

Et si on "couchsurfait"? Derrière ce néologisme un peu barbare, se cache une façon de voyager, un peu hippie diront certains, mais surtout enrichissante, argueront les autres. Phnom Penh aussi a son rendez-vous de "surfers"
"Surfer sur les canapés", c'est un moyen de parcourir le monde sans se ruiner, tout en rencontrant des locaux. Le principe? S'inscrire sur le réseau en ligne de couchsurfing, et s'arranger pour se faire héberger chez l'habitant, gratuitement, dans le lieu choisi. La seule contrepartie de cet accueil gracieux est d'accepter, à son tour, de laisser des globe-trotters profiter de son propre canapé. Car le couchsurfing, c'est avant tout un état d'esprit, celui du partage. Cette communauté compte aujourd'hui plus de deux millions et demi de membres, soit autant de personnes potentielles pour occuper votre canapé?
Et la tendance gagne le Royaume. Le pays compte environ 400 couchsurfers, ce qui le place à la 106e place des pays les plus représentés par cette communauté. Chaque mercredi, ses membres, hôtes ou surfers, se donnent rendez-vous autour d'un verre au Local 2, à partir de 19h30. L'occasion de trouver un hôte, de faire de nouvelles connaissances ou de raconter leurs expériences. Au-delà de l'hébergement, ces bourlingueurs veulent avant tout rencontrer d'autres globe-trotters. D'ailleurs grâce à ce système, on dit que même les hôtes "voyagent"; à travers la rencontre d'une nouvelle personnalité, de sa culture, de ses différences?etc. On ne s'étonnera pas alors, de croiser lors de ce rendez-vous hebdomadaire, des personnes ne "surfant" pas. Chacun est le bienvenu, tant que l'envie est au partage. Témoignages.
Benjamin, 26 ans, français, voyage au Cambodge depuis 5 jours. Couchsurfer novice. "Couchsurfer, c'est découvrir le monde, rencontrer des gens et partager des cultures"
"C'est ma première expérience de couchsurfing. Je me suis inscrit sur le site un mois avant de partir. J'ai envoyé trois demandes, et David a accepté. C'est un Philippin qui vit au Cambodge depuis quelques années. Il a été vraiment très arrangeant, et j'ai pu m'organiser comme je le voulais. A mon arrivée, j'ai rejoint des amis français, et David nous a tous invité au restaurant. Le lendemain, nous étions conviés chez des amis à lui, pour un barbecue. Il s'est aussi chargé de me faire découvrir les coins sympas de Phnom Penh. La seule contrainte, c'est que je suis totalement dépendant de ses horaires pour pouvoir aller et venir chez lui. Pour ce qui est du couchage, je partage son lit. Alors, j'ai d'abord été surpris, et ai eu quelques doutes, mais finalement tout est vraiment réglo. Sur le site internet, il est possible de lire les commentaires des gens ayant déjà séjourné chez votre hôte, et David n'en avait que de très positifs. Je pars bientôt pour Ho Chi Minh Ville. J'ai eu une proposition d'hébergement, mais c'est pour dormir par terre, car ils n'ont même pas de canapé! C'est étonnant, beaucoup de couchsurfer ont des tout petits appartements mais jouent tout de même le jeu de l'accueil! Pour voyager comme ça, il faut avoir le goût de la découverte, mais pas celui du confort."
"Je me suis inscrit sur le réseau de couchsurfer en 2005, et ai beaucoup voyagé depuis. Je surfe plus que je n'accueille à vrai dire. Ici, à Phnom Penh, je n'ai pas trouvé d'hôte. Il est vraiment difficile de trouver des places dans les villes très touristiques. Mais je viens quand même aux rencontres de couchsurfers, car, au-delà du principe d'hébergement, nous sommes surtout là pour rencontrer des gens de nouveaux horizons. D'ailleurs, les hôtes y gagnent: beaucoup d'entre eux n'ont pas forcement les moyens de voyager, alors ils amènent le monde dans leur salon. C'est ça l'esprit du couchsurfing. C'est une ouverture sur le monde, et les gens qui le peuplent. C'est sûrement une des choses positive que la mondialisation apporte. Cette possibilité de prendre rendez-vous avec de nouvelles rencontres, grâce à un site internet. Je n'ai eu que des bonnes expériences jusque-là. Tout est basé sur la confiance. Peu de personnes ne le font que pour l'économie d'argent. Moi, d'ailleurs, j'en laisse souvent en partant?".
A noter que le couchsurfing est mixte, mais qu'il appartient à chacun de choisir ses hôtes ou ses surfers. Au Cambodge, vous trouverez des canapés à Phnom Penh en majorité, mais également à Siem Reap, Battambang, Kampot?etc. Et pour ceux qui souhaiteraient ouvrir leur salon, le rendez-vous est lancé!
Sophie Mollin (www.lepetitjournal.com/cambodge.htlm) lundi 7 février 2011
Rendez-vous tous les mercredis à partir de 19h30 au Local 2: #8, Street 144, Riverside, Phnom Penh. http://www.thelocal-cambodia.com
Pour rejoindre la communauté, ou en savoir plus sur le couchsurfing: http://www.couchsurfing.org



































