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NORODOM SIHANOUK – Ultimes préparatifs avant le coup d’envoi des cérémonies

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 31/01/2013 à 00:00 | Mis à jour le 31/01/2013 à 00:07

 

Phnom Penh mettait mercredi la dernière main aux préparatifs des funérailles de l'ex-roi du Cambodge Norodom Sihanouk, décédé à Pékin en octobre et à qui la Nation toute entière rendra un dernier hommage pendant quatre jours, à partir de vendredi.

Tout le centre-ville sera bouclé vendredi : les autorités attendent plus d'un million de personnes pour des cérémonies qui débuteront, à l'aube, par une procession lors de laquelle le corps du défunt monarque sera transporté du palais royal vers le bûcher funéraire, dans un parc voisin, à bord d'un char doré en forme d'oiseau mythologique. Celui qui se faisait appeler "Monseigneur Papa" y restera jusqu'à lundi avant que sa veuve, la reine Monique, et son fils Norodom Sihamoni, en faveur duquel il avait abdiqué en 2004, n'allument le bûcher. "C'est notre dernier hommage afin de dire au revoir au roi, notre grand héros", a déclaré solennellement Hun Sen, Premier ministre et homme fort du pays, lors d'un discours à la radio.

Sihanouk est décédé à Pékin le 15 octobre, à l'âge de 89 ans. Tour à tour Premier ministre, chef de l'Etat, roi dont la vie a épousé tous les drames du pays, le petit homme volubile, décrit comme manipulable, aura pourtant prouvé sa remarquable intelligence et son art des alliances contradictoires. Celui que la puissance coloniale française avait dès 1941 installé sur le trône, a accompagné les soubresauts de son pays depuis l'indépendance jusqu'à la guerre civile, en passant par "l'âge d'or" des années 50 et 60, et la terreur des Khmers rouges. Mais les Cambodgiens semblaient vouloir ne retenir que le meilleur d'un homme qui a pourtant été très dur avec ses adversaires. Et n'a reculé devant aucun calcul politique, comme lorsqu'il a fait alliance avec le régime de Pol Pot (1975-1979), responsable de la mort de deux millions de personnes.

Le corps embaumé comme Mao

Les fêtes, célébrations joyeuses et autres réjouissances ont été annulées ou reportées et les Cambodgiens priés de porter un ruban noir en signe de deuil. Depuis trois mois, des portraits géants d'un Sihanouk tout sourire ont été disposés dans les rues de la capitale. Le corps de Sihanouk aura entre-temps reposé au palais, conformément à une tradition déjà respectée en 1960 après la mort de son père Norodom Suramarit. Des experts cambodgiens et chinois l'ont embaumé au moyen d'un procédé sans doute analogue à celui utilisé pour le corps du leader chinois Mao Tsé-toung, décédé en 1976 et toujours visible, avait à l'époque expliqué l'aide de camp du souverain, le prince Sisowath Thomico.

De nombreux dirigeants asiatiques seront présents pour la crémation, ainsi que le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, représentant l'ancienne puissance coloniale. Quelque 10.000 membres des forces de l'ordre seront déployés. "C'est la première fois dans l'Histoire du Cambodge que le pays tient de telles funérailles pour un roi", a indiqué à l'AFP le prince Thomico. "La Nation le fait pour lui montrer le même respect que celui dont il a témoigné à son égard". Les cendres de Sihanouk reposeront dans une urne placée dans un stupa, au sein du palais royal, respectant ainsi les voeux du défunt. Proche de Mao et de Chou Enlai, Sihanouk, l'une des figures historiques du XXe siècle, vivait le plus clair de son temps à Pékin depuis quelques années pour y suivre des traitements contre le cancer, le diabète et l'hypertension.

"Quand le roi-père aura été incinéré, ce sera une grande perte pour le Cambodge. Nous allons perdre son esprit", a assuré Khut Simon, qui a participé mardi avec une centaine d'autres à une cérémonie religieuse. "C'est un bon roi, qui était sans égal", a ajouté cette femme de 61 ans en portant trois photos de Sihanouk sur sa poitrine. Six fois marié - Monique, d'origine italienne et cambodgienne, est sa sixième épouse - l'héritier des bâtisseurs d'Angkor a eu quatorze enfants, dont cinq tués sous le régime de Pol Pot.

 Avec AFP () Jeudi 31 janvier 2013

 

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