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PORTRAIT-Kompheak Phoeung, professeur cambodgien de littérature française

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 19/11/2008 à 02:00 | Mis à jour le 09/01/2018 à 20:15

Kompheak Phoeung est professeur de littérature à l'Institut des Langues étrangères de Phnom Penh, là où il avait suivi ses premiers cours de français, il y a une dizaine d'années. Après des études en France, il enseigne dans son pays natal et obtiendra bientôt son doctorat en lettres modernes. Portrait d'un cambodgien amoureux de la langue de Molière

(Source Photo: LPJ-Cambodge)
Un parcours atypique
Issu d'une famille de paysans, rien, à première vue, ne destinait Kompheak à une carrière dans la littérature française. Lorsqu'on lui demande ce qui a déclenché son intérêt pour la langue, il se souvient des chansons, mais surtout des films des années 60-70's que lui montraient ses parents lorsqu'il était petit. « C'est un héritage familial » dit- il, qui a fait naître son envie d'étudier le français. Kompheak débute ses premiers cours à l'âge de 15 ans, à hauteur de 5 heures par semaine. Puis après avoir obtenu son baccalauréat en 96, il intègre l'Institut des Langues Etrangères de Phnom penh, où il obtiendra, quatre ans plus tard, une licence de français. Son excellent niveau lui permet de bénéficier de bourses, d'abord dans son propre pays. Kompheak nous explique qu'au Cambodge, « une bourse permet seulement de couvrir les frais d'inscription » et, à l'époque, d'acheter trois pains grâce aux 1000 riels accordés par mois. Mais c'est grâce à une bourse du gouvernement français, en coopération avec l'ambassade, qu'il s'envole pour la France pour continuer un master à l'université Stendhal de Grenoble. Une époque difficile dont il se souvient bien : « En deux ans, je me suis fais deux véritables amis ». Le système de la fac où personne ne connaît personne, la cité universitaire?« Cela m'était égal, j'étais là pour étudier », raconte-t-il.

Un passionné de littérature française
Kompheak est allé pour la première fois en France en 1998, lors d'un séjour linguistique offert par ses parents. Aujourd'hui, il travaille comme professeur au Département d'Etudes Francophones de Phnom Penh pour pouvoir, bientôt, terminer sa thèse à Paris. Une ville où « la moindre photocopie coûte déjà cher » et un niveau de vie qu'il ne peut, pour l'instant, pas se permettre. Son doctorat lui pose également d'autres problèmes, car « Il n'y a pas de docteur en littérature au Cambodge?». Il est donc difficile, dans ces conditions, de trouver un maître de thèse. Pas évident non plus d'étudier un auteur cambodgien, Kong Bun Chhoeurn, dont la moitié des romans ont été brûlés sous les khmères rouges. « C'est un homme qui a traversé l'histoire cambodgienne », un sujet qui lui tient particulièrement à c?ur, même si Kompheak a eu plus d'une fois l'envie de tout abandonner. En parallèle, il enseigne la littérature française à ses étudiants à qui, il espère transmettre sa passion. « Je les fais travailler sur des textes de Maupassant, des adaptations cinématographiques d'ouvrages. Ils sont parfois découragés » explique-t-il. Ses auteurs français préférés ? Henri Troyat, Michel Tournier?Mais ce qui lui donne avant tout la force de continuer, c'est l'envie de peut-être, un jour écrire ses propres romans : « J'ai déjà été édité au Cambodge sous un pseudonyme, et j'ai une proposition en France? » même si il est conscient qu'il est difficile d'en faire son métier.
Johanna Pons (LepetitJournal, Cambodge) Mercredi 19 Novembre 2008

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