Des élections législatives se tenaient hier mardi 6 avril au Groenland pour élire un nouveau parlement. Ce scrutin anticipé faisait suite à la crise politique qui sévit depuis février au sujet d’un projet minier à Kvanefjeld / Kuannersuit dans le sud de l’île.
Inuit Ataqatigiit opposé au projet remporte les élections
Le parti Inuit Ataqatigiit (IA), formation de gauche et écologiste, opposé à l’exploitation de ce gisement d’uranium et de terres rares, a remporté le scrutin avec 36,6 % des voix. Il devrait obtenir 12 sièges sur les 31 que compte le parlement local, l’lnatsisartut, mais faute de majorité absolue, IA devra s’associer avec un ou deux autres partis pour constituer un gouvernement de coalition.
Múte Bourup Egede, député depuis 2015, devenu chef de ce parti depuis deux ans, deviendrait ainsi vraisemblablement le prochain Premier ministre à l’âge de 34 ans.
Son parti s’est aussi engagé lors de la campagne à signer l'accord de Paris sur le climat. Le Groenland est particulièrement touché par le réchauffement climatique.
Les enjeux de ce scrutin : l'environnement ou davantage d'indépendance
Le parti Siumut social-démocrate qui dirigeait le précédent gouvernement a obtenu 29,4% des suffrages. Il soutenait le projet considérant la mine comme un moyen d’accéder à plus indépendance vis à vis du Danemark qui contribue à un tiers du budget de l’ile, soit 520 millions d’euros.
La zone arctique est devenue depuis plusieurs années le centre de nouveaux enjeux internationaux avec notamment la problématique de l’accès aux terres rares et c’est la raison pour laquelle ces élections ont été si suivies.