont la datte rouge et la goyave.

Outre leur origine endémique à l'Egypte et son pourtour, ramenant bien le culte à ses origines géographiques, ces fruits représentent par leur couleur et leur chair le sacrifice des martyrs à leur foi. Le rouge de la datte est ainsi le sang versé, mais la chair blanche du fruit est la pureté de leurs coeurs, et le noyau de chaque datte est la force et l'espoir qu'ils ont raffermi en chacun des survivants. La goyave, blanche de chair aussi, symbolise également la pureté de la foi des martyrs tandis que ses nombreuses graines représente le nombre de morts qu'on célèbre.

 

Un calendrier antique toujours utilisé

Le calendrier copte, ou du moins ses divisions calendaires, sont fondées sur l'observation des crues du Nil, et utilisé depuis l'Egypte pharaonique. D'ailleurs, l'origine étymologique du mot « Nayrouz » renvoie au mot « rivière ». On retrouve donc 13 mois de 28 jours, avec 3 grandes saisons : la crue, la floraison, et les récoltes et semailles. Et le nom des mois fait intervenir différentes divinités antiques comme Thot (Thout), Ator (Hator)?

D'une précision assez inégalée quant au rythme des cultures liées au Nil, le calendrier est toujours utilisé par le populations agricoles de Haute-Egypte et du Delta, quelque soit leur religion, ce qui lui confère une popularité toujours renouvelée.

 

Une communauté toujours ancrée au coeur de l'Egypte

Cette année, les célébrations de Nayrouz ont été marquées par des prières adressées pour les 21 chrétiens coptes exécutés par Daesh en Syrie après avoir été enlevés, un crime qui avait ému l'Egypte d'abord et le monde entier, preuve que la liberté de foi est toujours un enjeu près de 1800 ans après le massacre originel des chrétiens d'Egypte.

Et dans un registre moins funeste, on peut remarquer la présence encore considérable des coptes dans la vie économique et sociale de l'Egypte, notamment à Alexandrie d'une part, siège épiscopal de Théodoros II, pope de tous les coptes, et Héliopolis, où cathédrales, écoles et lycées chrétiens rythment les journées de nombreux cairotes. On remarquera aussi la riche présence de coptes parmi les propriétaires fonciers, une présence francophile et francophone qui offre un toit à de nombreux expatriés à Maadi ou ailleurs. 

 

Cathédrale St Marc à Héliopolis - by Yasser Nazmi - (c) CreativeCommons

Bonne année donc à tous les chrétiens d'Egypte, et rendez-vous dans 10 jours pour célébrer une autre nouvelle année avec la communauté musulmane.

 

Quentin Boissard (www.lepetitjournal.com/le-caire) - Dimanche 13 septembre 2015

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