

Le Centre Culturel Français (CCF) de Phnom Penh a changé de direction il y a maintenant quelques mois. Après une visite guidée du centre, Olivier Planchon, nouvel attaché culturel et directeur-adjoint, nous raconte son parcours autour d'un café
(Photo OD)
"Notre priorité principale est de contribuer à favoriser l'émergence d'une scène artistique cambodgienne". Olivier Planchon, fines lunettes et yeux pétillants, est confiant quant à l'avenir de la culture khmère. Arrivé au poste de directeur-adjoint du Centre Culturel Français (CCF) de Phnom Penh en octobre 2010, ce Brestois d'origine de 47 ans est déjà comme un poisson dans l'eau dans ce nouveau pays
Un parcours international
"A l'origine j'étais conservateur de bibliothèque dont celle du 11e arrondissement de Paris, puis j'ai travaillé à la direction des Affaires culturelles de la ville". Mais si aujourd'hui Olivier Planchon voit sa carrière se dérouler à l'étranger, c'est grâce à un pur hasard. "Dans un couloir, j'ai fait la connaissance de la personne en charge du bureau des bibliothèques du ministère des Affaires étrangères. Nous avons sympathisé et elle m'a appris l'ouverture d'un poste à Casablanca", raconte-il en entamant son café à l'ombre du jardin du CCF. C'est donc au Maroc qu'il entame sa première mission au sein de l'univers des Centres Culturels. En charge de la modernisation et de l'informatisation de la bibliothèque, il reste au Maghreb quatre ans avant de s'envoler vers l'Argentine, pour un poste semblable. "Dans les années 90, le ministère était dans une logique de développement de son réseau culturel à l'étranger, c'était donc très intéressant de travailler sur place à cette époque". En 2002, après cinq ans à Buenos Aires, il retourne en France. Dans la capitale, il est alors en charge des bibliothèques françaises à l'étranger et continue ainsi ses projets de réaménagement et de formation des agents à distance.
"Vers 2006, il y a eu des réformes importantes au ministère conduisant à la suppression de moyens et de bureaux", souligne t-il en allumant une cigarette. C'est à partir de cette période de "trou noir" que l'appel de l'étranger lui revient. Il cherche alors un nouveau poste, tente de venir au Cambodge mais atterri à Vientiane en tant que directeur adjoint du Centre de langue française. "J'ai découvert l'Asie en arrivant au Laos, ce pays est très agréable. Je m'y suis vraiment plu". Quatre ans plus tard son v?u initial est alors exaucé avec son arrivée récente au Cambodge.
Poursuivre les projets déjà entrepris
En tant que nouvel attaché culturel du CCF, le but d'Olivier Planchon est avant tout de permettre à l'identité culturelle khmère de se montrer et de s'émanciper. "Le Cambodge est un pays qui a une très grande culture. Mais il existe très peu de lieux pour la montrer. On travaille donc énormément avec les artistes khmers afin de favoriser leur émergence à l'échelle mondiale". A ce niveau le directeur-adjoint du CCF est optimiste."Dans quelques années la classe moyenne supérieure aura des envies de consommations culturelles. C'est cela qui va contribuer à susciter un marché, pour la langue française bien sûr, dont la diffusion est un sujet qui me tient beaucoup à c?ur, mais aussi dans le domaine culturel où ces évolutions permettront au Cambodge de se poser comme un acteur majeur sur la scène internationale. Les gens sont bourrés de talents ici!" , s'exclame t-il.
Si on demande à Olivier Planchon quels projets il aimerait entamer pour ces prochaines années, c'est avec sourire qu'il répond que son "premier projet est surtout de ne pas casser ce qui a été lancé". "Des choses fabuleuses ont été faites !" , souligne t-il avec enthousiasme. Parmi ces réalisations il fait référence au festival de théâtre qui met en avant les 21 formes du théâtre khmer, au festival de danse, ou encore au cinéma itinérant qui se balade de village en village dans les provinces cambodgiennes et enfin au rendez vous PhotoPhnomPenh qui expose des ?uvres d'une vingtaine de photographes cambodgiens. Pour ce qui est des nouveaux projets, il a quelques idées mais préfère ne pas les révéler. " Bien sûr, nous travaillons à des projets de modernisation du Centre et de ses installations, et dans le domaine des cours, nous lançons de nouvelles propositions, par exemple des ateliers le samedi. Sur le plan culturel, je ne suis là que depuis trois mois et c'est très court pour connaitre un pays. Il ne faut pas se précipiter. D'abord observer puis comprendre" , explique t-il. Cela ne fait que trois mois qu'il est arrivé et pourtant, Olivier Planchon en sait déjà beaucoup sur l'état actuel de la culture khmère.
Océane Debert (www.lepetitjournal.com/cambodge.htlm) mercredi 2 février 2011













