Édition internationale

SOCIAL - Le Centre Kram Ngoy ou l’aide au développement par la formation technique

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Samedi, le Centre Kram Ngoy (CKN), centre de formation professionnelle, fêtera son quinzième anniversaire. Son fondateur, Im Saroeun, est franco-khmer. Il partage son temps entre la France et le Cambodge

Formation au dépannage radio (photo CKN)

Le Petit Journal : Vous êtes à la fois Français et Cambodgien. Quels sont vos liens avec ces deux pays ?
Im Saroeun : Après avoir fait mes études supérieures en France dans les années 1950, je suis revenu travailler au Cambodge. J'étais statutairement professeur à l'université mais en fait, j'ai été appelé à exercer des fonctions de responsabilité. A l'époque, le Cambodge manquait de ressources humaines et il fallait assumer beaucoup de tâches. J'ai quitté le Cambodge fin 1974, quelques mois avant la chute de Phnom Penh, pour aller enseigner à Montpellier. C'est là que je vis actuellement.

LPJ : En 1992, vous avez été à l'initiative du Centre Kram Ngoy. Pourquoi avoir créé une telle association ?
Im Saroeun :
Il y avait plusieurs raisons, mais deux principales : premièrement, mon attachement à mon pays natal et au développement de la solidarité, par la conjugaison des efforts de l'ensemble de la Diaspora cambodgienne en France, au sein d'une association. La deuxième raison était ma volonté d'aider le Cambodge à se relever des années noires et à palier son manque de ressources humaines, surtout techniques.

LPJ : Quels sont les programmes en cours au CKN ?
Im Saroeun : Nous avons deux grands groupes de programmes : la formation et l'aide au développement. Nous avons monté des formations à Phnom Penh, des formations itinérantes en province et des formations de formateurs. Notre programme d'aide au développement inclut la promotion des filles techniciennes, l'enseignement de la technologie dans les lycées, l'électrification rurale et les énergies renouvelables.

LPJ : Quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien ?
Im Saroeun : Nous faisons face à trois difficultés majeures. Notre petite taille et notre recherche d'autonomie nous amènent à faire partiellement payer la formation, alors que certaines grandes ONG dispensent des formations gratuites. La culture agraire ou fonctionnaire de notre société ne lui permet pas de voir dans la technicité un atout de compétitivité. Enfin, nous devons faire face à la croissance des universités qui attirent la jeunesse loin de la technique, jugée trop pénible et peu prestigieuse.

LPJ : Des succès ?
Im Saroeun : Des succès, pas encore?Disons quelques satisfactions. Nous avons déjà formé des centaines de jeunes qui ont trouvé du travail, et des formateurs et formatrices qui font fonctionner notre structure. Nous avons expérimenté avec succès le transfert de technologie entre la France et le Cambodge. Nous contribuons au développement de l'électricité rurale. Le CKN jouit d'une certaine reconnaissance internationale et nous nous félicitons d'avoir mis en place une structure alliant la formation technique à la pratique.

Aurélie COLLADON. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) jeudi 15 novembre 2007

Pour plus d'informations, rendez-vous sur http://ckn.free.fr/

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Publié le 15 novembre 2007, mis à jour le 13 novembre 2012
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