Dans la ville ocre, la communauté homosexuelle, touristes ou résidents, tombe dans des pièges de plus en plus violents perpétrés par un gang de prostitués

Photo P.Verger
Toujours le même mode d'approche, par l'intermédiaire du site "gayromeo", longue discussion, rendez-vous pris et malheureusement le bonheur s'arrête là. Cette bande opère de la même façon avec un Sénégalais qui a plusieurs "pseudos" Alya, Idriss ou Moussa. Si les témoignages actuels sont assez discrets, certains gays, qui ont échappé de justesse à l'arnaque et à la bastonnade voire au couteau, sont plus prolixes sur leur mésaventure. Nous avons bien entendu changé les noms des protagonistes. Si ce résident a d'abord eu une discussion tout à fait normale avec le fameux Moussa, arrivé chez lui alors qu'il prône des relations non tarifées, son compagnon le met devant un chantage odieux. Le dénommé Moussa se fait passer pour un mineur et lui demande de l'argent sinon il va tout raconter à la police. Jean ne se laisse pas faire et le jette hors de chez lui. Moindre mal pour lui mais l'aventure continue pour Alex. Il n'ose pas le faire sortir de force de chez lui mais lui propose de lui remettre l'argent dehors. Il en profite pour s'enfermer et laisser "Alya" dans la rue. Mais ce dernier reviendra plus tard avec plusieurs de ses amis en colère et armés.
Agressés puis coupables
Ces 2 jeunes hommes ont commencé à alerter la communauté gay de Marrakech. Malgré cela ils vont découvrir d'autres actes d'agressions beaucoup plus graves. Comme ce touriste qui fut torturé pour donner son numéro de carte bancaire ou celui-ci qui s'est retrouvé tabassé et blessé grièvement à la gorge avec un tesson de bouteille. Depuis quelques mois, la communauté homosexuelle de Marrakech, résidents ou touristes, sont agressés et rackettés par une dizaine d'africains, Sénégalais ou Maliens. Le chantage à la vidéo ou à la minorité du truand sont les deux principaux moyens d'agresser leurs proies. Un collectif de défense est né afin d'enrayer cette escalade de violence. Il a adressé aux pouvoirs publics, à la justice, aux nights clubs et à toute la communauté gay une note explicative des faits. Le problème principal c'est que la plupart des agressés se taisent de peur de devenir coupables à cause de leur orientation sexuelle. Les exemples sont malheureusement nombreux où les gays attaqués sauvagement ont voulu porter plainte et se sont retrouvés en prison de 48 heures à 3 mois ! La police s'occupe de plusieurs plaintes et les renseignements généraux en collaboration avec la police touristique sont sur le terrain pour trouver les fameux coupables. Être agressé en 2011 pour ses penchants sexuels c'est retourner au Moyen-Age et à la chasse aux sorcières. Mais que peut faire une victime dans une société où une certaine "différence" sexuelle est passible de peines de prisons?
Pierre Verger (www.lepetitjournal.com/marrakech.html) mercredi 20 juillet 2011




































